Société

Serge Romana : le 23 mai a une âme, un coeur

Au bout de six jours de grève de la faim, le Sénat ayant adopté l’article 20A consacrant le 23 mai comme date nationale, voici les premiers mots de Serge Romana.

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Je commencerai par mon bulletin de santé habituel…  Ma tête et mon esprit sont d’autant plus clairs qu’on a gagné.

Le 23 mai 1998, nous avons fait le serment de retirer des poubelles de l’histoire, de retirer de l’oubli des hommes, ces centaines de milliers de parents qu’on appelait vulgairement les esclaves. Nous avons décidé que dorénavant nous allions les porter dans notre coeur. Pendant 20 ans, nous les avons portés, nous avons énormément travaillé sur cette question mais il manquait une chose importante, c’est que la république les reconnaisse. Et lorsqu’une république reconnait, cela veut dire qu’elle inscrit dans la loi.

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Le 23 mai est légitime. Il est légitime parce qu’il vient d’un mouvement populaire. Le 23 mai a une âme, un coeur. Le 23 mai a des hommes qui le portent : des descendants d’esclaves. Il ne peut pas mourir. Il était important que nos parents rentrent à l’Assemblée Nationale puis au Sénat. Et manifestement, ils en sortent la tête beaucoup plus droite, un peu plus fiers de ce qu’ils étaient car franchement, nous avons beaucoup travaillé.

Ils étaient considérés comme des riens. Nous sommes leurs enfants, leurs descendants. Nous avons travaillé, nous avons lutté et aujourd’hui je pense que nous devons être fiers.

Ce n’est pas le combat de Serge Romana. Si vous n’étiez pas là, jamais, jamais, jamais, je n’aurais pu tenir. C’est en pensant à vous, au travail que vous faisiez qu’il fallait défendre ce qu’un sénateur, sans s’informer, avait simplement raturé. C’était ignoble. J’ai pensé à tout ce travail : il fallait taper, faire fort. Et heureusement qu’on a fait cette grève de la faim… Je dis « on » parce qu’on me portait des thermos, qu’il y avait des militants autour de la tente, j’étais en communion avec eux. J’ai tenu à cause de vous…

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Nous avons aidé la République à définir ce qu’est le 10 mai, jour où on honore les combattants qu’ils soient français hexagonaux, qu’ils soient esclaves eux-mêmes qui ont permis d’abattre le système esclavagiste et honorer la République. Le 23 mai aura notre coeur et portera jusqu’en Guadeloupe, Martinique, à la Guyane et à la Réunion…

Je me dois de remercier le député Pupponi : c’est lui qui a déposé le 1er amendement dans cette loi égalité réelle soutenue par le rapporteur Victorin Lurel. Je remercie aussi le sénateur Larcher et les autres sénateurs de l’Outre-mer qui ont soutenu notre action.

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