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Du différentialisme et ses monstres aux Antilles, aux analphabètes bilingues

Le racisme n’a pas d’essence, mais il prend comme du feu. Quelle est l’origine de tout racisme ? le sentiment de différence, que cette dernière soit réelle ou fantasmée, repérable ou imposée.

Pourra-t-on parler un jour en Guadeloupe et en Martinique de méga-ethnicité de nos communautés, dans lesquelles chacun de nous empilerait ou plutôt, réorganiserait continuellement ses multiples appartenances ethniques ?

Avons-nous le droit de rêver pour nos régions ? Le sentiment de différences permanentes et insurmontables, du fait de communautés dites extérieures, et la compréhension diffuse de l’autre perçu exclusivement comme menace, et voilà que la désintégration de nos sociétés et la défiance croissante envers leurs institutions, sur fond émotionnel médiatique, font la part belle à la stratégie de l’émotion.

L’émotion devient l’un des ressorts majeurs de l’expression sociale et du décryptage des évènements.
Les réseaux sociaux se répandent en radio des mille-collines. Les temps nouveaux sont à rapprocher de la valorisation omniprésente de la figure de la victime supposée, parée de toutes les vertus et à laquelle on rend un hommage absolu.

La classe dirigeante s’en sert pour maintenir les citoyens dans la position d’éternels hommes et femmes opprimés, où identitarisme ethnique, tribalisme politique, micro- ethnicismes, sont mis en spectacle et instrumentalisés (Affaire du temple hindou).

Différentialisme, comment ne pas évoquer Audrey Pulvar, adjointe à la Mairie de Paris en charge de l’alimentation durable, de l’agriculture et des circuits courts, et ses particularités séparatrices ? On a beau retourner sa petite phrase dans tous les sens, Audrey Pulvar qualifie les personnes en fonction de la couleur de la peau.

Peut-on demander à une personne blanche de se taire, lors d’une réunion non-mixte ? La guadeloupéenne, Mélanie Luce, présidente de l’UNEF, avait révélé organiser des réunions fermées aux personnes blanches.

Légitimation du concept de race, ou phrase extrêmement maladroite, cela n’a fait que révéler l’état des mentalités et des blocages de nos sociétés, de la part de leaders d’opinion de surcroit originaires de nos régions.

Une autre instrumentalisation, tout aussi grave, nous concerne, en Guadeloupe et en Martinique. L’école, comme l’université, sont en effet devenues des terrains minés, où les enjeux de pouvoir priment sur l’éducation .

Tournons nos regards vers l’Algérie. L’opposition linguistique, entre les partisans du français et ceux de l’arabe, ne fut, de l’avis de nombreux observateurs, qu’une grossière manipulation qui visait pour l’essentiel à entretenir la marginalisation de certains groupes. Dès son origine, le processus d’arabisation ( et non d’algérianisation linguistique), n’a obéi qu’à une motivation, celle d’écarter des cadres francophones. Cette volonté mégalomane d’exclusion de l’autre a du même coup exclu la quasi-totalité de la population de l’accès au savoir. Seuls certains initiés peuvent maîtriser l’arabe classique( EL Watan publié le 18/03/2005 par Courrier International)
Les commentateurs politiques ont pointé du doigt « les analphabètes bilingues » au pouvoir en Algérie, conclusion logique de décennies de démantèlement su système éducatif.

Comme en Algérie, l’école aux Antilles, sera-t-elle le grand vaincu, la trépassée ?
Cela nous donnera non pas des Gorbatchev, mais des Boris Eltsine, ivrognes, et insultes aux héros de Léningrad.

Pourquoi pas après tout, lorsqu’on est plongé dans l’impuissance ?

Comme l’ancien président Bill Clinton l’a rappelé, à Taylor Branch (l’auteur de The Clinton Tapes : Wrestling History with the President), en 1995, les agents des services secrets ont trouvé le leader russe en sous-vêtements devant la Maison Blanche essayant d’arrêter un taxi pour aller acheter une pizza. Il est clair qu’Eltsine n’était pas sobre à ce moment. Pourtant, malgré sa dépendance, il a réussi à vaincre tous ses adversaires politiques, d’abord en URSS, puis dans la Russie indépendante, et a fait adopter la Constitution qui régit aujourd’hui encore la vie politique du pays.

La politique en Guadeloupe est déjà la version renversée et mutilée de l’écologie, de l’amateurisme financier et managérial, de l’indécence, mais nous continuons à nous apitoyer sur notre sort, soumettant l’étranger à la vindicte populaire (blancs, haïtiens – voir à ce sujet les inscriptions racistes sur les murs de Fort-de-France-, dominiquais), ou fustigeant les éternels colonisateurs.

Walter Williams, afro-américain et professeur d’économie à l’université George Mason de Virginie (Etats-Unis) nous expliquait : « Peut-être que votre professeur d’économie vous a enseigné que la pauvreté du Tiers-Monde venait de la colonisation. Quel non-sens ! Le Canada a été une colonie, comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou Hong-Kong. En fait le pays le plus riche du monde, les Etats-Unis, fut jadis une colonie. Par contraste, l’Ethiopie, le Liberia, le Tibet, le Sikkim, le Népal et le Bouthan ne furent jamais colonisés, et pourtant abritent les populations les plus pauvres du monde. »

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Théo LESCRUTATEUR

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