Société

Serge Letchimy : Non, je ne hurlerai pas avec les loups … !

Comment en sommes-nous arrivés là ? comment en sommes-nous arrivés à ne plus pouvoir nous parler, échanger, nous écouter ?

Non, je ne hurlerai pas avec les loups ! Même si certains différends ont pu provoquer la colère des uns et des autres, ne pouvons-nous pas nous entendre, apaiser les dialogues ? Je me refuse à croire à la cristallisation d’une pensée unique, à l’engourdissement d’une certaine capacité d’analyse.

Non, il n’y a pas d’un côté les « bien-pensants » et de l’autre, les « mauvais-pensants ». S’il y a incompréhension de part et d’autre, c’est bien parce que le dialogue n’a pas été possible. Et le recours à la violence, sous n’importe quelle forme, n’a jamais été la solution dans un pays démocratique : parce que la coexistence sans violence est capitale.

Une capacité d’agir et d’écoute pour le regroupement d’une diversité de pensées est source de stabilité et de cohésion, attendue, souhaitée, pour un équilibre constant de notre Martinique déjà en souffrance sociale, économique, et en perte de repères.
En conséquence, notre classe politique n’est plus représentative d’une société dont le taux d’abstention bat tous les records ! Le Peuple, la majorité silencieuse s’éloigne de la politique… Nos jeunes en souffrance, nos seniors interloqués par tant de désordre.

Et pourtant, nous avons tout pour être fiers. Où sont passées les élites pensantes, les héritiers de Fanon, Césaire, Glissant, ceux-là même qui ont irrigué le Monde par leur éclairage universel ? Nous avons un devoir d’exemplarité, malgré nos failles entendues. C’est d’un apaisement moral dont chacun a besoin, pour engendrer cet indispensable potentiel de vitalité. Il nous est interdit de tomber dans l’obscurantisme, le populisme, la violence… C’est cet appel qu’a lancé Jean-Claude Duverger, porte-parole de l’EPMN, et que je soutiens entièrement.

Ce n’est pas une désertion d’un groupe élu démocratiquement. Au contraire, c’est une forme de résistance contre une dérive qui étouffe le dialogue, qui fuit l’écoute, qui ne répond pas au partage des idées et des convictions.

Je souhaite que le climat politique, violent et menaçant, s’apaise. Personne d’autre que nous-mêmes ne réglera nos problèmes. Ceux qui arrivent au quotidien, quelque soit la tranche de la population ou quelque soit le secteur professionnel, ne se régleront jamais par la violence et le refus de l’écoute. Ils ne s’évacueront pas par magie.

Que ceux qui aujourd’hui, sont au pouvoir, assument leur responsabilité en sachant écouter la désespérance, même si elle peut leur paraître insupportable dans la forme ou dans le fond… Car au-delà de ceux qui s’expriment, et que l’on entend, il y a des cris qui ne s’entendent pas, qui s’étouffent, qui se mutilent, … mais qui ne meurent pas.

Serge LETCHIMY

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