Culture

Levez-vous Rosa Parks !

La légende a fait de Rosa Parks immortalisée par une photo en noir et blanc, une femme fragile, refusant de céder sa place car elle était simplement fatiguée. C’est nier les combats antérieurs menés par cette militante des droits de l’homme et son entourage. Dan Dantin nous invite à partager les espoirs et les craintes de ces icônes de la lutte contre le racisme, samedi 23 mars à 15 h 30 et 19 h 30, théâtre Jean Dame, rue Belland, metro Sentier.

 

L’histoire

Pour Rosa Parks petite, le Ku Klux Klan est une menace constante. Son grand-père monte souvent la garde la nuit, fusil à la main, attendant une foule d’hommes blancs violents. Les nuits sont considérées comme particulièrement dangereuses, les enfants devant se coucher avec leurs vêtements afin d’être prêts si la famille avait besoin de s’échapper.

Lorsque Rosa entre à l’école à Pine Level, dans un établissement séparé, elle découvre que les enfants blancs de la région sont transportés par autobus vers leurs écoles, les enfants noirs devaient marcher. À 16 ans, elle est forcée de quitter l’école à cause d’une maladie dans la famille et elle a commencé à faire le ménage dans les maisons des Blancs.

En 1932, à 19 ans, Rosa épouse Raymond Parks, un barbier et militant des droits civiques, qui l’encourage à retourner au lycée et à obtenir un diplôme. Elle gagne sa vie comme couturière. En 1943, Rosa Parks est membre de la section Montgomery du NAACP, et elle en a été la secrétaire jusqu’en 1956.

Le 1er décembre 1955, le chauffeur d’un bus bondé de la ville de Montgomery, intime l’ordre à Rosa Parks et aux autres passagers noirs de céder leur siège aux passagers blancs debout dans l’allée.

Trois quittent leur siège, mais Parks refuse. Elle est arrêtée et condamnée à une amende de 10 $ pour l’infraction et de 4 $ pour les frais de justice. Elle refuse de payer et accepte l’offre du président de la section Montgomery du NAACP, Edgar Nixon, de l’aider à faire appel de la condamnation et ainsi contester la ségrégation légale en Alabama.

Parks et Nixon savent qu’ils s’exposent au harcèlement et aux menaces de mort, mais pensent également que l’affaire peut déclencher l’indignation nationale. Sous l’égide de la Montgomery Improvement Association – dirigée par le jeune pasteur de l’église Baptiste, Martin Luther King, Jr. – un boycott de la compagnie de bus municipale débute le 5 décembre.

Dans son autobiographie Parks précise, « Je n’étais pas fatiguée physiquement, ou pas plus fatiguée que d’habitude à la fin d’une journée de travail. Je n’étais pas vieille, bien que certaines personnes aient une image de moi comme étant âgée à l’époque. J’avais 42 ans. Non, en fait, j’étais fatiguée de céder ».

Parks n’est pas la première femme noire à refuser de céder sa place de bus à une personne blanche – Claudette Colvin, 15 ans, avait été arrêtée pour le même délit neuf mois plus tôt, et des dizaines d’autres femmes noires les avaient précédées dans l’histoire. du transport collectif ségrégué. Cependant, en tant que secrétaire de la NAACP locale et avec la Montgomery Improvement Association derrière elle, Parks allait bénéficier d’une publicité que ces autres femmes n’avaient pas eues.

Le boycott dure 381 jours et des personnes en dehors de Montgomery embrassent la cause : des manifestations contre des restaurants, des piscines, des installations publiques séparées ont lieu partout aux États-Unis. Le 13 novembre 1956, la Cour suprême des États-Unis confirme la décision d’un tribunal déclarant inconstitutionnel la séparation des sièges d’autobus le 20 décembre. Le boycott prend fin le lendemain.

Pour son rôle dans le déclenchement de la campagne réussie, Parks est devenue connue comme la «mère du mouvement des droits civiques».

La pièce

« Levez-vous ! Rosa Parks », une rencontre improbable, des propagandistes, un évènement, le réveil d’une certaine Amérique.

« Levez-vous ! Rosa Parks », c’est aborder les éléments de cette polysémie. Cette réaction face un ordre sans logique, partial et arbitraire.
« Vous ai-je donné l’ordre de vous asseoir, ici ? »
C’est aussi un éclairage sur le regard plus actuel mis en parallèle avec « I am not you negro ». Là où James Baldwin rappelle que depuis, nous sommes bien toujours face à une réalité et non à une fiction.

Un texte cru sans artifice, en témoignage de l’extrême tension sévissant ce soir-là à Montgomery et dans le salon- bureau. Le carillon de la porte martelant une montée vers le paroxysme. Que veulent ces personnages ?

La scène lumière blanche. Extérieur, nuit noire zébrée de rouge, Amérique bicéphale, juxtaposition inéluctable. Cette communication off, arme de contrôle de l’autorité ?

« Levez-vous ! Rosa Parks », c’est surtout le courage d’une femme, une de plus qui se lève. Pas de manière provocante ni ostentatoire, mais motivée par une nécessité élémentaire. Par un simple besoin d’apaiser sa fatigue, physique et mentale.

Mais aussi le choix risqué d’un couple d’avocats blancs, qui pouvait très bien se suffire de leur rang social pour mener une vie paisible. Et qui malgré le sort réservé aux anti ségrégationniste, prend parti pour une cause qu’il juge conforme à leurs convictions. Choix dictés uniquement par la morale ?

« Levez-vous ! Rosa Parks », une heure trente de rebondissements, de chants, de rires, de pleures, de colères, de tension, pour une cause, des droits, des devoirs, pour une Femme

Auteur : Dan Dantin
Artistes : Annie Milon, Liza Edouard, Gora Diakhaté, François Bergeron, Frantz Confiac, Mike Fedee
Metteur en scène : Dan Dantin
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