Société

Psychopathologie antillaise, détournements de fonds et obésité

Ne caresserons-nous la perfection aux Antilles que dans les détournements de fonds, et l’obésité ?

Nos représentations idéologiques nous servent à vendre des fascinations sur nous-mêmes. Nous nous inventons des figures héroïques, des figures doubles, pour mieux nous tromper. Les Dieux deviennent des démons lorsque leur religion s’écroule.

Maires, Présidente de conseil régional, directrice des services techniques du SMTVD, directeurs financiers de communes, pris la main dans la caisse, directeur du poste croisières au comité de tourisme des îles de Guadeloupe, directeurs multiples dans les communautés d’agglo sobrement intitulés directeurs d’opérations spéciales, – ces opérations spéciales consistant à créer des associations qui immanquablement détourneront des fonds publics-, artistes, avocats, la liste est tellement longue qu’on finit par avoir le tournis.

Certains avanceront que sur le plan psychologique, lorsqu’une personne est en carence de quelque chose, elle développe plus tard des sentiments de revanche. Nous pensons surtout que nous n’avons point dépassé un narcissisme primaire. Si on ajoute à cela le consumérisme exacerbé dans l’archipel guadeloupéen, l’incapacité manifeste à réfréner nos pulsions, le désir de profiter, d’offrir à l’épouse la croisière, à l’ado le séjour linguistique, la pression qu’exerce l’entourage sur le paraître, on partagera la pensée d’O. Rank (1922), selon laquelle le double est d’abord considéré comme une assurance contre la disparition du moi, un démenti énergique de la puissance de la mort.

Essayons de voir plus loin. Comme ont pu le montrer C. et S. Bottela (2001), le double surgirait face à la crainte de la mort psychique. En tant qu’élu, ou administratif, le double antillais manipulateur corrompu aurait pour fonction de protéger le Moi contre l’anéantissement, contre l’échec politique de représentation en cherchant à pallier sur un mode hallucinatoire son insignifiance.

Jean-Philippe Nilor affirmait courageusement être considéré comme un guignol. « Lorsque je vais à la buvette de l’Assemblée nationale, je vois bien comment on me regarde. Souvent je suis assis seul à une table. Il y a de la place mais mes collègues ne viennent pas se mettre à côté de moi. Certains montrent une hostilité envers les parlementaires antillais. Ils considèrent que nous sommes inférieurs, sans jamais le dire verbalement ».

Elus antillais, est-ce une raison pour couillonner votre peuple ?

Il n’y a pas de transcendance syndicale, politique, culturelle, aux Antilles : nous n’avons que l’abîme du bavardage. Le bavardage d’après Babel était celui de la dispersion des langues, l’effet du péché originel, de la chute, l’effet du désir. Nous n’avons que le « plan indéfini des idées confuses », au sens de Saussure.

Les ridicules querelles sur le drapeau en Martinique sont la ritualisation d’un investissement surmoïque, les contestations anti-Covid organisées par les mouvements syndicaux guadeloupéens et martiniquais n’ont représenté malheureusement que de fausses libido d’objet subissant le pouvoir fétichique d’une idéalisation paranoïaque inversée.

Notre vrai acte courage doit être maintenant de développer une lutte sans merci contre l’obésité.

La vision de notre population en surpoids fait froid dans le dos. Diabète et obésité font des ravages.

Le poids moyen des femmes est passé de 73,9 kilos en 1973, à 95 kilos en 2004 dans le petit royaume de Tonga dans le Pacifique.

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Théo LESCRUTATEUR

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