Société

Une politique pleine de haine pourra-t-elle sauver nos pays pour 2040 ?

Une guerre guadeloupéo-guadeloupéenne, ou martinico-martiniquaise sera-t-elle fondatrice d’un Etat guadeloupéen ou martiniquais ?

Ce qui parait prévaloir actuellement, c’est l’hostilité irréductible placée au cœur de l’action politique, sociale et syndicale, avec cette litanie de conflits politico-idéologiques, et le paradigme de centrales syndicales forteresses, qui hébergeraient et incarneraient, selon elles, la seule vérité du peuple.

Dans cette polarisation, la fracture sociale, ethnique, historique est ravivée. Doit-on rappeler aux acteurs de ces combats d’un autre âge, que l’intimité entre la haine et la mort, est visible à travers le prisme grossissant du combat d’Achille et de Penthésilée ? La reine des Amazones, venue au secours des Troyens est terrassée par Achille qui tombe amoureux d’elle à l’instant où il la voit mourir.

Le rejet de l’autre, des insultes envers ses congénères

La faute à qui ? Au système de pouvoirs qui s’est paré d’atouts démocratiques, mais qui fonctionne en réalité comme une oligarchie aux composantes communautaires, politiques, financières, à l’ambiance malsaine nourrie par des ondes négatives émanant des personnages qui font des discours de rejet de l’autre, des insultes envers leurs congénères, du mépris à l’égard des occupants de leurs territoires, leur pain quotidien, qui crachent leur haine, et règlent leurs comptes au détriment de nos pays.

Nul ne se résout à faire le deuil de la violence politique et syndicale. La haine est proche de la guerre civile. Cette haine représente la part maudite de nos sociétés.

La haine est d’abord un legs qui structure les imaginaires collectifs. Elle est tout à la fois la rage sociale des déshérités, la hargne imbécile des possédants, les poussées identitaires, régionales, ou culturelles, les références à un passé proche que l’on peut déplorer ; mais qu’on ne peut évacuer en tout état de cause.

La politique serait alors la seule façon de tenir à distance la violence et d’œuvrer à la construction d’un Etat modernisé et d’une société apaisée. La révolution naît des entrailles de la tristesse, nous indiquait L’Orient-le-Jour du 8 août 2020.

Une catastrophe évitée de justesse

Dans la phase la plus critique de notre histoire, sur fond de mélodie patriotique, de désastre sanitaire, dans un bouillon de propositions issues du même modèle de pensée ( mega- complexes cinématographiques, super Centre des Arts – tout au moins c’est ce que l’ex-maire de Pointe-à-Pitre laissait entendre avant de laisser piteusement à son successeur une friche en ruines-, clichés désormais ridicules à l’époque du Covid d’un million de touristes), la chaudière de l’usine sucrière de Marie-Galante a failli exploser.

Il y a eu déflagration à l’intérieur, un choc thermique considérable s’est produit : les tubes ont été chauffés au rouge à plus de mille degrés, avant une deuxième action inappropriée. Les tubes d’eau de la chaudière qui ont été refroidis brutalement, se sont déformés et fendus, et se sont déboités du ballon supérieur.

Une catastrophe majeure a été évitée de justesse.

Tous se renverraient la responsabilité de ce drame, de ces victimes, de ces corps soufflés, de cette usine détruite. Comment ne pas évoquer Beyrouth ? Dans un rugissement d’apocalypse, aurait pu partir l’explosion la plus phénoménale qu’auraient jamais eu à entendre les Marie-Galantais.

Un accès à l’eau, à l’éducation à la santé 

Notre avenir parait être limité. L’année 2040 devrait marquer, à en croire certains experts, un tournant dans de multiples domaines. ( épuisement des ressources fossiles, réchauffement climatique entre autres). L’onde de choc social, la pandémie, l’élévation du niveau de la mer, la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, sécheresses, canicules, devraient nous entraîner vers un nouveau rapport au temps et à l’action, marqué non plus seulement par la mémoire, mais par l’anticipation du mal. L’idée de catastrophe semble occuper la place que remplissait hier l’idée de révolution, et doit nous pousser à réarticuler la « victimité ».

Quand entendrons-nous nos maires reprendre les mêmes principes d’action que celui de la capitale des Pays-Bas qui avait annoncé le 8 avril 2020 un plan de relance inspiré de l’économiste Kate Raworth : mettre la priorité sur les besoins élémentaires des citoyens, comme l’accès à l’eau, à l’éducation et à la santé, tout en respectant les besoins de la planète ?

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Théo LESCRUTATEUR

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