Société

SaaTurn relancera-t-il le débat du drapeau martiniquais ?

SaaTurn, de son vrai prénom Mathias, artiste reggae-dancehall originaire du Diamant, s’est fait connaître du grand public avec Le celiba ka ba en 2011. Il adresse par l’intermediaire de ses chansons des messages à la jeunesse en tant que GGDN. Sa vidéo oú il brûle un drapeau fera surement le buzz. Sur l’album Own Boss, il avertit  » No snake on the flag ». Son antienne :  « koupé tet serpent la é brilé sa ».

Le drapeau bleu à croix blanche aux serpents qu’il déchire, piétinne puis brûle, date de 1766. Pour ses détracteurs, il représente le passé colonial et esclavagiste de l’île. Et les quatre fers de lance sont menacés de disparition comme le souhaiterait le Parti Ankhti Colonialiste, à l’origine d’une pétition adressée à Alfred Marie Jeanne en juin 2017, recueillant environ 1200 signatures.

« Ce drapeau glorifie la traite négrière…  Ce drapeau ėtait en fait le pavillon de la marine marchande adopté par ordonnance du 4 août 1766.

« Tous les propriétaires de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux de la Martinique et de Sainte-Lucie feront pourvoir leurs bâtiments d’un pavillon bleu avec une croix qui partagera le dit pavillon en quatre ; dans chaque carré bleu, et au milieu du carré, il y aura la figure d’un serpent en blanc, de façon qu’il y aura quatre serpents en blanc dans le dit pavillon, qui sera reconnu dorénavant pour celui de la Martinique et de Sainte-Lucie. »

Autrement dit, il s’agit de l’emblème des navires qui transportaient nos aïeux de leur Afrique natale jusqu’aux colonies pour leur réserver le sort qu’on connaît. Nous ne pouvons plus tolérer cette insulte perpétuelle qui est faite à leur mémoire.

Il est innaceptable de retrouver aujourd’hui ce drapeau sur des édifices publics de l’île tels que la préfecture, l’hôtel de police … Mais surtout brodé sur les écussons de la gendarmerie et des groupes d’intervention. S’agit-il d’une force de répression ayant pour but de servir les intérêts coloniaux ?

N’est-il pas temps que l’on commence à réfléchir ensemble à un drapeau qui serait en accord avec l’ensemble de la population, en dépit des divergences d’opinions politiques ? »

En octobre 1995, l’ancien maire de Sainte Anne, Garcin Malsa prenait une decision politique en décidant d’accrocher un drapeau rouge, vert et noir au fronton de la mairie, les trois couleurs brandies par les insurgés de 1870 dans le Sud de la Martinique. Recontextualisé par Guy Cabort-Masson et Alex Ferdinand en 1968, il est devenu l’emblème des nationalistes martiniquais.

En août 2017, des manifestants avaient brulé le drapeau honni sur la place de la Savane. Mais la polémique s’était depuis éteinte. SaaTurn relancera-t-il le débat ?

 

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