Société

Le cercueil au lieu du diplôme aux Antilles

Dites à maman, à papa, à mes frères et sœurs, que venu acquérir le savoir dans mon lycée antillais, je rentrerai, cette nuit, dans un cercueil au lieu de rentrer avec un diplôme.

En Guadeloupe et Martinique, l’insécurité, dans les écoles, dans les rues, le crime organisé vont de pair avec une prolifération maladive du mensonge et l’incapacité à retrouver la vérité parmi les flux d’information continus. La fête de la musique pointe Hyacinthe au Robert s’est conclue par une balle dans la tête d’un jeune homme. Du côté de l’allée du Manoir, à Capesterre Belle Eau, un individu muni d’un fusil de chasse était heureusement interpellé par les forces de l’ordre.

Je suis une chose qui pense, disait Descartes.
Pourtant l’heure du crépuscule intellectuel semble avoir sonné depuis novembre 2021 sur l’archipel guadeloupéen.

Nous sommes guadeloupéens, donc nous sommes parfaits, affirmons-nous. Paraphrasant le penseur, Malek Bennabi, nous oserions dire :
« La plus grave de toutes les paralysies, celle qui détermine dans une certaine mesure les deux autres, sociale et intellectuelle, c’est la paralysie morale.

La Guadeloupéanité est une religion parfaite

Son origine est connue. La Guadeloupéanité est une religion parfaite. Voilà une vérité dont personne ne discute. Syllogisme funeste qui sape toute perfectibilité dans l’individu, en neutralisant en lui tout souci de perfectionnement.
On ne voit aucun dirigeant faire son mea culpa.

La vérité peut même devenir néfaste, en tant que facteur sociologique, lorsqu’elle n’inspire plus l’action et la paralyse.

Des êtres immobiles dans leur médiocrité deviennent ainsi l’élite d’une société morale où la vérité n’a enfanté qu’un nihilisme ».

Les récents soubresauts du CHU en Guadeloupe en ont été la traduction. On a pu violenter les médecins du département, conspuer nos chercheurs, nos scientifiques, dans la nouvelle terreur d’un fondamentalisme anti-vaccinal.

Une longue plainte monte de l’homme Gwada, mais cette plainte ne peut plus être adressée à Dieu, comme le fait Job dans l’Ancien Testament.

Dieu est mort et le ciel guadeloupéen est vide. Il n’y a plus d’élus divins, mais de médiocres élus politiques et responsables syndicaux, professionnels.
Les idées politiques reflètent le degré de floraison cérébrale des sociétés.

Chacun a pu suivre avec effroi les dérives qui ont envahi le champ politique, syndical et médiatique guadeloupéen.

Le drame du Covid aux Antilles n’est qu’une partie d’un drame plus vaste

L’état de débandade et le laisser-aller intellectuels ont fait que tous se sont engouffrés dans la décadence morale, cultivant la rancune, le mépris et la haine de l’Autre.

Les autres veulent juste survivre sous la douceur d’un maître compassionnel, qui bien évidemment, ne pourra être qu’hexagonal. ( Marine LE PEN, Jean-Luc MELENCHON , en lieu et place de MACRON ?).

Une usurpation de la légitimité syndicale, depuis les éprouvettes du laboratoire LKP- covid, mu par des ambitions folles, psycho-pathologiques, comme si le monde de la médecine était devenu son territoire physique et spirituel, nous a montré que dans cette période pathétique de la décadence, le drame du Covid aux Antilles n’est qu’une partie d’un drame plus vaste.

C’est un état d’incapacité à se gérer collectivement qui se traduit par une déliquescence générale, une psychologie de la résignation ou « une haine de la langue, de l’effort de réflexion autant que d’imagination,… également si peu de curiosité, d’ouverture d’esprit », une distension du réseau des relations sociales et une désarticulation morale et idéologique.

Ils ont accusé certains de leurs concitoyens de les avoir envoûtés

La pensée guadeloupéenne s’est rétrécie comme une peau de chagrin, et s’est sclérosée à telle enseigne, qu’elle n’est plus capable de faire face à la perception traumatique d’un virus, par les petits groupes naufragés qui vivent sur Karukéra, et qui ont hurlé à la lune. Comme lors de l’épisode des sorcières de Salem, ils ont accusé certains de leurs concitoyens de les avoir envoûtés et d’être des sorciers.

Ils ont désigné comme persécuteurs ceux-là mêmes qu’ils injuriaient et menaçaient. Le mimétisme et le goût de la surenchère ont électrisé la meute.

Ils se contentent d’un vocabulaire si réduit, riche seulement en insultes et en invectives, que tout écrit, toute réflexion, leur est un défi, un outrage, comme l’analyse Sylvie Germain, suite au déferlement de haine sur les réseaux sociaux, – les élèves se sont déchaînés sur l’extrait de son roman proposé au bac de français qu’ils ont jugé trop difficile à analyser-.

Désormais, par une contradiction absurde, les syndicats enseignants guadeloupéens prétendraient aussi que le milieu scolaire propage les valeurs de corruption dès le jeune âge !

Ne veut-on pas d’ailleurs nous faire croire que les véritables référents pour toute une jeunesse guadeloupéenne seraient représentés par les leaders des gangs ?

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Théo LESCRUTATEUR

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