Société

Serge Letchimy : les martiniquais de l’hexagone peuvent faire bouger les lignes ici

Le député et ancien Président du Conseil Régional Serge Letchimy rencontrait des sympathisants de l’hexagone du PPM (Parti Progressiste Martiniquais) au cours d’un repas dans un restaurant antillais des Yvelines, avec comme objectif  la mise en place d’une section à Paris. Maurice Fléret est chargé de mener à bien ce projet.

 

97L : Pourquoi avoir créé une association représentant le PPM à Paris ?

Serge Letchimy : C’est un long débat. Pendant très longtemps, malgré le souhait de nos frères et sœurs résidant à Paris de monter un Balisier, cela n’a jamais été accepté par le PPM. Il y a plein d’explications. Depuis une dizaine d’années, je me battais pour sa création. On a énormément réfléchi, on a organisé plusieurs réunions dans les banlieues, en province sur la question antillaise et surtout la présentation de nos projets en Martinique sur le sol parisien. On a bien senti qu’il y avait un désir très profond d’avoir une représentation du parti dans l’hexagone. On a fini par faire modifier les statuts pour accepter un balisier en dehors de la Martinique.

97L : Pouvez-vous nous donner votre définition du Balisier ?

S.L : C’est le symbole emblématique du parti, l’expression à la fois de l’espérance et en même temps de la souffrance. « La grande fleur énigmatique au triple cœur pantelant au bout d’une lance » chère à Aliker, appréciée par Césaire du coté de la route de Balata, Wilfrido Lam et autres surréalistes. Les balisiers sont des sections politiques dans les quartiers ou les communes. On structure l’organisation politique par une présence territoriale par ce qu’on appelle un balisier.

97L: Que peut apporter le Balisier aux martiniquais de l’Ile de France ?

Ce sont surtout eux qui peuvent amener quelque chose au balisier. Le combat que nous menons n’est pas une lutte pour obtenir des postes. C’est un moyen de faire aboutir nos revendications. Nous souhaitons que la Martinique soit un pays autonome au sein de la République avec  un maximum de responsabilités locales à assumer, un pays capable de protéger sa langue, son histoire, son identité collective. C’est une pensée un projet politique  partagé par des hommes et des femmes qui nous apportent leur force afin de convaincre le peuple du bien fondé de cette revendication d’un pays debout, fier capable de s’assumer.

L’immigration à partir des années 60 a fait que beaucoup de martiniquais et martiniquaises sont en France, dans l’hexagone, pas la métropole terme barbare, abusif et colonialiste, avec l’idée de dominant et dominé. Ce sont des frères et sœurs qui vivent à l’extérieur de leur pays la Martinique, il faut absolument qu’ils puissent être en lien avec leur pays  y compris politiquement parlant.

Afin d’exposer nos idées le maire de Fort de France et moi-même réfléchissons à un rassemblement. Il faut trouver la bonne formule respectueuse des règlements.

97L : Peut-on parler de missionnaires du PPM ?

S. L : Je le considère ainsi d’ailleurs le balisier de Paris.  Il y a une vingtaine de personnes. Le travail qui y est fait est très précis, très pensé. Il prendra de l’ampleur petit à petit. Ce que nous souhaitons c’est que le maximum de personnes y adhère et défende nos idées en puisant dans la pensée de Césaire et d’autres. Ils peuvent être un puissant vecteur  pour faire évoluer les choses. C’est agir sur le terrain là-bas et en même temps que les martiniquais et antillais fassent bouger les lignes ici pour que le Président de la République, le parlement et d’autres instances nationales puissent comprendre que notre revendication n’est pas l’assistanat, la consommation massive mais notre dignité.

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