Société

S. LETCHIMY : Notre sort finit souvent par se régler à la marge sans vision d’ensemble

L’intervention de Serge Letchimy proposant un amendement visant à la création d’une commission permanente des outre-mer, lundi 27 mai.

 

M. Serge Letchimy. Si une commission permanente doit être dédiée aux outre-mer au terme de la démarche qu’a proposée le président de l’Assemblée, c’est d’abord que la France, avec ses 2,5 millions d’habitants répartis sur l’ensemble des continents, est le seul pays où le soleil ne se couche jamais, et que cette diversité doit pouvoir s’exprimer d’une autre manière. C’est en tout cas ce que je ressens après être arrivé ce matin de Fort-de-France et avoir dû siéger huit heures dans cet hémicycle, en écoutant et en participant, sans avoir dormi, pour présenter le présent amendement.

Tous nos collègues ici présents et d’autres sont sensibilisés, je le sais, aux réalités ultramarines, mais ils admettent que ce sont des questions complexes qui ne sont pas toujours correctement prises en compte dans nos discussions – je l’ai encore constaté lors des débats sur la loi visant à faciliter la sortie de l’indivision successorale.

Je le dis dans un esprit fraternel : nous avons le sentiment d’être tenus à l’écart. Ce n’est pas par racisme ou mépris ; c’est la conséquence structurelle de l’organisation de nos débats, qui fait que notre sort finit souvent par se régler à la marge, par une petite ordonnance, une sorte d’ensoleillement sur la Nouvelle-Calédonie ou la Guadeloupe, après une négociation parfois mortifère et nauséabonde avec un ministère pour tenter d’obtenir quelque chose, sans réflexion globale, sans vision d’ensemble, donc sans aucun sens.

Je vous propose une mesure de reconnaissance, à déterminer ensemble. Peut-être une commission permanente permettrait-elle d’appréhender de manière globale les enjeux liés aux pays d’outre-mer, ce qui leur permettrait de mieux exploiter leur diversité et leur potentiel, afin de contribuer à la richesse nationale et mondiale ».

M. Sylvain Waserman, rapporteur. Sur le fond, ma réponse sera la même : je propose de ne pas revoir le périmètre des commissions.

Je tenais néanmoins à vous remercier d’avoir porté la parole des outre-mer ce soir en défendant ces amendements. Vous l’avez dit, nous sommes attachés aux enjeux de l’outre-mer mais pas forcément conscients des difficultés – M. Letchimy vient de les illustrer magnifiquement – qu’un député d’outre-mer peut rencontrer pour participer à nos travaux.

C’est donc un peu à contrecœur que je donne un avis défavorable sur ces amendements, non sans vous avoir redit que nous sommes attachés aux outre-mer et que, de manière très concrète, très pragmatique, il y a sûrement des choses à revoir dans notre manière de travailler.

 

M. Serge Letchimy. Monsieur le rapporteur, je comprends votre position, que vous avez justifiée tout à l’heure en expliquant que le président de l’Assemblée a proposé d’entamer un travail de réflexion sur le périmètre des commissions permanentes. Je demande non pas que l’on apporte une réponse durant cette législature ou que l’on formule des injonctions pour l’avenir, mais simplement que le dossier de l’outre-mer ne soit pas oublié.

M. Sylvain Waserman, rapporteur. Étant en très étroite communion de pensée avec l’auteur du texte évoqué, je ne pense pas prendre trop de risques en affirmant que, lorsque nous nous réfléchirons à la question du périmètre des commissions, nous porterons évidemment un regard particulier sur les outre-mer. Je lui en parlerai – il n’est guère éloigné d’ici – et je suis sûr qu’il sera de mon avis…

M. Serge Letchimy. Je retire mon amendement.

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