Société

St-Claude : « A vaincre sans péril on triomphe sans gloire »

L’élection d’Elie Califer, maire de Saint-Claude à la députation, connue avec certitude dès le retrait de la course de Marie-Luce Penchard, (candidate arrivée en seconde position) a privé les électeurs de la 4ème circonscription, d’un débat démocratique qui aurait certainement affiné les positions des deux candidats sur les objectifs qu’ils comptaient atteindre en cas d’élection.

Le retrait de la vice-présidente de la région, a complètement changé la donne. Si Elie Califer a maintenu son programme de conférences, c’était tout simplement pour dire merci à ses électeurs, puisqu’il n’y avait aucun enjeu, la messe étant déjà dite et l’homme fort de Saint-Claude, ayant déjà les yeux fixés sur l’Assemblée Nationale.

Ce cas de figure rare, a quand même eu du bon, et apaisa en quelque sorte les tensions qui auraient pu naître entre les deux protagonistes, lors de la campagne du deuxième tour.

Califer étant seul en lice, il n’avait du coup aucun concurrent à terrasser. Une situation aisée diront certains, puisqu’il était seul à mener campagne. Du coup, il n’y a pas eu de confrontation d’idées, ni d’injures, ni de reproches, toutes les prises de position étaient propres et Saint-Claude fier de l’enfant du cru qui accédait à de nouvelles fonctions.

Et même si Elie Califer a pu crier haut et fort à l’issue du 2ème tour, qu’il a eu 100% des suffrages exprimés, il lui restera toujours un goût amer d’un combat qu’il n’a pas mené jusqu’au bout, enfin d’un combat gagné d’avance.

Il n’est pas à l’origine de cette situation certes, d’autant que ses électeurs se réjouissaient de cette semaine décisive du deuxième tour, pour voir leur poulain mettre K.O son adversaire, dans un débat démocratique et loyal. Cela n’a pas eu lieu et forcément, si la victoire a été de facto acquise à Elie Califer, il aurait certainement préféré que les choses se passa autrement. C’est pourquoi la sauce électorale du 2ème tour dans le 4ème canton a été sans saveur. Le vainqueur avec 100 % des suffrages, n’a pas véritablement manifesté sa joie lors de la proclamation des résultats. Sans doute s’est-il remémoré l’adage : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! ».

Qu’importe, une victoire c’est une victoire, mais il y aura toujours certains pour dire : Ou pa jen sav, si man Pancha té ay, pétèt i téké gannyé.

En tout cas, heureusement que ce cas de figure ne se soit pas passé dans la cabine de pilotage d’un avion. Imaginons un seul instant que le commandant de bord, pour une raison quelconque décide de ne plus piloter l’appareil, sa décision sera t-elle valable automatiquement pour son copilote. Personne ne le comprendrait. Alors pourquoi le suppléant du candidat officiel ne peut poursuivre le combat quand son colistier jette l’éponge ? Ce serait sans doute normal, qu’il le remplace au pied lever, mais la loi ne prévoit pas les choses de cette façon. A la députation, c’est un binôme qui se présente et le retrait de l’un, entraîne celui de l’autre.

 

Hugues Pagesy

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