Société

UN ENSEIGNANT SANCTIONNÉ POUR AVOIR PARLÉ CRÉOLE

La FAREP, Fédération pour les Langues Régionales dans l’enseignement public, regroupe les fédérations de parents d’élèves et d’enseignants qui œuvrent au développement des langues régionales depuis novembre 1987. Elle a lancé une pétition pour soutenir un enseignant à la Réunion, « accusé » d’avoir utilisé le créole en présence de son supérieur hiérarchique.

Le 11 décembre 2018 lors d’une réunion pour un incident en classe, un enseignant à Laurent Vergès sur l’Ile de la Réunion, intervient et s’exprime en créole, la langue maternelle de 80% des élèves de la région. L’enseignant est un professeur d’école habilité à enseigner dans la langue « régionale » et à titre personnel militant de l’égalité linguistique entre français et créole et pour un bilinguisme équilibré.

L’inspecteur présent interdit à l’enseignant de poursuivre en créole, lui intime de continuer en français et le menace de sanction s’il continue à s’exprimer dans sa langue. En avril dernier, l’enseignant est convoqué par le Rectorat et se voit infliger un « avertissement solennel » pour refus d’obtempérer face à son supérieur hiérarchique qui lui intimait de s’exprimer en français et refusait de l’entendre dans sa langue maternelle et langue de la Réunion.

Devant cette situation inadmissible et devant une sanction basée sur un motif linguistique (l’EN retourne-t-elle à l’époque des hussards noirs de la République en sanctionnant les locuteurs de langues « régionales » ou ce régime est-il réservé aux DOM ?), la FLAREP dénonce cette attitude scandaleuse de l’administration éducative et demande :

  • la levée de l’avertissement contre le professeur créolophone ;
  • la diffusion de circulaires académiques reconnaissant l’usage par les enseignants des deux langues de la région dans l’exercice de leurs fonctions.
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1 Comment

  1. Guy Girard
    mai 27, 2019 at 11:03 — Répondre

    Ne tournons pas autour du pot. On mesure bien qu’il s’agissait d’établir un rapport de force, de poser un acte politique. Le supérieur comprend t’il le créole ? … Une sanction disciplinaire est-elle bien appropriée. Je pense que non dès lors qu’aucune insulte n’a été proférée par l’enseignant. Un simple rappel à la règle aurait pu suffire pour enterrer l’incident.

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