Société

16 OCTOBRE « JOURNEE MONDIALE DE L’ALIMENTATION »

La journée mondiale de l’alimentation est fêtée chaque 16 octobre. Cette date retenue est celle de la fondation de l ’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en 1945. Face aux répercussions de la pandémie de Covid-19 dans tous les pays du monde, il est important de renforcer la viabilité et la résilience des systèmes alimentaires.

De cette journée dédiée à l’alimentation, un des messages forts à retenir pour les territoires d’outre-mer, c’est la nécessité de faire fonctionner leur système agroalimentaire respectif : Agriculteurs, producteurs, intermédiaires avec circuits courts, commerces locaux, consommateurs (choix des aliments, préparation, conservation) font partie intégrante du fonctionnement de ce système.

L’agriculture de ces territoires doit être sensible à leur nutrition de façon à assurer la production d’une vaste gamme d’aliments nutritifs, culturellement adaptés, sains, de qualité, en quantité suffisante et à des prix abordables pour satisfaire durablement les besoins alimentaires de leurs populations. D’où la nécessité de mener des actions à tous les stades de la chaîne alimentaire : de la production à la consommation en passant par la transformation et la commercialisation, pour prendre en compte tout le système agro-alimentaire.

La richesse de la biodiversité de ces territoires peut jouer un rôle clé car elle peut assurer la diversité alimentaire et garantir un apport suffisant en nutriments. L’importance de consommer des aliments différents est généralement reconnue mais les différences dans la teneur en nutriments des différents aliments et des diverses variétés/cultivars/races du même aliment le sont moins. En effet, il a été démontré que ces teneurs peuvent varier considérablement d’un aliment ou d’une variété/cultivar/race à l’autre.

Par exemple, certaines variétés de bananes peuvent contenir jusqu’à 1 000 fois plus de caroténoïdes actifs en vitamine que la variété la plus consommée dans le monde. Par conséquent, la consommation d’une variété plutôt qu’une autre peut faire la différence entre carences en micronutriments et en adéquation de l’apport en micronutriments.

L’augmentation et la prédominance sur les marchés des aliments et des boissons préparées industriellement ou « ultra-transformés » sont une réalité. Ils ont tendance à avoir une composition non équilibrée c’est-à-dire à forte teneur calorique, mais pauvres en micronutriments et riches en graisses, sucres et sel. La consommation excessive de ces produits est un facteur clé de l’augmentation des taux de surcharge pondérale, d’obésité de cancers, de maladies cardiovasculaires, dentaires et de l’ostéoporose.

Une alimentation saine et équilibrée est souvent moins abordable en prix qu’une alimentation basée sur des aliments dits mauvais pour la santé. En particulier, le prix élevé des aliments nutritifs (comme les fruits, les légumes et les aliments d’origine animale) est l’un des principaux obstacles pour les populations vulnérables à l’adoption d’un régime alimentaire plus sain.

Afin d’encourager la consommation d’aliments sains et nutritifs et décourager la consommation de certains produits, hautement transformés et riches en sucre on devrait mettre en place des subventions qui pourraient intervenir à plusieurs niveaux. Quelques exemples : au niveau de la production par des subventions agricoles ; de la vente au détail par des subventions visant à faciliter la création de marchés pour les produits frais ;
de la restauration, afin de réduire le coût d’un repas équilibré sur le lieu de travail ; ou de la consommation par la distribution de coupons pour l’achat de produits sains.

On pourrait aussi favoriser l’implantation de petits supermarchés et de magasins type traditionnels, dans les quartiers pauvres et mal desservis et également associer des subventions à des campagnes d’information, bien conçues et bien ciblées, à l’intention des consommateurs, en vue de stimuler la demande d’aliments nutritifs.

Des politiques de contrôle des prix des denrées alimentaires sont aussi un moyen de susciter une augmentation de l’offre et de la demande de produits alimentaires nutritifs.
De même, l’étiquetage des denrées alimentaires peut aussi influencer les choix alimentaires du fait qu’il informe les consommateurs sur les ingrédients, la salubrité, la santé, et la teneur en nutriments d’un produit. Ces mentions peuvent protéger le consommateur, contribuer à assurer la sécurité sanitaire et promouvoir un régime alimentaire équilibré. L’éducation nutritionnelle est aussi de plus en plus nécessaire dans ces territoires car il y a une forte hausse de la consommation d’aliments transformés, riches en matières grasses, en sucre et en sel.

Il est donc impératif que les décideurs mettent en œuvre des politiques qui promeuvent une alimentation saine, et qui concourent à une amélioration de l’environnement alimentaire en vue de faciliter des choix alimentaires bons pour la santé.

Dr CELINI Léonide

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