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Toni Morrison, votre discrète voisine de banc…

De Toni Morrisson vous ne connaissez que la polémique créée par Muriel Penicaud sur les noirs et la littérature et vous n’avez aucune idée de ce qu’elle a pu écrire ? Qu’importe. Deux bancs, l’un à Paris, l’autre à Fort de France vous attendent pour vous imprégner des pensées de cette auteure engagée, votre discrète voisine de banc…

Toni Morrison, prix Nobel de littérature en 1993, auteure de « Beloved », produit en film par son amie Oprah Winfrey, martelait cette maxime « Pardonner et se souvenir ». 

Son projet « Bench by the road », un Banc par la route, axé sur l’histoire du souvenir et l’approche communautaire, lancé le 18 février 2006 à l’occasion de son 75e anniversaire, a comme origine ses réflexions dans une interview à World Magazine en 1989 où elle parlait de l’absence de marqueurs historiques aidant au souvenir des Africains réduits en esclavage. 

« Il n’y a aucun endroit où vous et moi puissions aller, penser ou ne pas penser, invoquer la présence ou rappeler les absences des esclaves… Il n’y a pas de monument commémoratif, ni plaque, ni couronne, ni mur, ni Parc ou gratte-ciel. Il n’y a pas de tour de 300 mètres, pas de petit banc au bord de la route. Il n’y a même pas un arbre gravé, une initiale que je peux visiter ou que vous puissiez visiter à Charleston, Savannah, à New York ou à Providence, sur les rives du Mississippi, parce qu’un tel endroit n’existe pas ».

Bien que plusieurs musées d’histoire et d’esclavage afro-américains aient été érigés depuis 1989, ainsi que de nombreuses initiatives honorant le passé afro-américain, l’objectif du projet reste de placer des bancs et des plaques sur des sites commémorant des périodes, des individus et des lieux marquants de l’histoire de la diaspora africaine.

« Il n’est jamais trop tard pour honorer les morts », devait-elle déclarer en s’asseyant sur un de ces bancs en acier noir. « Il n’est jamais trop tard aussi pour applaudir les vivants qui leur font honneur ».

Et après avoir fait une halte sur ce banc et laissé votre esprit vagabonder, de retour chez vous, aurez-vous l’embarras du choix entre son premier livre, « L’œil le plus bleu » une fille noire rêvant d’avoir des yeux bleus, « Sula » jeune fille intrépide et libre, « Le chant de Salomon » l’histoire d’une famille noire américaine plutôt aisée mais pleine de secrets, « Tar Baby » la coexistence aux Caraïbes d’un vieux couple d’Américains avec ses domestiques noirs, « Beloved » prix Pulitzer, « Jazz » ou « Paradise ».

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