Société

STOP à l’hécatombe à Guyane 1ère !

Les syndicats SRTCA/UNSA et le Syndicat National des Journalistes (SNJ), premier syndicat de journalistes, alertent la direction sur la situation intenable dans de nombreux services de Guyane la 1ère. Ils demandent des moyens humains et matériels pour travailler. Certains équipements et mobiliers sont désuets.

Les arrêts maladies s’accumulent dans tous les services. Le personnel est à bout de souffle. A la rédaction de Guyane la 1ère, les journalistes sont en grande difficulté depuis plusieurs mois. Les confrères des rédactions naviguent à vue sans aucune visibilité sur leur travail à moyen et long terme. Il n’est plus possible d’anticiper les rendez-vous, seuls les reportages d’actualité urgente sont traités quand les moyens le permettent.

Très professionnels, les confrères continuent à informer les téléspectateurs, les auditeurs et le public du numérique dans des conditions qui dépassent les limites du raisonnable. Une situation aucunement digne de France Télévisions, seul média qui couvre plus de 80 % du territoire.

État des lieux aussi désolant qu’accablant dans les rédactions

3 rédacteurs en chef ne sont pas opérationnels : le rédacteur en chef radio-télé-web est en congé depuis le 21 octobre jusqu’au 11 novembre, la rédactrice en chef adjointe est en mission pendant 3 mois en Guadeloupe, le rédacteur en chef adjoint radio est en préparation magazine depuis lundi.

En dehors d’un rédacteur en chef adjoint venu de Malakoff qui prendra ses fonctions jeudi matin, la direction comble ces postes en désignant des intérims dans un effectif déjà en berne. Qu’attend-elle pour remplacer les postes manquants ?

Il y a beaucoup moins d’équipes sur le terrain pour les journaux et les magazines. Un drame lorsque l’on sait que Guyane La 1ère est la seule radio-télé-web accessible au plus grand nombre.

Sur les 29 rédacteurs de la télé, 4 sont en congés maladie de longue durée. Ils ne sont pas remplacés depuis plus d’un an. Des JRI et des rédacteurs surmenés sont en arrêts maladie à tour de rôle. 13 confrères sont en congés réguliers cette semaine.

Une rédactrice affectée à Saint-Laurent est partie le 23 octobre pour renforcer la rédaction de Saint-Pierre et Miquelon. Personne ne la remplace à Saint-Laurent. Pourquoi ?

La radio et le web

Les 9 journalistes de la rédaction radio qui avaient déjà observé un débrayage le 29 mai pour manque d’effectifs et arrêts d’émissions en pleine grille pour cause d’économie, sont au bord de l’épuisement moral et physique.

Les conduites des journaux sont régulièrement décidées par les présentateurs.

Des présentateurs qui naviguent entre la télé, la radio et le web.

Au service web, 2 personnes sur 3 sont en congés. Le « web first » décrété par les différents responsables venus en mission a du mal à se mettre en place malgré l’implication des équipes. Certains travaillent souvent avec leurs propres matériels : ordinateurs, smartphones…

Le seul rédacteur en chef adjoint opérationnel aujourd’hui s’occupe des trois médias. Imaginez la journée de travail…

Les 3 services d’information, comme tous les autres de la station sont sous-dotés en moyens humains et matériels.

Des arrêts maladie en pagaille…

L’urgence est de mise aussi chez les monteurs qui voient leurs journées de travail rallongées. Parfois, ils officient 9 heures par jour et dans des conditions difficiles. Ils travaillent pour les journaux, les magazines et le bureau artistique dans la même journée…

Une gymnastique intellectuelle qui provoque l’exaspération dans la chaîne de fabrication : animateurs, ingénieurs du son, scripts, journalistes, assistante de production.

Certains œuvrent dans l’urgence pendant que d’autres attendent pour entrer dans des salles de montage trop froides ou trop chaudes au gré du fonctionnement de la climatisation à bout de souffle. Elle aussi.

Les arrêts maladies dus à la souffrance au travail se multiplient dans tous les services et à tous les étages. Du jamais vu !

Les personnes en mono poste sont sous tension et ne savent plus à quel saint se vouer. Ils sont régulièrement sollicités sur des activités différentes. Bonjour la concentration…

La réduction d’effectif annuelle imposée par France Télévisions de moins 3 équivalents temps pleins (ETP) depuis des années déjà est assurée pleinement en Guyane par une Direction locale contrainte d’appliquer les ordres.

Malgré cette baisse d’effectif constante, la direction nous a annoncé une nouvelle coupe dans les effectifs en 2020.

Une nouvelle réduction d’effectif est exigée par France Télévisions dans les stations d’Outre-Mer, en plus de la rupture conventionnelle collective qui incite les salariés à partir pour quelques euros de plus.

5 salariés de différents services déjà en sous effectifs quittent définitivement l’entreprise dans les prochaines semaines. Aucune publication de poste n’a été faite pour les remplacer.

Jusqu’où la société France Télévisions va-t-elle faire des économies, au détriment du public de Guyane qui paie sa redevance et du personnel local déjà en souffrance ?

A la radio, c’est le directeur adjoint de l’éditorial qui prend l’antenne lorsqu’un animateur est en congé quand on ne propose pas de longues plages musicales aux auditeurs pour combler les absences ou les vides.

On demande même aux salariés en arrêts maladie ou en congés de programmer des émissions en avance. Où est le respect de la loi ?

Bientôt, on viendra nous chercher sur le lit d’hôpital après avoir été pressuré pour faire des émissions. Où sont les moyens promis par la direction pour réaliser sa ligne éditoriale ambitieuse, sans concertation avec les instances représentatives du personnel?

Les annonces de remplacement et renforts ne sont toujours pas suivis d’effet. Du colmatage pour nous boucher les yeux. Jusqu’à quand les salariés pourront continuer à travailler ainsi sous pression, sans aucune reconnaissance des efforts consentis quotidiennement pour répondre aux exigences du public?

Entre les arrêts maladies de courte et de longue durée non remplacés, les postes vacants, la RCC déjà en action, la station de Guyane la 1ère est dépouillée de ses ressources.

Nous sommes contre ce démantèlement du service public, nous sommes opposés au manque de respect des téléspectateurs et des auditeurs, nous dénonçons le traitement fait au personnel qui se bat depuis plusieurs années pour le rayonnement de France Télévisions en Amérique du Sud.

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) et le SRTCA/UNSA s’insurgent contre cette indifférence totale de France Télévisions pour les premières.

Nous demandons à rencontrer la direction rapidement afin qu’elle prenne des mesures d’urgence pour limiter le burn-out, le découragement permanent, le développement des risques psychosociaux et l’épuisement des rares équipes qui peuvent encore faire fonctionner la station.

 

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1 Comment

  1. Gégé Gégé
    novembre 5, 2019 at 19:42 — Répondre

    QUI FOUT LA MERDE A GUYANE LA 1ERE ?

    J’ai lu l’article entièrement, mais on est sur sa fin. On a du mal à percuter, à comprendre le comment du pourquoi de cette situation. Causes et conséquences semblent se disputer LA 1ERE, est-ce le personnel, tout le personnel qui paye son incompétence. Pis d’abord combien de salariés s’échinent là-dedans. Combien de malades ou de tire-au-flanc ? C’est pas clair pour celui qui cherche à comprendre ce qui se passe.

    Pourquoi FranceTV scierait-elle la branche sur laquelle son antenne est assise ? pour encaisser moins de publicité ?

    Que pensent les députés et sénateurs de la Guyane de cette affaire ? On sait pas Sont-ils complices de la direction parisienne qui voudrait faire démissionner tout le monde ? Qui tire les ficelles c’est sûr c’est pas moi, c’est hélas tout ce dont je suis certain.

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