Musique

Ronald TULLE TRIO Nouvel Album ‘RAISING’

Enfant de la Martinique, Ronald Tulle, multi instrumentiste, compositeur arrangeur, grandit  dans la culture de la musique caribéenne d’une mère pianiste et d’un père flutiste et  percussionniste. Rencontre  avec  ce pianiste de talent.

Une aventure riche de rencontres et de découvertes, un premier album à 14 ans pour ce jeune prodige de la musique, une base solide de classique, il étudie le piano au conservatoire National Supérieur de Rouen, ainsi qu’à la Faculté de Musicologie de Mont st Aignan. Partenaire incontournable des grands noms du répertoire  de jazz, classique et musique traditionnelle.  A la pensée  du  poète Aimé Césaire qui définit  ‘La Négritude’ , Edouard Glissant la créolisation  du ‘Tout Monde’  Ronald Tulle  apporte à la tradition du jazz, une sensibilité. Il réinvente  les harmonies, déjoue les rythmes aux couleurs toniques propres  à ses racines.

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97L : Quels souvenirs avez-vous gardé de votre enfance ?

De très bons souvenirs, il y avait de la musique à tout moment de la journée. A chaque occasion (anniversaires, etc…)

97L : Vous enregistrez  votre premier album à 14 ans. Quelles sont vos inspirations et influences ?

J’ai effectivement enregistré mon premier disque à 14 ans. Il s’agissait d’un album de variétés antillaises produit par Paul Hannibal, violoniste Martiniquais qui était également mon professeur de musique au collège.

Ami de la famille, très proche de mes parents, il m’a très tôt pris sous son aile. Me faisant confiance sur de projets de taille comme le festival de la chanson féminine en Guyane malgré mon jeune âge. Il m’a appris à aimer la musique de mon pays et ses compositeurs. Je garde l’image d’un homme calme, pondéré, d’humeur égale.

97L :  Quelles sont les grandes figures de l’histoire de la musique afro-américaine et antillaise que vous avez étudiées ?

Concernant la musicologie, j’ai eu l’occasion d’étudier l’histoire de la musique, l’harmonie, l’écriture, les timbres et instruments transpositeurs ainsi que les compositeurs classiques. J’ai du parfaire ma culture afro caribéenne par moi même.

97L : Le jazz ne peut  vivre formaté,  car lié à la liberté, qu’en pensez vous ?

Comme je vous le signalais précédemment, mon cursus est classique. J’ai appris à aimer le jazz en écoutant les grands pianistes comme Mac Coy Tiner, Herbie Hancock ou Korea. Ce qui m’a intéressé, c’était justement la liberté d’interprétation et l’improvisation en complète contradiction avec ce que j’étudiais au conservatoire. Pour moi, le jazz est un état d’esprit de Liberté mais avec ses règles et son langage et même son vocabulaire.

97L : Vous signez un  nouvel  opus ‘ RAISING’. La signification  du titre ?

Raising pour moi signifie l’élévation et par extension la reconnaissance de ce que nous sommes, de ce que nous avons de meilleur en nous. Une prise de conscience que nous devons mettre en exergue notre culture tout en restant ouvert  sur le monde

97L : Les contributions à l’album et l’ambiance lors de l’enregistrement ?

Il est rare et donc précieux de pouvoir faire un tel disque à l’époque ou nous vivons. En effet, cet album est enregistré en live avec des musiciens reconnus pour leur virtuosité et leur musicalité. Certains titres ont été enregistrés en Martinique (Atrium) et d’autres en France. Les musiciens qui m’ont accompagnés sur ce projet : Basses : Alex Bernard, Michel Alibo, Régis Therese, Willy Joseph Noel – Batteries : Thomas Bellon et Guillaume Bernard – Percussions : Alain Dracius – Guitares : Ralph Lavital – Fender Rhodes : Thierry Vaton.

97L : Combien de titres avez-vous écrit  pour l’album ? 

L’album compte 10 titres dont 7 sont de ma composition. Il s’agit d’un voyage aux couleurs caraïbes, dans lequel, la biguine et la mazurka côtoient le calypso et les rythmes afro cubain ou le souk présent une autre facette qui ne le limite plus à une musique de danse ….

97L : 1e album FWI, 2e album Les notes de l’âme et Raising. Quel votre style ? 

FWI était un album mi chanté mi instrumental, Avec « les notes de l’âme », j’ai opéré un changement radical avec un album instrumental aux accents caribéens. Avec Raising, je vais encore plus loin dans la prise de conscience. Mon style est le résultat de mes nombreuses expériences musicales (Classique, Variété , Jazz ). Je sais que beaucoup de gens ont du mal à me définir ….. Donc je me contenterai d’être un pianiste … Et c’est déjà bien.

97L : L’enseignement pédagogique que vous transmettez aux jeunes élèves ? Et la motivation pour continuer  dans la musique ?

Je dirige effectivement un centre culturel à Ducos ou je dispense bien entendu des cours de piano. La pédagogie est évidemment basée sur la méthode classique dans un premier temps avec une ouverture sur les musiques du monde, une fois que les fondamentaux techniques sont assimilés Au delà de la simple pratique de l’instrument, nous essayons d’inculquer un art de vivre avec la bienveillance, le partage, l’émulation saine comme principe.

 97L : Quel souvenir souhaitez-vous nous faire partager ?

Mes meilleurs souvenirs sont des souvenirs de tournées. Que ce soit avec le West Indies Band, Caribbean Workshop ou avec des artistes comme Ralph Tamar ou Jean Philippe Marthely. Un musicien se révèle à lui même lorsqu’il peut rencontrer d’autres cultures, s’enrichir de celles ci et partager …

 97L : Vos projets ?

Le TRIO  est en concert  le 23 sept,  27 sept, et 28 sept  au baiser Salé  à partir de 19 h 00. Bien entendu jouer, toujours et partout ou l’on veut bien m’écouter. Voyager et rencontrer des musiciens d’univers différents et collaborer sur des projets différents.

Propos recueillis et photos Wanda Nicot 

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