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Une université débloque 1 million $ pour les descendants de ses anciens esclaves

La décision prise par le Virginia Theological Seminary a fait basculer le débat sur les réparations de l’utopie à la réalité. Si, depuis quelques d’années, les repentences symboliques d’universités se multiplient pour leur implication dans le commerce triangulaire, il s’agit là de la première initiative d’indemnisation financière directe.

Le 5 septembre, le Séminaire de théologie de Virginie VTS, membre de l’Église épiscopalienne, branche de l’Église anglicane, annonçait la constitution d’un fonds de 1,7 million de dollars destiné aux descendants d’esclaves ayant travaillé sur son campus.

Fondée en 1823, VTS est située à Alexandria, en Virginie et compte environ 200 étudiants de la maîtrise au doctorat. Au moins trois bâtiments ont été construits, notamment le bureau du doyen et le bureau des admissions par quelque 4 000 esclaves travaillant sur le campus de 1817 à 1865, et généralement loués à des plantations voisines.

“Nous devons nous réconcilier avec notre passé horrible », a déclaré le révérend Ian S. Markham, doyen et président du séminaire, dans une interview.

« Pour quelque chose d’aussi odieux que l’esclavage, aucune somme ne peut réellement compenser ce crime ». Alors que nous allons celebrer le 200e anniversaire du Séminaire, nous sommes conscients que notre passé est un mélange de péché et de grâce. Parallèlement au repentir pour nos péchés passés, il est également nécessaire d’agir. ”

« Ce n’est qu’un petit pas – un embryon – pour essayer de reconnaître qu’avec des excuses, avec la promesse d’un avenir différent, nous devons etre concrets. Je veux qu’au Virginia Theological Seminary chacun sache que notre passé inclut aussi des esclaves, jamais reconnus, opprimés, blessés lors de la construction des bâtiments sans jamais etre rémunérés ».

Le révérend Ian S. Markham

« Le principe des réparations est relativement simple. Lorsqu’une institution ne paie pas le travail d’une personne, ce paiement doit être versé à sa succession. Et comme dans toute succession, les bénéficiaires sont les descendants. Espérons que nous les trouverons tous ».

« Une commission sera chargée de ce travail de recherche (Un généalogiste a ete recruté). Pour chaque nom, nous enqueterons sur sa filiation et verserons ainsi une petite contribution à son descendant en reconnaissance de son labeur non rémunéré. Nous sommes également complices de ségrégation suite aux lois Jim Crow après l’esclavage. Nous allons donc également utiliser ce fonds pour aider la communauté afro-américaine locale en lien avec notre institution ».

Jennifer Oast, président du département d’histoire de l’Université Bloomsburg en Pennsylvanie, auteur d’ouvrages sur l’esclavage, a déclaré cette annonce mémorable. « À ma connaissance, il s’agit de l’effort de réparation financière le plus important d’une université. Ce qui rend l’action de VTS plus significative, c’est qu’elle a été entreprise par l’université elle-même. »

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