Divers

AMBRAUDE ART-CRÉATION, ART ABSTRAIT ET HAUTE COUTURE

AMBRAUDE ART-CREATION L’ART ABSTRAIT ET LA HAUTE COUTURE

Aude Boanga, signant AMBRAUDE est originaire de la Martinique. Artiste pluridisciplinaire, elle peint essentiellement à l’acrylique, la base de son travail, afin de redonner naissance à la nature avec une touche d’exotisme. Au delà de la peinture, divers domaines des arts appliqués, l’attirent et l’inspirent. C’est pourquoi, elle souhaite aujourd’hui diversifier son univers artistique en développement des dérivés, afin de s’épanouir complètement en alliant Art et Création.

 97L : Que retenez-vous dans votre apprentissage de styliste, modéliste et de luxe? 

Tout d’abord « l’apprentissage » qui m’a le plus marqué était en amont de mes études de mode, soit la section arts appliqués à l’Ecole Estienne.
Mais pour revenir à la mode rien n’égale l’expérience du terrain. J’ai effectué  un stage à la Maison Torrente. Julien Fournié y était le directeur artistique, et je suis devenue sa « protégée ». J’étais traitée comme un membre à part entière de l’équipe et non comme une simple stagiaire anonyme. J’ai donc été en plein cœur du luxe absolu, avec son lot d’émerveillement, excitation, de découvertes, du travail d’équipe (très important!) mais aussi ses exigences, sa rigueur, sans compter les heures de travail.

Ce que je retiendrais de cette apprentissage est que tout est possible quand on y croit et que l on s’implique vraiment. C’est comment partir d’un rêve, d’une inspiration, d’une vision, en utilisant de simples rouleaux de tissus transformés en de sublimes collections accentuées par la scénarisation d’un show magistral. Au delà du simple vêtement, la Haute Couture est vecteur d’émotions et c’est en cela qu’elle se rapproche de l’art.

 97L : Vous êtes diplômée de la Chambre Syndicale de la Haute Couture. Quelles sont  vos premières créations ?

 Une fois que je suis sortie de l’école je me suis éloignée de cette univers. J’ai ressenti un besoin de me ressourcer dans mes origines martiniquaises grâce à la peinture. Et je suis vite devenue accro à ce moyen de communiquer avec le monde.
Mais la mode m’a rattrapée quand Julien Fournié a créé sa propre Maison de Couture, et qu’il a fait appel à moi afin d’y amener une touche artistique grâce à la création de motifs peints à la main sur ses robes Haute Couture.
Ce n’est qu’après toutes ces années d’expériences que je me sens prête aujourd’hui à développer mes propres créations. Ma priorité étant plutôt ciblée sur les accessoires de luxes; foulards, maroquinerie, porcelaine… Le tout fabriqué de manière artisanale en série limitée, tels des objets précieux à collectionner au même titre que mes peintures. Et pourquoi pas lancer une collection de prêt-à-porter de luxe…

97L : Avec Julien Fournié, quelles natures florales et imprimés graphiques apportez-vous ?

Lors du lancement de sa propre marque, Julien m’a demandé comme une évidence, de lui créer une fleur adaptée à son univers. J’ai donc créé spécifiquement pour lui, cette fleur mi-lys mi-orchidée qui dégoulinait telle une ombre mystérieuse, sur une architecture nude, très vaporeuse, d’une robe en organza de soie. Tel un tatouage imprégné dans la chair, la peinture devient un ornement mettant à la fois en valeur les courbes du corps de la femme, mais aussi en dissimulant les zones plus intimes tout en soulignant la coupe même de la robe.

Ce fut un succès tel, qu’une collaboration de plusieurs années a démarré ! À chaque collection Julien m’expliquait en détail sa démarche, me montrant ses premières esquisses, tissus et sélection musicale. Puis s’en suit une première interprétation graphique de ma part, sur papier, de la thématique indiquée, avec quelques instructions sur l’emplacement global des motifs; c’est la partie collaborative de notre travail. Ensuite c’était  à moi de jouer! Julien me confiait ces vêtements au trois quart cousus pour les retrouver quelques semaines plus tard complètement remaniés par mon interprétation; c’était la partie la plus libre de mon travail Et malgré la diversité des thématiques, cette fleur devenue signature, revenait presque systématiquement plus ou moins discrètement  telle une nostalgie spécifique à de notre collaboration artistique mais aussi amicale.

97L : Vous avez une technique de travail et une influence de la peinture japonaise. Comment l’expliquez-vous ?  

 Je n’ai pas plus d’influence  japonaise qu’autre chose. Il s’agit surtout d’une interprétation. Les gens voient en mon travail des références asiatiques, mais aussi africaines et/ou arabes. Je m’en amuse, car tout ce qui m intéresse c’est de m’exprimer. Je considère mon travail extrêmement personnel, spontané voire impulsif malgré tous les détails, car je suis habitée et stimulée par des flashs créatifs, que je ne cherche surtout pas à expliquer ou maîtriser.

 

 97L : Quels sont les matériaux que vous utilisez, pour donner des effets proches de la réalité neutre de la peinture et du stylisme ?

  Afin de garantir l’authenticité artistique des robes de Julien Fournié, j’ai utilisé de l’acrylique plus ou moins diluée. Certaines zones étant accentuées par l’ajout de silicone, par exemple pour les effets de gouttes qui « dégoulinent » de la fleur.

 97L : L’œuvre Mutation, la barrière de corail que vous imaginez, la sculpture organique, des éléments de l’eau, la pierre  la technique  en « relief » ?

J’aime jouer avec les limites de la matière, quelle soit en transparence ou en volume. C’est ce qui se passe avec « Mutation », cette œuvre intrigue! Et c’est d’ailleurs pour cela que je ne dévoile jamais mes techniques, un peu de mystère ne fait pas de mal. Mais sachez, qu’il s’agit uniquement d’acrylique.

97L : La nature prédomine vos œuvres…

Dans nos vies urbaines où tout va à mille à l’heure, se reconnecter avec la nature est quelque chose de simple mais tellement efficace. C’est en nous rappelant tous les points positifs que nous apportent la nature que nous y trouveront l’intérêt et l’importance à en prendre soin. C’est pour cela que j’ai choisi la valorisation plutôt que la dénonciation de ses dérives actuelles. Au delà de ma démarche créative, je n’impose rien, je propose une ambiance source d’évasion, où chacun est libre de visualiser, d’interpréter et même d’analyser.

97L : Derrière chaque toile il y a cette représentation de Mandalas, ces dessins géométriques plus abstraits, que vous transformez avec votre propre imaginaire?

J’ai découvert cette nouvelle interprétation de mon travail l’été dernier, lors d’une expo. Il s’agit d’un concept à la mode qui rassure. Les gens ont besoin de repères, sans cela ils sont perdus. Il faut plus de lâcher prise et de laisser aller. Et si mon travail s’apparente à une technique ancestrale, tant mieux… Je ne cherche pas à révolutionner le monde, je suis à la recherche d’authenticité et d’honnêteté.

97L : Les conseils que vous donnez aux jeunes diplômés dans l’art, pour faire le bon choix artistique ?

C’est  une question difficile. Je dirai qu’il faut croire en soi et surtout en son art. Notre travail évolue automatiquement en fonction de nos âges et nos expériences, peu importe notre démarche. L’important c’est d’être le plus honnête possible à l’instant T.
Il faut aussi écouter les conseils, tout en y faisant le tri. Les gens (même ceux qui n’y connaissent rien) sauront toujours mieux que vous ! Il faut écouter son instinct et sinon apprendre de ses erreurs qui sont toutes aussi importantes dans ce parcours de vie atypique.

97L : Pensez-vous revenir dans la mode et présenter une collection couture?

Sauf événement particulier, je ne me vois pas me lancer dans la Haute Couture. Je respecte que trop cet univers, faisant bien la distinction avec le prêt à porter, même de luxe. Beaucoup confondent Au delà d’un simple  métier c’est une passion qui mérite de s’y consacrer tout une vie, c’est comme en restauration, être un grand chef étoilé.Par contre comme je l’ai indiqué précédemment, je souhaite développer divers dérivés, afin d’allier Art et Création, comme cela la boucle sera bouclée.

97L : Quels sont vos projets les expositions ?

Aujourd’hui je souhaite me consacrer au développement de mes projets de dérivés, en utilisant mon univers artistique composé d’œuvres graphiques, picturales et sculpturales, afin de créer du textile, du design, ainsi que de la décoration… Chacun de ces dérivés devant être fabriqués en séries limitées, en collaboration avec des artisans spécialisés français. La fabrication de ces objets devenant « pointu », et précieux, sont à collectionner au même titre qu’une œuvre pictural AMBRAUDE. Je cherche donc un financement du type sponsor ou investisseur, afin de développer le nom d’AMBRAUDE, tel une « marque » combinant « Art » et « Créations ».

 

Propos recueillis par Wanda Nicot

 

Previous post

Le 1er ministre en Guadeloupe les 4 et 5 novembre

Next post

LES CARIBÉENS BIENTÔT LES PLUS OBÈSES AU MONDE SELON L'OMS 

97land

97land

Des infos, des potins, des événements... Toute l'actu du 97.

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *