Société

Le CRAN dénonce l’attitude obscène de David Cameron en Jamaïque

Le Premier Ministre de Sa Majesté s’est déplacé en Jamaïque le 29 et le 30 septembre. Il s’est rendu en tous points odieux, et a donné une image exécrable de sa personne et de son pays.

Nul n’ignore le rôle majeur que le Royaume-Uni a joué dans l’histoire coloniale en général, et dans la traite négrière en particulier. Depuis 2013, à l’unanimité, les chefs d’Etat de la Caraïbe ont décidé de demander réparation aux anciennes puissances coloniales.

David Cameron ne s’est pas contenté de refuser toute réparation. Il est allé jusqu’à faire l’éloge de la Grande Bretagne, qui a su abolir l’esclavage, un peu comme le violeur qui, face à sa victime, songerait à se glorifier d’avoir mis un terme à sa propre violence sexuelle.

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Le pire, c’est que, comme des travaux récents de UCL (University College of London) l’ont démontré, la famille de David Cameron a reçu des réparations après l’abolition de l’esclavage, comme des milliers d’autres propriétaires. En effet, estimant être lésés par la loi de 1833, les anciens maîtres avaient demandé et obtenu une indemnisation financière considérable, payée par le Royaume-Uni.

« Il y avait quelque chose d’obscène dans l’attitude méprisante de David Cameron, a déclaré le président du CRAN. En somme, le Premier Ministre a expliqué aux Jamaïcains qu’il ne peut y avoir de réparations que pour le bourreau et non pour les victimes du crime contre l’humanité qu’est la traite, c’est une situation profondément abjecte. »

Cette situation est d’autant plus frappante que David Cameron a justement payé des réparations au Kenya il y a deux ans dans l’affaire des Mau Mau. Il est tout à fait étonnant que le Royaume-Uni ait accepté de payer des réparations pour la colonisation au Kenya et refuse d’en faire autant pour l’esclavage en Jamaïque.

Cette différence s’explique parfaitement si l’on considère que dans le cas du Kenya, il y avait eu une procédure judiciaire, que le Royaume-Uni avait perdue. Dans ces conditions, la Jamaïque n’a plus qu’à porter l’affaire devant la justice à son tour. Cette situation valide la stratégie du CRAN, qui a agi de même en France, en constatant que les solutions politiques étaient impossibles. En effet, à ce jour, la fédération des Noirs de France a porté pas moins de 5 actions judiciaires pour demander des réparations liées à l’esclavage et à la colonisation.

Enfin, le CRAN entend demander un rendez-vous à l’ambassade du Royaume-Uni pour inviter le gouvernement de Sa Majesté à réfléchir aux conséquences (morales, diplomatiques, mais aussi économiques) désastreuses de sa position au sein du Commonwealth, et sur la scène internationale.

 

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1 Comment

  1. Yves PRIAM
    octobre 8, 2015 at 16:56 — Répondre

    Article concis et d’une rigueur factuelle égale à la probité qui l’imprègne. Mon bord est et demeure celui de l’Universalité des Droits, autant que celui de l’Egalité de traitement entre tous ceux qui « naissent égaux » aux termes d’une certaine déclaration.

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