Société

Thierry Dol et ses blessures invisibles

Le 30 octobre 2013, Thierry Dol apparaissant souriant sur le tarmac de Villacoublay devenait un ex-otage aux yeux du public, son calvaire de 3 ans enfin fini. Dans le Journal du Dimanche du 18 décembre, il confie  commencer à surmonter ses « blessures invisibles » mais aussi poursuivre son combat judiciaire.

Une opération au genou gauche suivie d’un an de rééducation, un suivi dentaire particulier, une réadaptation alimentaire. Des séquelles physiques qui ne sont rien par rapport au traumatisme psychologique difficile à évacuer.

« Il y a des scènes que j’arrive à décrire. D’autres non. Émotionnellement, c’est trop fort », s’excuse l’ex-otage du Sahel. Avec pudeur, il évoque néanmoins la foi chrétienne qui l’a aidé à résister, l’hypermnésie qu’il a développée, les brimades, les deux litres quotidiens d’une eau « polluée » aux hydrocarbures bue par 60 °C, la « viande avariée », suffisamment bonne pour les « mécréants ». Et surtout l’ombre de la mort qu’il tenait pour certaine comme quand il fallait se tenir à genoux, entouré de boîtes de conserve que s’amusaient à viser, à 20 ou 30 m de distance, ses ravisseurs et leurs kalachnikovs ». (JDD)

Le 13 novembre 2015, Thierry Dol se trouve à Paris pour des rendez-vous médicaux. A l’annonce du carnage au Bataclan, toutes les images qu’il essayait d’enfouir lui reviennent. Paniqué, il abrège son séjour parisien pour se réfugier chez ses parents au François.
« Je suis alors entré dans un processus suicidaire, dit-il aujourd’hui. Comme si je culpabilisais de m’en être sorti. » (JDD) Il est alors dirigé en urgence vers le CHU de Martinique.

Il a du apprendre à vivre tout simplement, et après des mois de lutte, a réussi à surmonter ses appréhensions. Signe qu’il est en voie de guérison : il a assisté à une rencontre de football au Parc des Princes la semaine dernière, dans un stade plein à craquer.

Avec son avocat Me Ursulet, il mène en parallèle une lutte judiciaire : une plainte contre Areva et la filiale africaine de Vinci pour « abstention d’empêcher un crime ou un délit », une autre pour « non-assistance à personne en danger » contre l’Etat.

La question de son indemnisation par le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme n’est toujours pas réglée.

« Dol et son avocat en appellent au président Hollande. « Il les a accueillis à leur descente d’avion. Les discours de compassion, c’est bien mais ça ne suffit pas. Il doit être le garant du suivi », insiste Me Ursulet, qui plaide pour que la jurisprudence « Jolo » soit appliquée. Les otages français retenus plusieurs mois aux Philippines en 2000 avaient bénéficié, sur décision de la cour d’appel, d’une indemnité de 2.000 euros par jour de captivité. Les otages d’Arlit se seraient vu proposer moins de 30 euros… (JDD)

Il y a un an Thierry Dol déclarait au Parisien (28/12/2015) : « Je ne veux plus être l’otage de personne. J’ai tout perdu. Je veux juste avoir le droit de me reconstruire ». Que le droit soit appliqué afin qu’il puisse enfin tourner la page.

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