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TRACE FM DANS LA LIGNE DE MIRE DU SYNDICAT DES ARTISTES

On dit que la musique adoucit les mœurs, mais là visiblement, elle a plutôt provoqué une polémique, créant même un envahissement des locaux de la radio Trace FM. Le récit d’une quinzaine mouvementée.

Tout a commencé en juin, précisément le samedi 20 dans le cadre de la fête de la musique. Trace FM, Madin Music et la Mairie de Fort de France conviaient le public à la Savane avec Maurane Voyer, Dasha, Medhy Custos, Slaï, Pleen Pyroman, Antonny Drew, Kéros N, Tanya Saint-Val et Misié Sadik pour le Foyal Muzik Show.

Les raisons de la colère du SDAM : pas assez de Martiniquais invités

« Est-ce le Gwada Foyal Muzik Show ? » se questionnait David Letchimy sur Facebook, résumant la pensée de nombreux artistes locaux. En réaction, le Président du SDAM (Syndicat pour la Défense des Artistes Martiniquais) montait au créneau et s’interrogeait publiquement :

« Vu le faible pourcentage de Martiniquais au programme de la fête de la musique de trace FM et de la Mairie de Fort de France, je me pose trois questions ?
1) Peut être n’y a t’il pas d’artistes martiniquais?
2) Peut être ne sont ils pas talentueux ?
3) Quel Pays l’accepterait ?
Les indépendantistes, les autonomistes devraient savoir qu’en plus du drapeau et de la monnaie, il faut défendre la culture martiniquaise, chère à monsieur Aimé Césaire. »

Depuis sa création il y a un an, le S.D.A.M affilié à la CSTM a multiplié les rencontres avec les responsables de la Sacem, de Trace FM et ceux en charge de la formation et la culture au Conseil Régional, à la Drac et au Conseil Général en reprenant comme une antienne l’exemple d’Eugène Mona trouvant portes closes un peu partout. Trace FM (3ème radio de l’île en audience cumulée) est particulièrement ciblé par le SDAM car à l’origine et avec le soutien des politiques, ce média s’était engagé à promotionner les artistes locaux.

La polémique aurait pu en rester là sans l’intervention maladroite de Joël Mirande-Ney, directeur de Trace FM dans les colonnes de France Antilles : « E.Sy Kennenga, Kalash et Paille, en dépit de leur talent, ne font pas le poids face à l’armada des artistes Guadeloupéens … » provoquant un tollé dans le milieu artistique de Madinina et l’obligeant à publier quelques jours après un rectificatif « Il fallait bien évidemment comprendre qu’ils sont trop seuls face aux nombreux artistes de l’île sœur ayant émergé ces dernières années. C’est une réalité dont je ne me félicite pas. Il se trouve qu’aujourd’hui les artistes « têtes de gondole » Martiniquais sont moins nombreux que les Guadeloupéens. C’est une photographie du présent qui n’a pas toujours valu. Il y a une vingtaine d’années encore… (le) Reggae/Dancehall Martiniquais (était au sommet)… face un marché Guadeloupéen à l’époque balbutiant.
Si tant est qu’il faille ouvrir ce débat artistes Martinique VS artistes Guadeloupe, voire Guyane avec lequel je ne suis pas à l’aise, il faudrait tenter de comprendre ce qui s’est passé pour que la roue tourne…  TRACE FM mène aujourd’hui un combat régional, pour que les artistes Antillo/Guyanais que nous diffusons, aient la caisse de résonance la plus large possible…
Je trouve donc un peu facile de me rendre, et à travers moi, le média que je représente, responsable de tous les maux de la musique Martiniquaise ».
Parallèlement en Guyane, un débat sur la musique guyanaise s’est tenu le 23 juin au Grand hôtel Montabo. Pour Roland Loe-Mie Président du Mouvman Asosyatif Guyanais des Musiques Actuelles Traditionnelles « On n’a pas à travers les radios la promotion de la musique, les médias radios ne sont pas là pour diffuser de la culture musicale mais pour diffuser ce que les gens veulent entendre ».

Régine Lapassion, professeur de musique souhaite elle une prise de conscience « Ayons confiance en nous mais surtout, offrons de produits de qualité », ces discussions incitant les musiciens à la création d’une maison de la musique et d’un groupe de réflexion sur leur devenir.

Espérons que ces actions mènent à l’authenticité, à la révolte contre l’uniformité déversée à flots ininterrompus et non au rejet de l’autre. La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert disait André Malraux. Face aux structures économiques perpétuant l’ancienne domination coloniale, assisterons-nous à un mouvement de réappropriation  culturelle ? L’avenir le dira.

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