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De St ELOI à FORESTAL : L’hypocrisie posthume fait recette

Quand meurt un homme, surtout s’il avait une certaine notoriété, des gens par centaines se précipitent autour de son cercueil pour déclarer qu’il faisait partie de ceux qu’ils vénéraient le plus de son vivant.

Des confidences, des témoignages des anecdotes pleuvent de tous côtés car beaucoup à travers cette mort cherchent  à glaner de leur côté un peu de notoriété aussi. Seulement vivants, ces hommes et ces femmes dont on pleure la disparition vivent souvent totalement isolés et ne bénéficient guère de cette vénération qui semble habiter certains dès lors qu’il s’agit de se mettre en avant et de déclarer qu’il était le plus grand.

On a pu voir pour Daniel Forestal avec quelle précipitation certains se sont mis en avant et crier qu’il était un génie, un visionnaire, le meilleur des meilleurs. Or il n’y a pas si longtemps de cela, alors que l’ancien DTN de natation Robert Geoffroy recevait la légion d’honneur à la résidence départementale du Gosier, Daniel Forestal était venu lui interpréter quelques titres. A la fin de la cérémonie qui comptait un nombre important d’invités, aucun d’entre eux n’était disponible pour raccompagner l’artiste à sa résidence de Goyave. Il n’était pas encore mort c’est vrai. Je me suis chargé de cette tâche qui incombait certainement plus à ses nombreux amis présents ce jour et dont j’ai vu quelques-uns le jour de sa mort venir témoigner de  leur tristesse face à une telle perte. L’hypocrisie n’a pas de limite et la mort semble donner des ailes à ceux toujours avides de se faire voir.

Cela me ramène quelques années en arrière pour une aventure vécue lors d’un meeting international d’athlétisme en Guadeloupe. Par le plus grand des hasards, je me retrouve assis à côté de Patrick Saint-Eloi. On se connaissait depuis un bon moment et j’avais eu l’occasion d’écrire plusieurs articles sur son œuvre et lui. Nous assistons donc au meeting. A la fin de cette réunion sportive, nos voitures garées à peu près au même endroit, nous faisons la route ensemble, discutant de tout et de rien, moi prêt à m’effacer face aux sollicitations de ses fans. Je m’attendais à voir Patrick Saint-Eloi submergé de demandes d’autographes et des félicitations venant de la part des centaines de personnes que nous croisions. Que nenni ! Tout le monde semblait l’ignorer ou ne pas le reconnaître.

Cette aventure m’avait laissé  songeur quant à la relativité de la célébrité. Il est vrai que vivant,  souvent nous ne bénéficions pas de ce déferlement de superlatifs tous à notre gloire qui font de nous des supers héros plus importants que les propres membres de notre famille. Ce n’est ni plus ni moins une hypocrisie. Nous avons besoin d’être reconnu de notre vivant. Mort, Dieu s’en chargera du reste.

Hugues PAGESY

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