Société

Sarcelleslite « 1er Pocheton » éduquons nos jeunes

Scène de violence mimée par des jeunes.

Depuis début janvier des enfants de Sarcelles sont devenus les « tristes » vedettes d’un clip. Arme à la main, pocheton (cannabis), coupures de 20 €, paroles misogynes. La vidéo serait restée cantonnée à la banlieue Nord si les médias ne s’étaient emparés de l’affaire, BFM et Le Parisien en tête des indignés. Au visionnage on devine l’influence des gangstas américains sur le réalisateur Manouch qui se dit surpris, voire ahuri par la polémique. « C’est que de la comédie » dit-il et s’excuse d’avoir choqué.

Les autorités, elles ne semblent pas gouter la plaisanterie. Une plainte a été déposée : autorisations parentales non respectées, propos haineux, incitation à la violence… Les producteurs devront trouver de solides arguments pour leur défense. Alors ? Parents défaillants ( deux familles antillaises)  ? Groupe de rap opportuniste ? Qui doit-on blâmer ? Et doit-on craindre pour nos jeunes ?

Le plus surprenant est l’étonnement des médias qui ne se gênent pas pour diffuser des clips ou des émissions à l’argent facile, promouvant des candidats sans autre but dans la vie que de devenir célèbres. Le zapping de la moquerie, de l’irrespect, de l’intolérance est devenu la norme. Dans des banlieues où le chômage des jeunes de moins de 30 ans atteint parfois 70 %, gavés de télévision et de jeux vidéos, d’informations erronées sur internet, de réseaux sociaux complaisants sur les délires verbaux et théories conspirationnistes, les écoliers-collégiens déboussolés se tracent leur voie entre mensonges d’adultes et vérités d’enfants, entre vie réelle et vie rêvée. La place des parents  est à leurs côtés pour les guider.

Et les parents antillo-guyanais réunionnais de ces quartiers dans tout cela ? Beaucoup dépassés, effrayés préfèrent interdire à leurs enfants de descendre jouer au pied de leur immeuble pour éviter les mauvaises fréquentations en espérant une hypothétique mutation, un pavillon un peu plus loin  » dans un quartier calme », une grand-mère au pays qui saura redresser le jeune. Politique de fuite en avant insuffisante : l’éducation d’un enfant est un travail quotidien qui ne peut se réduire à nourrir, vêtir et soigner mais réclame aussi la connaissance de ses origines, facteur équilibrant (qui sont mes grands parents ? d’où viennent-ils ? quelle est l’histoire de ma famille ? de leur région natale ?)  la découverte d’autrui, complément indispensable (mon voisin a lui aussi une histoire) et aussi l’apprentissage réciproque parent/enfant (L’omnipotence parentale est un leurre. L’histoire de mon enfant sera obligatoirement différente de la mienne et lui aussi peut m’apprendre). Transmission de valeurs, accompagnement, encouragement sont les trois vecteurs d’une éducation réussie !

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