Société

Skerrit, 1er ministre de la Dominique à l’ONU : Nier le changement climatique c’est se moquer des milliers de mes compatriotes sans toit sur leurs têtes

Le Premier ministre de la Dominique, Roosevelt Skerrit, s’est adressé samedi à l’Assemblée générale des Nations Unies en appelant les pays du monde entier à livrer des « équipements de sauvetage et de reconstruction » à son pays décimé, « ressemblant à zone de guerre ».

« Physiquement et émotionnellement atteint, j’ai quitté ma nation saignante pour être avec vous ici aujourd’hui car ce sont les raisons pour lesquelles les Nations Unies existent », a déclaré Skerrit dans un discours de 17 minutes.

Le leader dominicain a pu ainsi exposer les défis auxquels sont confrontés les pays des Caraïbes en raison des changements climatiques et a demandé de l’aide pour reconstruire son pays de 72 000 habitants.

« Dans le cas de la Dominique, il y a moins deux ans que nous avons eu des pertes humaines et des dégâts infrastructurels importants dus aux ravages ravages de la tempête tropicale Erika », a-t-il déclaré.

« Nier le changement climatique c’est se livrer à la procrastination pendant que la terre se meurt; c’est nier une vérité que nous venons de vivre. C’est se moquer des milliers de mes compatriotes qui, sans toit sur leurs têtes, regarderont la nuit descendre sur la Dominique dans la peur des glissements de boue et craignant les conséquences du prochain ouragan.

Il a souligné que Dominique et le reste des Caraïbes n’avaient pas commencé cette guerre contre la nature, elles ne l’ont pas provoquée, mais la guerre était venue à eux.

Alors que les grands pays parlent, les petites nations insulaires souffrent. Nous avons besoin d’actions concrètes et nous en avons besoin maintenant. Nous, dans les Caraïbes, … ne polluons pas ou ne pesons pas sur nos océans. Nous n’avons apporté aucune contribution au réchauffement climatique. Mais pourtant, nous sommes parmi les principales victimes de la ligne de front.

En Dominique, nous avons longtemps poursuivi et respecté une existence qui a préservé notre petit Eden. Mais quelle est notre réalité actuelle ? Débauche pure, alors que les Dominicains souffrent du changement climatique. Nous assumons les conséquences des actions des autres. Des actions qui mettent en danger notre existence et cela pour l’enrichissement de quelques-uns ailleurs.

Nous avons creusé des tombes aujourd’hui en Dominique. Nous avons enterré nos proches et je suis sûr que lorsque je rentrerai chez moi demain, nous découvrirons des décès supplémentaires. Nos maisons sont anéanties. Nos bâtiments sans toit. Nos tuyaux d’eau et infrastructures routières ont été détruites. Notre hôpital est hors service et les écoles ont disparu sous les décombres. Nos cultures sont déracinées. Là où il y avait du vert, il n’y a plus que de la poussière et de la saleté. Les étoiles sont tombées. Notre Eden est brisé.

La Dominique est ici pour solliciter l’aide humanitaire internationale, mais elle englobe également plusieurs de nos voisins, y compris notre île jumelle, Antigua, qui devait évacuer ses citoyens de Barbuda.

Le temps est venu pour la communauté internationale de prendre position et de décider ce qui sera acceptable pour ceux qui souffrent des ravages du changement climatique dans le monde. Que nous puissions atténuer les conséquences d’une augmentation sans précédent des températures et du niveau de la mer; soit pour nous permettre de reconstruire de manière durable; ou si la communauté internationale nous prendra en pitié, puis fuira soulagée de savoir que cette fois-ci ce n’était pas eux.

 

Traduit de l’anglais

 

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