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Zamor, l’esclave noir de la comtesse du Barry

Né vers 1762 à Chittagong (actuellement au Bangladesh), Zamor mourut le 7 février 1820, à Paris.

Enfant, il fut victime d’un trafic d’esclaves entre le Bengale et Madagascar, il entra à l’âge de onze ans au service de la comtesse du Barry.

Voici comment France Inter le 11 janvier 2022, faisait intervenir  G. LENOTRE pour présenter l’histoire de ce jeune esclave, en puisant dans son ouvrage paru en 1900 : « On voit au Louvre, une aquarelle de Moreau représentant la grande salle à manger du pavillon de Louveciennes, un soir de fête. Louis XV soupe chez Madame du Barry (…). Au premier plan, une belle marquise bourre de pralines un jeune nègre, coiffé d’une toque blanche à plumes, vêtu d’un petit habit rose et chaussé de hautes bottines noires : c’est Zamor, le page favori, amené tout enfant du Bengale par un capitaine anglais.

L’ historien poursuit : Mme du Barry, ayant jugé que ce moricaud de 7 ans ferait bonne figure entre sa chienne, sa perruche couleur d’azur et ses singes blancs, l’avait attaché à sa maison. L’enfant parut intelligent, on lui apprit à lire, on le baptisa en grande pompe et sa belle maîtresse lui servit de marraine ».

Frace Inter précise que depuis 1315, le droit permettait à un esclave résidant sur le sol français de réclamer sa liberté.

Jusqu’à l’abolition définitive de l’esclavage, en 1848, plusieurs milliers d’esclaves d’origine africaine le plus souvent ont séjourné en métropole. La plupart étaient des domestiques au service de riches bourgeois, mais surtout de la noblesse qui exhibait ses  » négrillons  » pour afficher ses richesses. Depuis 1315, le droit permettait à un esclave résidant sur le sol français de réclamer sa liberté. Cette loi fut souvent contournée par les propriétaires d’esclaves, mais Zamor en bénéficia. La comtesse du Barry s’occupa de lui, le baptisa en grande pompe en lui donnant le prénom de Louis-Benoît et elle lui apprit même à lire.

Franc Inter précise que la comtesse du Barry, qui s’appelait de son vrai nom Jeanne Bécu, fit son entrée à la Cour de Versailles grâce à son proxénète, lui-même au service d’un clan de courtisans  qui cherchaient à réduire l’influence du duc de Choiseul sur le roi Louis XV.

Jeanne parvint à séduire le monarque et utilisa son petit négrillon comme un objet d’amusement censé divertir le roi. Voilà pourquoi, comme l’écrivait Gosselin, poursuivait la chronique de France Inter, le négrillon devait faire « bonne figure entre sa chienne, sa perruche couleur d’azur et ses singes blancs. » (…)

FRANCE Bleu du 28 février 2019 n’ĥésite pas à rappeler que « la Maîtresse du roi est alors au firmament. Elle règne sur le cœur de Louis XV qui la couvre de cadeaux, elle, la plus belle femme de France ».

FRANCE BLEU poursuit : Madame du Barry adore ce gamin. Elle le garde près d’elle, le nourrit, lui apprend à lire, écrire, et la musique. Elle se plaît aussi à le déguiser même tant elle l’habille de costumes orientaux débordants de plumes et de fanfreluches. Doué d’un grand sens de l’humour, Zamor séduit Louis XV lui-même, même s’il fait les 400 coups, n’hésitant pas à arracher les perruques des courtisans qui passent à sa portée. Il suit sa maîtresse dans son exil à la mort de Louis XV.

La Révolution Française va bouleverser leurs relations à tous les deux. Devenu adulte, Zamor qui s’est passionné pour Rousseau que sa maîtresse lui a fait lire, s’engage pour les idées nouvelles. À tel point qu’il y a rupture avec la comtesse et que Zamor est chassé de Louveciennes.

Zamor est nommé secrétaire de surveillance du district de Versailles. Quelques années plus tard, Il témoigne au procès qu’on fait à son ancienne maîtresse. Persuadé par ses amis qu’elle ne l’aimait pas et ne voyait en lui qu’un petit chien, rien de plus, il déverse sur elle un torrent de haine qui ne sera pas pour rien dans la condamnation de la comtesse du Barry. Elle est guillotinée le 8 décembre 1793.

Zamor, lui, vit de son pécule puis donne des cours aux enfants dans son appartement près de la Place Maubert à Paris. Ruiné parce qu’il frappait trop les enfants et que son école a fermé, Zamor meurt de froid et de faim le 8 février 1820 au terme d’une vie qui l’avait vu parcourir le globe, les jardins de Versailles, les appartements du roi, les pavés révolutionnaires avant de devenir pour l’histoire « Le traître de la du Barry ».

Les 6 et 7 décembre 1793, Jeanne du Barry comparaît devant l’accusateur du Tribunal révolutionnaire, Antoine-Quentin Fouquier-Tinville qui l’accuse d’avoir conspiré contre la République.

Des preuves du vol ont été apportées par Jeanne. Elles ne sont pas suffisantes pour Fouquier-Tinville qui le considère comme un « stratagème » pour « (…) procurer d’une manière certaine des secours aux émigrés (…) ».

Jeanne est donc accusée d’avoir formé « (…) le projet d’être utile tant aux émigrés qu’au petit nombre de ses amis qui étoient restés en France et qui trouvaient chez elle un asile assuré (…) ».

Fouquier-Tinville se lance dans une diatribe contre Jeanne, nouvelle « Messaline » et « (…) femme que l’on doit regarder comme un des plus grands fléaux de la France et comme un gouffre effroyable dans lequel s’est englouti une quantité effrayante de millions (…) ».

Surtout, son statut d’ex-maîtresse royale pèse dans la balance. Fouquier-Tinville insiste sur ce point : « (…) Louis quinze du nom, a scandalisé l’univers en donnant la surintendance de ses honteuses débauches à cette célèbre courtisane (…) », « (…) cette créature éhontée lui fut en effet présentée, et qu’en peu de temps elle parvint par ses rares talents à prendre l’empire le plus absolu sur le faible et débile despote (…) », « (…) les ministres, les généraux, les ci-devant princes de l’Eglise furent nommés ou culbutés par cette nouvelle Aspasie, et tous venaient bassement faire fumer leur encens à ses genoux (…) ».

Les amours, amitiés, sentiments de Jeanne sont transformés en crimes d’Etat. N’a-t-elle pas « (…) porté, à Londres, le deuil du tyran (…) » et « (…) vécu familièrement avec le parti ministériel (…) ».

À noter que Jeanne Du Barry est âgée d’une cinquantaine d’années à l’aube de la Révolution Française. La demeure de Louveciennes, quelques rentes et ses bijoux lui assurent une fin de vie aisée.

Elle garde ses diamants et ses perles dans sa chambre. Elle en a dissimulé aussi dans le jardin.
Le 11 janvier 1791, Jeanne part fêter l’Epiphanie. À son retour bijoux et objets précieux ont disparu.

Un proces-verbal détaillé est dressé par la maréchaussée ce 11 janvier qui relate le vol.
À l’origine, Jeanne Du Barry n’avait ni rang, ni fortune. Le vol d’une partie de son trésor ( d’une valeur actuelle d’environ 60 millions d’euros), la prive du lustre qu’elle a acquis.
Si les pierres sont retrouvées assez facilement à Londres, et déposées dans une banque, et les voleurs emprisonnés, les conditions d’extradition entre la France et l »Angleterre sont inexistantes, de meme que les possibilités de restitution des bijoux aléatoires.
Durant ses séjours en Angleterre, elle s’installe dans un quartier où logent ses concitoyens des émigrés parfois en mauvaise posture et à qui elle offre gîte et couvert

Résidant en Angleterre lors de la décapitation du roi Louis XVI, elle n’hésite pas à en porter le deuil.
Mais les relations entre la France et l’Angleterre se gâtent.
En mars 1703 émigrer devient un délit, puni de la confiscation des biens

La comtesse du Barry rentre précipitamment en France lorsqu’elle apprend que les scellés sont posés sur son domaine. Elle doit justifier ses séjours en Angleterre.
Comme d’autres municipalités, Louveciennes est occupée par des personnes étrangères au village, des dénonciateurs commandités par la Convention, comme le citoyen Greive.
Deux des anciens serviteurs de Jeanne, Zamor et Salavane se joignent à lui…

Son procès s’ouvre le  devant le Tribunal révolutionnaire présidé par Fouquier-Tinville. Condamnée à la guillotine, son exécution a lieu, place de la Concorde le et ses derniers mots célèbres : « Encore un moment, Monsieur le bourreau ! ».

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Théo LESCRUTATEUR

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