Société

TRISTE ANNIVERSAIRE POUR LA SEMSAMAR

La SEMSAMAR l’une des plus importantes Sociétés d’Économie Mixte de France s’apprêtait à fêter ses 30 ans en organisant durant les deux prochaines semaines des manifestations sportives et des évènements culturels pour la jeunesse. L’actualité judiciaire troublera les réjouissances.

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La SEMSAMAR c’est 314 salariés et un chiffre d’affaires global 2014 de 115 millions d’euros. Créée à Saint Martin en 1985 la SEMSAMAR injecte chaque année plusieurs millions d’euros dans les économies de Saint-Martin, de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique, principalement dans la réalisation d’opérations patrimoniales neuves et dans les opérations en mandat réalisées au nom et pour le compte des collectivités locales.

Alors que Marie-Paule Bélénus, son actuelle directrice et Jean-Paul Fischer l’ancien ont été présentés à un juge d’instruction leur signifiant leur mise en examen et leur placement sous-contrôle judiciaire pour détournement de fonds publics ou privés et favoritisme (une caution de 150 000 euros  demandée pour Mme Belenus et 100 000 € pour Mr Fisher),  la SEMSAMAR se retrouve mise en examen elle-même en tant que personne morale.
L’avocat de M. Fisher, Me Olivier Morice indique que son client conteste l’ensemble des infractions qui lui sont reprochées. Jean Paul Fisher, un proche collaborateur de Mme Chevry, adoubé depuis par Victorin Lurel était au mois de mai le grand ordonnateur de la visite de François Hollande du Memorial ACTe. Me Corinne Dreyfus-Schmidt la défenseur de Mme Belenus précise qu’elle n’a fait que succéder au dirigeant précédent, ses rémunérations inférieures à lui et qu’elle n’a pas interdiction d’exercer son mandat. Arguant sur une délibération du 28/05/2010 fixant sa rémunération à 221 000 € sur 13 mois et une prime d’intéressement (pouvant se chiffrer au million d’euros !!!) adoptée à la majorité avec 3 abstentions et aucune voix contre est selon elle la preuve de sa bonne foi.

Le Conseil d’Administration de la SEMSAMAR est composé ainsi : la Collectivité de Saint-Martin posséde 51% du capital (représentée au CA par Wendel Cocks Président Jean Vilier, Daniel Gibbs, Rosette Gumbs, Jeanne Vanterpool), le Conseil Régional Guadeloupe avec moins de 15 % ( Jocelyn Sapotille et Roberte Meri), la Ville de Basse-Terre 5 % (Marie-Luce Penchard), la Caisse des Dépôts et Consignations : 13 % (Richard Curnier), la Société foncière de l’Anse Marcel : 16 % (Simon Smadja), un administrateur privé (louis Constant Flemming) et deux administrateurs élus représentants des locataires.

La SEMSAMAR en reconduisant Mme Belenus-Romana dans ses fonctions il y a moins de 3 semaines par 9 voix contre 1 (des administrateurs n’ayant pas pris part au vote) pensait avoir solutionné l’épineux problème de sa réélection : la justice penchant en faveur de la Directrice le CA lui montrait ainsi son soutien, mise en examen sa démission semblait acquise et la possibilité de présenter une nouvelle direction. La triple mise en examen est un coup dur dont les conséquences ne sont pas encore évaluées : c’est maintenant vers la SEMSAMAR que se tournent les regards comme l’indiquait le communiqué pour la Collectivité de Saint Martin d’Aline Hanson.

“J’apprends la mise en examen de la Directrice Générale de la SEMSAMAR et de son prédécesseur.
J’en prends acte.
Toutefois, la mise en examen également de la Société d’économie mixte en tant que personne morale, m’oblige à examiner les conséquences de cette affaire pour la Collectivité en sa qualité d’actionnaire majoritaire.
Au travers de la Société, les actionnaires étant susceptibles d’être mis en cause, je serai amenée à communiquer à nouveau sur la position de la Collectivité dans cette affaire ».

Des voix s’élèvent pour exhorter les politiques ayant pris part au vote à clarifier leur position. Comment en tant qu’élu signer pour de telles sommes et ensuite parler de crise ?  Des accointances sont évoquées. Qui savait quoi ? L’affaire SEMSAMAR ne fait peut être que commencer.

 

 

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