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UNE JEUNE GUADELOUPENNE A LA TELEVISION JAPONAISE

Une jeune guadeloupéenne, Paola, a voulu nous confier son ressenti après ses premiers pas à Tokyo, et son interview par la télévision japonaise FUJI TV.

On se moque des étrangers au Japon « fous de ce pays » qui deviennent tatamisés, plus japonais que les japonais eux-mêmes, qui paraissent oublier que l’aspect physique et biologique prédominerait, qu’obtenir la nationalité japonaise est réservée à ceux y ayant vécu 5 années d’affilée, en ayant les ressources financières pour faire face à leurs besoins, en étant âgés de plus de 20 ans et ayant abandonné leur nationalité d’origine.

Découvrir le Japon et les japonais, serait-ce un leurre ?
Notre guadeloupéenne ne partage pas ces interrogations existentielles. Son voyage en immersion dans la capitale de ce pays qui fait naître bien des fantasmes, reposait sur deux envies très simples : étudier la langue japonaise et commencer à s’imprégner du Japon et de sa culture.

Mes premières impressions au retour du pays du Soleil Levant

La technologie est omniprésente dès l’aéroport où une salle de jeux et des consoles sont mises à disposition des passagers.

Les toilettes à l’aéroport, et partout ailleurs, sont truffées de petits boutons qui servent à diffuser de la musique, à propulser des jets pour se nettoyer et des parfums. Les gens sont d’emblée très souriants, très accueillants, extrêmement courtois.

Première nuit : Je rencontre mon hôte, puisque je séjourne chez l’habitant, et elle nous emmène avec mes autres camarades (une mexicaine et une colombienne) dans un restaurant dont le concept est très connu au Japon, « Sushi sur des rails », où après avoir commandé sur tablette nos repas, ceux-ci nous sont délivrés grâce à des rails.

Le lendemain matin, nous devons aller en cours, et c’est la première découverte du métro et de ses spécificités. Les anses du métro pour s’accrocher me paraissent particulièrement basses !
Il existe des wagons aux heures de pointe (women only) donc réservées aux femmes.

Il y a des marquages au sol pour que les gens fassent la queue avant d’entrer dans les wagons, et tous les japonais respectent ces consignes. Il y a au moins trois queues devant chaque wagon !

Les gens sont silencieux, soit en train de lire, soit en train de regarder un manga, ou ont les yeux fermés. Ce qu’il y a d’incroyable, c’est qu’ils ne paraissent jamais rater leurs correspondances.

Il ne faut pas répondre au téléphone, ou même parler trop fort, sinon c’est très mal vu.

Ayant demandé à mon hôte les raisons de ce silence collectif, il me fut répondu que les japonais ont des journées très compliquées et épuisantes, et que la société japonaise a en quelque sorte imposé pour le bien être collectif ce mutisme général dans le métro.

Je sors à Shibuya. C’est le quartier d’affaires, de tourisme, de spectacles. Et je débouche sur le Shibuya crossing très connu et qu’on voit très souvent dans les films, à cause du flux incessant de piétons et de voitures.

A la station de Shibuya, il y a 2,4 millions de passagers par jour. 2500 personnes traversent chaque fois que le feu est vert, et en prenant toutes les directions. C’est le plus grand passage piétons du monde en ce qui concerne le nombre de personnes qui l’empruntent

Notre école est dans la Cross Tower, gratte ciel de 32 étages à Tokyo. Rencontre avec les profs : une surprise de taille, pour leur niveau d’anglais faible. Mais ils sont remplis de bonne volonté, et déploient une énergie extraordinaire.

Ce fut ma meilleure expérience de tous les cours de langues qui m’ont été dispensés, tant la gentillesse, l’amabilité et le désir de transmettre la langue japonaise sont grands.

En ce qui concerne la méconnaissance de l’anglais, cette dernière est générale et paraît être ancrée à beaucoup de niveaux de la société japonaise, même en ce qui concerne les transports, où pour se faire comprendre il est pratiquement indispensable de parler japonais.
Alors que tout le monde, au Japon, fait un apprentissage de huit années d’anglais à l’école en moyenne, le résultat est assez catastrophique. Les causes de ce déficit en anglais seraient dûs à la difficulté de maîtrise des quatre alphabets.

Une autre difficulté pour les japonais est la prononciation des mots étrangers, parce qu’ils ont des petites syllabes avec des sonorités différentes et par exemple pas de lettre l qui est remplacée par la lettre r.

Les japonais

Une seule qualification peut leur être attribuée : bienveillants. Combien de fois me suis-je retrouvée perdue, et n’ayant comme autre solution que de demander désespérément aux passants japonais, mon chemin ? Je fus stupéfaite car à de nombreuses reprises les gens ont cessé toute activité et m’ont accompagnée une bonne dizaine de minutes jusqu’à l’endroit que je cherchais, uniquement pour me rendre service.

Une fois dans une supérette, toute l’équipe s’est arrêtée, et a essayé de m’aider, et un des caissiers m’a raccompagnée jusqu’à chez moi !

Je n’ai jamais ressenti aucun mauvais regard, ni de gène, quelquefois de la surprise. Un policier m’a demandé de me prendre en photo peut-être à cause des cheveux et de ma taille.

Quant à ce qu’on raconte en général concernant les japonais qui n’invitent pas l’étranger chez eux, je peux témoigner que j’ai été invitée par des familles japonaises sans aucun problème.

Les lois japonaises

Personne ne fraude s’agissant des transports.
A moins de 20 ans, un japonais comme un occidental est soumis à couvre-feu dés 23 heures.
Sinon vous êtes conduit au poste.

On n’a pas le droit de fumer dans la rue. Si vous fumez on vous arrête, et si vous fumez et que vous avez moins de 20 ans c’est encore pire, même si vous êtes chez vous !

Mon hôte m’a ainsi raconté que le fils de son voisin âgé de 15 ans, qui fumait chez lui, a vu la police débarquer et l’emmener au poste !!! ( ses parents n’étaient pas là).

La vie japonaise réserve des surprises

La musique dans la rue, les ambiances japonaises diffusées par haut-parleurs, les restaurants d’animaux, « cat cafe » ( qui sont des endroits où les gens payent pour voir des chats), ou encore des cafes hérissons où on donne à manger également aux hérissons. On peut même en acheter, on les touche, on leur fait des caresses, on peut leur faire faire du sport !

Par rapport à la Guadeloupe, j’insisterai sur deux différences fondamentales de culture s’agissant de le la discipline et du souci d’être en permanence intégré à la société japonaise.

Les Japonais et les Antilles

S’agissant des Caraïbes, c’est un monde inconnu, une terra incognita pour les japonais. Ils ne savent même pas où les situer, et paraissent rêveurs quand on leur parle de nos plages.
Je précise que mon hôte est prof et qu’elle était une des rares japonaises à maîtriser l’anglais. N’allez pas leur demander s’ils connaissent Aimé Cesaire

Mon interview par la célèbre chaîne FUJI TV

Fuji TV, la premiere chaîne de television japonaise dont l’imposant siège social se découvre à 5 minutes de l’aéroport Haneda et dont l’émission phare à laquelle je participe est difusée en prime time à 19h.

Ils m’annoncent que mon interview passera au mois de septembre. Une rafale de questions m’est posée ; mon âge, pays d’origine, durée du séjour, interêt pour le Japon et sa langue…

Ils me montrent des kanjis pendant 10 secondes que je dois mémoriser et retranscrire sur papier, et par la suite commenter en disant ce qu’ils m’évoquent. Ils m’interrogent sur la Guadeloupe, sa position geographique, les langues parlées. Je me dois d’en donner une bonne image. Alors je me lance : la pluie sur les tôles, les flaneries depuis le Memorial Acte, l’odeur d’un diri pwa rouj, un vieux West Indies de PSE, un Ka ou fè sonore, le goût de la dernière quenette…

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