Société

Max Dubois : un ami qui nous veut du bien

Depuis le début de la colonisation, nous nous sommes habitués à un fonctionnement imposé par les Européens sans aucune prise en compte de nos réalités, notre avis royalement ignoré, la mère patrie et ses représentants étant nos uniques guides.

Nous avons appris à critiquer ouvertement (sport national) toute initiative de l’un des nôtres et ne jamais dénoncer les agissements illicites. Des décennies de dérive savamment orchestrées.

Au niveau national, impossible pour un polynésien de parler pour les Antilles, pour un guyanais d’évoquer les Mascareignes… Et voilà que depuis quelques temps, d’autres veulent se préoccuper de notre situation. Dernier exemple en date, Max Dubois, Président de République & Développement Outre-mer, autoproclamé lanceur d’alerte.

Il revendique « une connaissance approfondie des milieux politiques, économiques et sociaux ultra marins ». « Je suis impliqué dans les territoires depuis bientôt 30 ans. Fondateur de l’association R&D.OM. République & Développement Outre Mer je participe au développement de l’économique privée des iles et de la Guyane. En outre j’ai tissé des liens très fort avec le SMA, Service Militaire Adapté… »

Max Dubois s’apparente à un influenceur courageux, à l’initiative des nombreuses émissions sur le développement des Outre-mer. Il est reçu un peu partout et par tous, tutoie la majorité des journalistes et dénonce les blocages structurels.

« Dès qu’il devint plus juteux d’importer plutôt que de produire sur place, les tentatives de développement économiques locales de la filière agroalimentaire furent condamnées à l’échec notamment aux Antilles » rappelle-t-il dans une chronique en mars 2019 à Mediapart dans une lettre ouverte à Annick Girardin.

Max Dubois n’a peur de rien ni de personne. Il multiplie les pétitions, n’hésite pas à tancer les ministres, les puissants. On ajoutera qu’il parvient aussi adapter la pensée de Blaise Pascal « Vérité en-deçà des Pyrenées, erreur au-delà » car il sait, selon le lieu ou il se trouve, accrocher son discours à la réalité locale.

Il y a un an, lors du rachat de Vindémia à la Réunion par le groupe GBH, ennemi de l’hypermonopole, il se laissait aller à cette réflexion « Le groupe Bernard Hayot est extrêmement structuré avec à sa tête des gens extrêmement compétents, on n’a pas affaire à des amateurs ». Des propos porteurs aux oreilles des réunionnais, refusant évidement la mise sous tutelle de leur grande distribution.

Cette fois, dans un article réalisé par notre confrère Francois-Xavier Guillerm et publié sur France-Antilles Guadeloupe du 27 mars, Max Dubois se pose défenseur des petits producteurs qui produisent moins de 500 tonnes par an. Il s’oppose à la gestion, selon ses propres termes, de la « banane de Lucy » par l’UGPBAN, doutant de la réalité du chiffre avancé de 20 000 emplois dans la filière, avec une petite phrase fleurant bon le nationalisme, « Dans les plantations martiniquaises, il y a une majorité de Saint-Luciens et des Haïtiens ».

L’idée globale : en plafonnant les aides Posei distribuées aux gros planteurs (suivez mon regard), la redistribution des financements permettrait de soutenir la diversité agroalimentaire. Des propos maintes fois énoncés depuis 50 ans mais qui trouvent, cette fois, un écho favorable.

L’article, n’ayant pas le retentissement attendu, c’est une vidéo, une semaine plus tard qui provoquera le buzz. Max Dubois affirme avoir été censuré en Martinique, avec l’édition de la Guadeloupe en mains, preuve à l’appui.

« Si moi, je suis censuré, vous êtes censurés… Ça veut dire que beaucoup d’informations qui devraient venir au peuple n’y arrivent pas parce que certains, les puissances d’argent de Martinique, considèrent que ça pourrait déranger leur business », finissant une phrase sybiline « Nous avons raison de dénoncer ce que nous dénonçons ».

Du populisme basique savamment orchestré, mais venu d’ailleurs par quelqu’un présentant bien, donc porteur de vérité dans nos îles. La vidéo sera relayée par tous, car dès que l’on peut taper sur l’ennemi béké, à tort ou à raison, on ne s’en prive pas.

Tout le monde y trouve son compte : petite flatterie subtile aux guadeloupéens, invitation à la résistance des martiniquais. Et le démenti alambiqué de France Antilles (qui pratique depuis si longtemps la politique de l’autruche), permet à l’ancien coordinateur Outre-Mer d’Emmanuel Macron durant la campagne des présidentielles de boire du petit lait.

« France-Antilles et France-Antilles Martinique en particulier n’ont pas censuré l’interview de Max Dubois. Pour preuve, elle est encore accessible à tous sur notre site internet… Elle ne serait pas largement diffusée si nous avions voulu la « censurer » et n’aurait pas été publiée en Guadeloupe si tel avait été le cas… »

Après plusieurs années de lobbying intensif, Max Dubois peut se poser comme (l’unique ?) défenseur de la cause. Bizarrement, peu se demandent le but véritable poursuivi. Ah oui, « remettre de l’équité économique dans les territoires d’Outre-mer ». Nous, on y croit dur comme fer bien sûr !

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