Société

Drame de la maltraitance familiale en Loire-Atlantique

À Saint-Nazaire, une guadeloupéenne de 31 ans était jugée pour violence sur ses enfants comme le rapporte l’Echo de la Presquile du 24 juin.

Ayant quitté la Guadeloupe et les papas de ses enfants, la maman (d’enfants de 12, 8 et 5 ans) se serait vite sentie dépassée à son arrivée en métropole l’année dernière. Alertés, les services sociaux ont décelé des conditions de vie à peine croyables. Les enfants souffrant tous d’énurésie devaient mettre les draps sur les portes dans la journée pour qu’ils sèchent et les remettre sur des matelas eux-mêmes imprégnés d’urine. Il n’y avait ni jouet, ni machine à laver, ni réfrigérateur. Les réserves étaient mises dans une armoire fermée à clé. « Sinon, ils mangeaient tous les gâteaux », dira la prévenue lors de l’audience.

La maman et son nouveau compagnon dont elle a eu un quatrième enfant en fin d’année dernière mangeaient dans la chambre en regardant la télé alors que les enfants étaient livrés à eux-mêmes. L’adolescente de 12 ans rapportait ce qu’elle pouvait de la cantine, car « ils avaient faim ». Sans oublier la violence. La prévenue a reconnu avoir fait appel une fois seulement à son frère pour qu’il frappe ses enfants lorsqu’ils devenaient insupportables. Avec un fouet ? Un nerf de bœuf ? Les garçons l’affirment, comme a témoigné l’un d’eux : “Cela faisait très mal, surtout quand il avait de l’alcool, je ne veux plus le voir de ma vie.”

Selon eux, il y a eu plusieurs épisodes auxquels la maman assistait, à Sévérac et à Pontchâteau où elle est domiciliée. Cette maman, élevée par une belle-mère qui lui donnait «des coups de ceinture, de casserole…», a reconnu : “J’avais des difficultés, je n’ai pas fait mon devoir de mère, j’ai lâché prise, maintenant je me fais soigner… ”

Apparemment, cela va mieux, son nouveau compagnon s’est installé à Pontchâteau avec elle, et leur bébé leur a été laissé.

La présidente Talhouarn et la procureure Basset ont fait preuve de beaucoup d’humanité dans ce dossier brûlant. La procureure a adapté son réquisitoire à l’âge de la jeune fille : « C’est courageux d’être présente, car ce n’est pas facile de voir accuser sa maman mais, il y a des choses qui doivent être dites lorsque les limites ont été dépassées. On parle des choses qui ne vont pas, mais ta maman t’aime ». Elle a apprécié l’évolution de la jeune mère à l’audience alors « qu’elle avait raconté des carabistouilles au cours de l’instruction ». Me Ouerghi-Nafar a plaidé la relaxe pour la complicité de violences et expliqué les privations imposées aux enfants par une mauvaise gestion du budget, des problèmes liés à sa grossesse et à son diabète. Les deux prévenus, la mère et son frère, ont été condamnés à six mois de prison avec sursis.

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