Culture

Un hommage à Sarah Maldoror au Festival international de Sheffield

Le Sheffield Doc/Fest, Festival international du documentaire de cette ville du Yorkshire à 270 km de Londres, reconnu comme l’un des trois meilleurs festivals de documentaires au monde rendra un hommage à la guadeloupéenne Sarah Maldoror, pionnière du cinéma africain.
La famille du documentaire se réunit chaque année depuis 1994 pour découvrir des talents émergents, avec plus de 600 documentaristes, producteurs et distributeurs. En raison de la crise sanitaire, l’édition 2020, prévue du 4 au 9 juin, ne se tient pas sous sa forme habituelle. Pour les détenteurs d’un pass numérique, les films seront disponibles à partir du 8 juin. La projection du film de Sarah Maldoror aura lieu à Sheffield en octobre, après la réouverture des cinémas.

À la suite de son récent décès de COVID-19, le festival rendra hommage à la regrettée cinéaste Sarah Maldoror (19 juillet 1929 – 13 avril 2020). Originaire des Antilles, elle a étudié à la prestigieuse école de cinéma de Moscou VGIK, puis elle a rejoint les pionniers des mouvements de libération africains en Guinée, en Algérie et en Guinée-Bissau aux côtés de son partenaire Mario de Andrade, poète et homme politique angolais, fondateur du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA).

Sarah Maldoror a toujours été en première ligne des luttes anti-coloniales et sa réputation de cinéaste militante et de femme noire est un exemple et une inspiration pour les luttes actuelles à travers le monde. Ayant débuté comme assistante dans La bataille d’Alger, Maldoror est devenue l’une des premières femmes à réaliser un long métrage en Afrique. Elle a réalisé plus d’une quarantaine de films, principalement des documentaires. La dimension politique et poétique est remarquable dans son travail, parmi eux, un certain nombre de portraits d’artistes.

«Pour de nombreux cinéastes africains, le cinéma est un outil de révolution, une éducation politique pour transformer les consciences. Cela faisait partie de l’émergence d’un cinéma du tiers monde cherchant à décoloniser la pensée pour favoriser des changements radicaux dans la société », a déclaré Maldoror.

Son premier court métrage, Monangambée (1969), qui montre la cruauté des autorités portugaises colonisatrices en Angola sera ainsi présenté au public. Le film tire son titre du cri de la résistance angolaise, qui signifie «mort blanche».

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Hervé Damoiseau

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