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Révoltez-vous !

A l’instar de l’«Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel, il faudrait un « Révoltez-vous ! » à l’adresse des peuples de la Caraïbe.

Deux heures avant le passage de l’ouragan Danny sur La Guadeloupe, Michel Ménard, citoyen guadeloupéen, ô combien amoureux de son île, circule dans une Pointe-à-Pitre où il ne rencontre pas âme qui vive, excepté quelques marginaux qui ont la rue pour domicile. Michel Ménard fait alors le constat de cette triste réalité, il n’y a aucune structure prévue pour accueillir ces hommes et ces femmes sans domicile fixe. Pire, on peut se demander s’ils ont été informés du passage de Danny ?

C’est un fait avéré que la pauvreté et la misère morale gagnent du terrain. Il nous est donné, chaque jour, de le constater. La pauvreté a poussé dans les rues les plus fragiles d’entre nous. Elle s’acharne, encore et encore, sur ceux qui avaient peu et qui maintenant n’ont plus. Il a beau y avoir des plans de lutte, rien n’y fait. Elle s’acharne !

« Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences » Françoise Dolto

Oui ! La pauvreté gagne du terrain. Pourtant, il est de la responsabilité de chacun de faire évoluer cette situation insupportable. Et pas seulement de la responsabilité du voisin, du cousin, du copain ou…de l’Etat. C’est à chacun de nous de donner un sens véritable à ce « vivre ensemble » tant prôné, en changeant le regard que l’on pose sur l’autre, en faisant preuve de solidarité. Cette solidarité qui, dans son acception générale, caractérise des personnes qui choisissent ou ressentent une moralité d’assister une autre personne et réciproquement.

Nous savons et de fort belle manière, manifester notre soutien dans des situations extrêmes, à ceux qui doivent faire face aux catastrophes de la nature. Pourquoi est-ce donc si difficile de tendre la main à ceux-là même que nous voyons chaque jour, sans doute plus dévastés que n’importe quelle île après le passage d’une Erika enragée ?

« La sauvegarde de notre monde humain n’est nulle part ailleurs que dans le cœur humain, la pensée humaine, la responsabilité humaine » Vaclav Havel.

En même temps que la pauvreté augmente, la détresse morale prend de l’ampleur. Parce que nous ne voyons plus (ou ne voulons pas voir) ceux que nous côtoyons. Il nous suffirait simplement d’écouter l’autre sans le juger : plus nous sommes habitués à nous ouvrir aux représentations des autres, moins nous avons tendance à juger leurs réactions en fonction de nous-mêmes.

Il nous faudrait laisser de côté notre propre système de valeurs (dans la mesure du possible) nos croyances, nos jugements etc… et de partir à la découverte de la façon dont l’autre perçoit le monde qui l’entoure et réagit à la situation qui le perturbe. Mieux comprendre l’autre, ses réactions, c’est savoir identifier les émotions qu’il ressent, et ce indépendamment de et malgré les émotions que nous ressentons face à la situation à laquelle il est confronté.

En nous ouvrant aux réactions émotionnelles de notre interlocuteur, nous apprenons à mieux le connaître et aussi à mieux nous connaître à travers nos différences. Il n’est pas question de ressentir à sa place ses émotions ou ses sentiments, mais de les identifier, de comprendre les mécanismes qui se jouent chez lui.

En fait, il nous suffirait de faire preuve d’empathie, telle que définie par Carl Rogers : « …être empathique consiste à percevoir avec justesse le cadre de référence interne de son interlocuteur ainsi que les raisonnements et émotions qui en résultent… C’est-à-dire capter la souffrance ou le plaisir tels qu’ils sont vécus par l’interlocuteur, en percevoir les causes de la même façon que lui… »

« Semaine de la Solidarité »

Du 14 au 22 novembre prochain aura lieu la « Semaine de la Solidarité ». Cet évènement de sensibilisation à la solidarité internationale a lieu, en France, chaque année depuis 18 ans. Ce serait là une possibilité de se manifester avec efficacité au travers de formes de solidarité –et de responsabilité- plus individuelles, plus spontanées, plus directes, plus immédiates…finalement, plus conformes aux valeurs éthiques et morales qui se fondent à la fois sur le sens et l’unité même de la Nation.reveillez vous 1

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Lydia PONCHATEAU

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