Société

Analyse d’une amertume

Une équipe riche en personnalités mais peu efficace sur le terrain.

Même si la rumeur laissait entendre dès les résultats du premier tour connus dans la quatrième circonscription, que Marie-Luce Penchard ne souhaitait pas prendre le départ pour le second tour, sa décision de jeter l’éponge à fait l’effet d’une bombe. Il est clair que cette défection aura des retombées négatives sur la politique en Guadeloupe.

Pour certains, c’est un cataclysme qui s’abat sur la classe politique, non pas que madame Penchard soit une personnalité incontournable du paysage politique guadeloupéen, mais parce que « des tireurs de ficelles » lui ont fait prendre des vessies pour des lanternes. Alors Marie-Luce Penchard serait-elle la victime de ses propres amis politiques, en tout cas ceux sur lesquels elle s’est appuyée pour tenter de siéger à l’Assemblée Nationale ? Elle ne le dit pas clairement, mais à travers le communiqué rendu public, celui qui sait lire entre les mots n’a aucun mal à comprendre qu’elle a été victime d’une espèce de cabale qu’elle n’a pas vu venir.

Pourtant en personne avisée, elle n’aurait pas dû tomber dans ce piège. Seulement, malgré son expérience au plus haut niveau de l’État, elle n’a jamais été élue à une élection, et c’est peut-être là sa faiblesse.

Sur le papier, madame Penchard avait la meilleure équipe pour découdre avec n’importe quel candidat, (à peu près tous les élus de la 4ème circonscription). Mais ce n’était qu’un leurre car sur le terrain, cette équipe parait-il s’est montrée totalement inefficace.

Alors, était-ce une façon d’éliminer une personnalité qui aurait pu faire de l’ombre à certains dans l’avenir ? « An ba fey tout’ moun ka di sa. » Car comment comprendre qu’avec le plus fort parterre d’élus la soutenant, l’ancienne ministre, puisse avoir un retard aussi important par rapport à Elie Califer, maire de Saint-Claude, dont l’élection dimanche ne sera qu’une formalité puisqu’il n’a pas d’adversaire.

Pour Ary Chalus, on a simplement voulu faire payer à Marie-Luce Penchard le fait d’être la fille de Lucette Michaux-Chevry.

Pour Olivier Baron, le désistement de madame Penchard est un camouflet à la population qui se trouve ainsi privée du débat démocratique auquelle elle avait droit.

Il est clair aujourd’hui, que l’électeur mieux informé, ne se fie plus aux beaux discours de ceux qui sollicitent leurs suffrages, mais qu’en leur âme et conscience font le choix qui correspond le mieux à leurs préoccupations.

En Guadeloupe, le constat est bien triste. Le GUSR perd de son hégémonie. Considéré comme le parti fort du département, il voit son étoile s’assombrir au fil du temps au profit d’une droite nationaliste décomplexée, qui élargit son électorat de jour en jour.

Le parti socialiste amorce une timide remontée sous l’impulsion de son nouveau secrétaire général Olivier Baron. Les macronistes (Renaissance) sont en net recul. Quant aux républicains ils sont pratiquement inexistants. Il faudra désormais du sang neuf à la politique en Guadeloupe pour mettre fin à cette tradition pays qui consiste pour certains à solliciter des mandats uniquement pour faire carrière.

En attendant : c’est wait and see.

 

Hugues Pagesy

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