Société

LE PONT DE LA BOUCAN : MEDIATEUR INVOLONTAIRE DES CONFLITS SOCIAUX

Les Français ont le Pont de Tancarville, cauchemar des automobilistes lorsqu’ils ne peuvent le franchir. En Guadeloupe nous avons le pont de la Boucan, cauchemar des usagers quand il est bouché. Pas bouché par la circulation, parce que là il y a un espoir de la voir se fluidifier au gré de la fluctuation du réseau, mais bouché pour cause de grève, et là le temps d’attente pour le traverser devient dès lors inquantifiable. Et cela n’arrive pas qu’une fois dans l’année car c’est devenu une espèce de « mès é labitid a péyi la « .

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@Alain Hannibal

Point stratégique pour se rendre de Sainte-Rose à Baie-Mahault ou vice-versa, ce brave pont est devenu le maillon faible des routes de Guadeloupe ou peut-être, le maillon fort des syndicats et travailleurs dès qu’un conflit éclate dans le secteur. Licenciement, augmentation de salaire, accord Bino, baisse du pouvoir d’achat, grève des ouvriers du secteur cannier et patati et patata, tout est bon pour mettre ce pauvre pont à contribution, et le voilà infranchissable en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Il représente le symbole de résistance de tout conflit en Nord Basse-Terre, le moyen d’échange pour faire bouger les lignes.

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Le franchir au quotidien : un exploit pour les usagers @Alain Hannibal

Déjà en temps normal il représente un point de ralentissement important de la circulation, il est facile de comprendre qu’en cas d’obstruction, les nerfs des automobilistes sont mis à rude épreuve. Pour qui veut coûte que coûte arriver à destination, reste la solution de faire marche arrière si la voiture qui vous suit n’est pas collée à votre pare-choc. Si vous arrivez à manœuvrer, vous pourrez peut-être contourner ce problème en passant par la route des Mamelles qui forcément sera engorgée puisque tout le monde aura la bonne idée de tenter de se frayer un passage par ce même chemin. Vous perdrez deux à trois heures, mais c’est le prix à payer pour votre liberté. Dans le cas contraire, il faudra attendre que les « barreurs de routes » lèvent le camp.

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Faire le détour par les Mamelles ou marcher en espérant trouver un car @Alain Hannibal

On comprend très bien qu’il faut des actions pour faire avancer les choses, mais à trop vouloir passer en force, cela risque de provoquer le contraire de ce que l’on espérait. Peut-être que lorsque cette fameuse voie rapide en bord de littoral sera construite, Sainte-Rose et les communes environnantes vont pouvoir s’oxygéner un peu. En attendant, le pont de la Boucan continuera à jouer son rôle de médiateur involontaire afin de ramener les hommes à la raison lors des conflits sociaux.

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