Littérature

Le racisme en Angleterre : Le cas Meghan Markle

Hasard de l’actualité, n’attendez ici aucune révélation sur la fameuse interview du duc et de la duchesse de Sussex diffusée ce soir. L’ouvrage se focalise sur Meghan Markle désignée par les tabloïds anglais comme inconséquente et égocentrique. En intégrant la famille royale, la « Cendrillon noire » a pu comprendre la célèbre interrogation de W.E.B Du Bois : «Qu’est-ce que cela fait d’être un problème ?».

 

Les détracteurs de Meghan n’admettent pas qu’une noire divorcée a eu le culot d’entrer, puis pire, de sortir, de la famille royale de façon spectaculaire, tout en maintenant son respect de soi. Son mari Harry, pas dupe, est arrivé à la conclusion « le monde que nous connaissons a été créé par des Blancs pour des Blancs ».

Les auteurs, tous deux professeurs de sociologie, Kimberley Ducey, à l’Université de Winnipeg au Canada et Joe R. Feagie à la Texas A&M University, ont habilement percé les mythes et la mystique de la blancheur qui soutiennent la tradition, justifient le pouvoir héréditaire et ancrent le racisme.

« Révéler le racisme systémique britannique » applique un paradigme scientifique (le racisme systémique et un cadre racial blanc) pour évaluer les implications de l’entrée et de la place de Markle dans la famille royale britannique.

Remettant en question la croyance en la progressivité raciale au Royaume-Uni, les auteurs fournissent un contre-récit original sur les expériences de Markle en tant que membre biraciale de la famille royale, illustrant les formes contemporaines de racisme en Grande-Bretagne.

L’ouvrage comptabilise une pléthore d’exemples sur la manière dont le racisme continue de façonner les mentalités au Royaume-Uni. Les auteurs, ayant effectué de nombreuses recherches sur le sujet aux États-Unis remettent en question la notion romantique d’inclusion raciale.

L’ambivalence des sentiments à l’égard de cette duchesse noire est mis à jour : célébrée a la fois comme preuve d’une Grande-Bretagne multiethnique et également perçue comme une menace pour l’aristocratie. Ce travail n’invite pas moins qu’à une révision des structures mêmes qui sous-tendent la société britannique. La Grande-Bretagne, qui s’imagine souvent comme «moins raciste» que ses homologues européennes et nord-américaines, reste une société enracinée dans les pathologies racistes, sexistes, chauvines.

Sortie prévue le 27 mai.

Previous post

"Il y aura désormais, un avant et un après 27 février"

Next post

Gourbeyre : Décès du Général Bourgeois, Officier Général Guadeloupéen

97land

97land

Des infos, des potins, des événements... Toute l'actu du 97.

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *