Société

Guadeloupe et Martinique, astres sombres et crépusculaires

« On a mal observé la vie, si l’on n’a pas vu aussi la main, qui avec mille ménagements, assassine ».

Le renfort sanitaire venu de l’Hexagone ne peut avoir que des idées malveillantes, si l’on se fie à cette citation de Nietzsche, volontairement sortie de son contexte.

Justement, Eric Vartzbed, dans « Psychotérapies », nous indique qu’en 1889, Nietzsche a 45 ans et vit à Turin. Il loge dans une petite auberge, située Place Carlo Alberto. Le 3 janvier au matin, il est débordé par ses fantasmes, perd la raison et saute hors du monde.

La rumeur raconte que ce jour-là, Nietzsche assiste à une scène brutale : il voit un cocher battre un vieux cheval de trait. Saisi par la pitié, sanglotant, il se jette au cou de la bête martyrisée avec un geste protecteur, puis s’effondre.
Nietzsche gît à terre.

A son réveil, il a perdu le sens de son identité, il a le sentiment d’être le Christ ou Dionysos.

Cet homme qui gît à terre, c’est l’homme de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane. La société, l’organisation mondiale de la santé l’OMS, les laboratoires américains, européens, chinois cubains, sont des troupeaux qu’il faut fuir. Nous nous posons alors la question : et si un laboratoire guadeloupéen bien connu avait développé une souche vaccinale, aurait-il fait l’objet d’une haine similaire?

La philosophie de Nietzsche, comme celle qui se développe en Guadeloupe et Martinique, est parfois infiltrée par des tendances paranoïaques. Lorsqu’elle perd le sens des nuances, elle isole un ennemi source de toutes les calamités (chez Nietzsche, les prêtres, la morale chrétienne), aux Antilles, nous l’avons déjà établi, les directeurs et directrices de l’ARS, les directeurs des hôpitaux (tel l’albatros, « exilé » dans sa région d’origine au milieu des huées) les médecins fourbes des CHU, l’animatrice qui lit les avis d’obsèques. Cette dernière qui depuis tant d’années égrène du ton le plus solennel possible cette rubrique nécrologique va même jusqu’à inventer des listes complètes de présumés morts du Covid. Or les hôpitaux antillais sont vides. (O la nou kay ?)

Ecoutons le psychanalyste Jef Dehing. Dieu avait dit à Adam : « Tu ne mangeras pas l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu en mourras certainement ».

Le diable a exploité avec beaucoup d’habileté, l’hybris – c’est-à-dire la démesure- gwada-matinino, en promettant au syndicaliste professeur des écoles frais émoulu la qualité d’être aussi savant que Dieu.
Mais cette connaissance du bien et du mal s’est bien vite avérée être la source de toute misère humaine.

L’illusion d’omniscience n’a pas tardé à être incorporée dans la batterie défensive de l’être martinico-guadeloupéen. (Matété a krab ki rend nou solid kon sa !)

La nuit du monde a étendu ses ténèbres sur nos îles de Guadeloupe et de Martinique. Les conclusions scientifiques ont cédé la place aux bavardages idéologiques.
Les chairs sacrificielles ont été placées sur le bûcher de nos vanités désespérément antillaises.
Un rituel de purification morbide a consisté à se couvrir la peau d’onguents et de té péyi.

Nous nous détournons de la Caraïbe où les gouvernements de toutes les îles imposent la vaccination.
Sur un mode sacrificiel inédit, hors temps, hors maîtrise du savoir, là où la connaissance s’arrête, nous manifestons et crions notre haine envers les scientifiques mondiaux.

En paraphrasant le sculpteur Bourdelle, qui nous lançait que toute sculpture est un corps en morceaux, nous n’avons cessé de faire en sorte que nous ramassions des cadavres du Covid en morceaux, nos frères, nos soeurs, nos pères.

Notons au passage que la découverte de corps en putréfaction dans nos îles indique que les notions de famille et de voisinage ont pris du plomb dans l’aile… Le véyé zafè a moun aurait-il cédé le pas au fouté pa mal ?

Pourquoi cette envie de nous punir ? Avons-nous « intentionnellement », refusé d’utiliser le seul moyen de contrecarrer tant soit peu le virus dans un but expiatoire ? L’échec de nos sociétés, le naufrage existentiel sont-ils des pistes à explorer dans ce déni ?

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Théo LESCRUTATEUR

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