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Sebastien Lecornu, l’homme pressé

Le rapport entre Sébastien Lecornu et les Outremers ? … On cherche encore.

Premier ministre des Outremers depuis une décennie à ne pas être originaire des Outremers mais 38eme à ce poste depuis les débuts de la 5eme République, Sébastien Lecornu est jeune, très jeune. Né en dans le Val-d’Oise, la légende veut qu’à l’heure où ses camarades étaient devant Club Dorothée, lui se passionnait pour Questions au Gouvernement.

D’origine modeste, sa mère secrétaire médicale, son père technicien à la Snecma, après des études de droit, il devient assistant parlementaire d’un député de l’Eure puis intègre le cabinet de Bruno Le Maire au secrétariat d’État des Affaires européennes.

La suite ? Une succession de dates pour celui qui assume être un homme de droite alors que d’autres LREM cherchent à effacer leur passé.

En 2014, il remporte la mairie de Vernon. , il est élu président du conseil départemental de l’Eure. En 2016 il devient le directeur de campagne adjoint de François Fillon (qui l’exaspérait en faisant semblant de ne pas le reconnaître) pour les présidentielles mais sentant le vent tourner démissione avant sa chute. Son destin bascule quand Emmanuel Macron accède à l’Élysée.

, il est d’abord nommé secrétaire d’État auprès de Nicolas Hulot. En, à la faveur d’un remaniement il devient ministre chargé des Collectivités territoriales. En , il est coanimateur du grand débat national, organisé après le mouvement des Gilets jaunes et se fait connaître du grand public. Par un tour de passe passe, il affirmera à cette occasion que le rétablissement de l’ISF n’apparait pas comme une préoccupation majeure des français alors que les faits contredisent ses dires. Un fait d’arme apprécié à l’Élysée.

Sa méthode est celle d’un vieux briscard : serrer chaque mains tendue, honorer toutes les cérémonies, en mettre plein la vue aux élus locaux avec paillettes et champagne (rue Oudinot il pourra poursuivre cette politique), fréquenter le tout Paris. Le voilà désormais au 9eme rang des ministres du gouvernement. Une ascension fulgurante mais il dément viser le graal.  « Quand je vois le président au quotidien, je me dis que je ne suis pas fait pour ça ».

Un homme si modeste donc sans objectif précis et qui explique à la cantonnade qu’il se donne encore 6 ans dans la politique. Pourtant en coulisse, il se murmure qu’il a passé des mois à affûter la stratégie d’Emmanuel Macron pour les sénatoriales de septembre 2020, 178 sièges renouvelés à cette occasion et qu’il se verait bien en 2023 ou 2026, président du Sénat, déclenchant l’ire du président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner.

« Dans le gouvernement il y a pas mal d’exceptions à la règle : quand on est ministre on se consacre pleinement à sa mission de ministre », a-t-il déclaré mercredi dernier.

Mais le rapport avec les Outremers ? Le journal Clicanoo a une piste. « Il adore les DOM TOM, c’est l’un des meilleurs connaisseurs de la carte électorale, de la vie politique, de l’histoire politique de l’Outre-Mer, confie l’un de ses amis. Il a d’ailleurs parcouru quasiment tous les Outre-mer dans ses précédentes fonctions ».

Et si plus prosaïquement cela lui permettait de rester au gouvernement mais moins exposé médiatiquement tout en préparant les sénatoriales ? Une chose est sûre : le nouveau ministre qui confiait avoir pris pour la première fois l’avion à 21 ans, devra dans les prochains mois y passer sa vie. Le Palais du Luxembourg vaut bien des sacrifices.

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Joël DIN

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