Société

« Certains reviennent pour la 1ère fois sur leur île natale mais pour d’autres ce sera la dernière »

Depuis le 15 décembre, l’allègement des restrictions sanitaires pour les territoires ultramarins permet de voyager presque comme avant sous réserve de justification de tests. Jusque là, l’entrée à la Réunion, était conditionnée par un motif impérieux de déplacement.

Le retour au pays a pris, dès lors une nouvelle dimension pour les natifs Réunionnais vivant dans l’hexagone, chacun trouvant de bonnes raison pour voyager. Et inversement les autochtones n’ont pas manqué de se montrer sceptiques sur leurs justifications.

Il nous paraît intéressant de publier des extraits d’un article de Valérie ANDANSON, secrétaire et chargée de communication de la Fédération des Enfants Déracinés des DROM, sur le site Freedom pour leur venue à la Réunion les 5 et 6 décembre derniers, venue provoquant des interrogations sur sa nécessité et le nombre d’accompagnants. Beaucoup comprendront le sens de cette phrase : « Il faut avoir vécu cet exil pour comprendre ce que l’on peut ressentir ».

« … Je comprends tout à fait ce “coup de gueule” car nous sommes dans une période sanitaire extrêmement grave et difficile à vivre pour toutes les populations. Nous devons rester vigilants, pour VOUS protéger et NOUS protéger.

Nos évènements ont été lancés bien avant les mesures sanitaires prises par Monsieur le Préfet de La Réunion. Notre inquiétude a grandi au fur et à mesure de l’évolution de la situation COVID sur l’île.

Depuis des mois nous avons prévu ce retour sur notre île et je peux vous assurer que certains ex-mineurs reviennent pour la première fois sur leur île natale mais que pour d’autres ce sera la dernière, leur état de santé, non COVID je vous l’assure, ne leur permettra pas d’y retourner, ils en connaissent l’issue, peut-être dû aux traumatismes de l’exil qui bien souvent entraînent des problèmes psychiques et physiques.

Nous nous déplaçons… pour un retour dans LA RÉCONCILIATION pour trouver enfin le chemin de la résilience après des années d’exil. Notre histoire est transgénérationnelle et nos enfants sont tout autant concernés par leurs origines réunionnaises, n’est-ce pas ?

Pouvons-nous concevoir d’affronter nos émotions sans la présence de nos soutiens, je ne le crois pas. Il faut avoir vécu cet exil pour comprendre ce que l’on peut ressentir.

Je tiens à remercier tous les messages de soutiens et particulièrement les soutiens Réunionnais que nous avons reçus pour ce déplacement exceptionnel TOUS ENSEMBLE qui ne se reproduira pas, c’est une certitude.

Aucun favoritisme nous est accordé puisque nous nous soumettrons à toutes les règles établies à ce jour”.

“Nous naissons déterminés et nous avons une petite chance de devenir libres” Pierre BOURDIEU

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