Société

Rencontre avec Carine SINAÏ BOSSOU, Présidente de la CCI de Guyane

Le 12 septembre 2017, Carine SINAÏ BOSSOU devient la première femme à occuper la fonction de Présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie en Guyane.  La nouvelle présidente qui veut avancer rapidement et répondre aux besoins des professionnels, a désormais 4 ans pour faire ses preuves.

97Land : Comment analysez-vous le mouvement de Mars-Avril 2017 ?

C’était pour signifier que les choses doivent bouger en Guyane au niveau de la santé, la sécurité et l’éducation. Un plan d’urgence, mis en place, mais qui semble encore insuffisant. Depuis plusieurs décennies les choses ne bougent pas et nous souhaitons que ça aille beaucoup plus vite. Nous avons une magnifique forêt, du bois, de l’or, des diamants, une terre magnifique, et prochainement avec l’exploration du pétrole.  Je pense que la Guyane a le plus de ressources naturelles. Et surtout au niveau de la Biodiversité.

97L : Les perspectives sont-elles uniquement d’ordre économique ?

Il y a beaucoup de projets qui sortent pour la Guyane. A la chambre de commerce et d’industrie, nous donnons notre avis et nous avons un devoir d’expertise. 96% du territoire de la Guyane est couverte par la forêt, il s’avère, que c’est notre développement. Quand on nous fait des projets économiques, nous devons veiller à l’impact économique, et écologique, soit moindre et que l’intérêt économique soit présent. Effectivement beaucoup de projet, mais nous regardons à ce que la Guyane soit préservée, et qu’il y est un vrai développement économique pour le peuple Guyanais. Créer des entreprises pour que peu de Guyanais soit embauchés et pas de retomber économique réel pour le pays, ce n’est pas intéressant pour nous.

97L : Quels sont les changements depuis la crise ?

Il y a une baisse réelle de créations d’entreprises de 12%. Beaucoup d’entreprises sont fermées 39% de baisse de création. Il y a un changement, les chefs d’entreprises ont peur d’invertir en Guyane, ils sont besoin de retrouver la confiance, et plus de sécuri

Le vrai changement, c’est que nous avons enfin  prouvé que la Guyane prend son destin en main. Nous n’avons plus envie que les décisions soit prises en métropole, nous demandons le choix de décider pour nous, de voir quels projets seraient économiquement viable pour la Guyane. Nous avons plein de ressources, mais nous sommes dépendants des importations, car nous exportons peu. Nous souhaitons voir le développement, car il y a cette culture très forte, les Guyanais sont fière de leur drapeau. Plus de 40 000 personnes dans la rue pour revendiquer leur identité et toute culture confondue, du jamais vu.

97L : Que proposez-vous au niveau économique et social ?

Beaucoup d’entreprises avaient besoin d’aide et de conseils pour survivre et continuer à travailler. Nous avons organisé avec la S.T.P.E, une grande caravane à Cayenne, Kourou et Saint Laurent du Maroni, des réunions avec Mme HARANG Monique responsable de la sécurité sociale, des gens des impôts, des gens de la GEC afin d’aider les chefs d’entreprises à trouver des solutions pour sortir de cette crise qui a duré  mois et demi.

Au niveau de la CCI, nous avons l’antenne de Kourou, de Saint Laurent, nous allons essayer de faire des permanences au niveau de Saint Georges et Maroni l’aide, l’appui et les conseils aux entreprises, pour quelles soient de plus en plus pérennes. Nous devons aider les jeunes chefs entreprises à s’installer en Guyane.

97L : Quels sont les développements et les hébergements numériques, pour les jeunes ?

Vous touchez un point essentiel de notre programme. Quand vous allez à Cayenne, en direction de Saint Georges, il n’y a pas de réseau. Nous souhaitons cette couverture numérique. La fusée décolle de la Guyane et nous sommes un des territoires le moins couvert au niveau numérique. Nous avons mise en place une commission d’aménagement du territoire et numérique. Du personnel d’orange, des partenaires Guya-com. afin de voir dans quelle mesure au niveau de la chambre de commerce, associer la CTG, la collectivité et développer le numérique en Guyane On sent le malaise et l’attente du numérique et la téléphonie.

97L : Les horizons pour les jeunes diplômes et l’accord des bourses universitaires ?

L’université de Guyane est très récente, ça été un combat pour sortir et faire la différence entre l’université Antilles et l’université de la Guyane. C’est vrai que les guyanais se sentaient laisser pour compte et on n’arrivait pas développer les filières importantes. Montagnedor a emis le souhait d’avoir des cadres aux niveaux miniers. Il y a une préparation de mise en place d’un cursus de cadres miniers ; Le numérique est en cours, et je ne pourrais pas vous dire toutes les formations qui sont en Guyane. Une rencontre est prévue avec le rectorat pour voir les différentes filières à développer, et les aides au niveau économique. Le grand débat durant la journée de la coopération Erasmus pour, les différentes aides, des bourses universitaires, pour que les jeunes puisent partir au Brésil, ou rester dans la Caraïbe.

97L: Y a-t-il un programme specifique de prévu pour les énergies renouvelables ?
C’est un souhait, la SORA pour un projet, au niveau des photovoltaïques. Nous avons demandé à la présidente de FIDOM, responsable du secteur minier, de faire une intervention pour expliquer les perspectives des projets miniers pour la Guyane et d’une manière générale. Pas uniquement Matoury c’est l’arbre qui cache la grande forêt. La ville de Saint Laurent du Maroni qui deviendra la plus importante en terme démographique, que la ville de Cayenne. Il faut un projet économique pour cette région.

97L : Vos priorités pour les nouveaux chantiers, pour la Guyane en 2018 ?

Lorsque j’ai pris mes fonctions le 12 septembre, je savais qu’il il y avait des problèmes financiers mais je ne connaissais pas les dossiers. J’ai 4 ans pour changer les choses. Il y a eu un contrôle fiscal de l’Aéroport qui date 2012-2013, je souhaite, un rapprochement pour que les entreprises puissent venir à la Chambre de Commerce pour effectuer leurs inscriptions auprès du CFE, une fusion au niveau des formations des jeunes avec la Chambre des métiers et que l’on propose un catalogue plus large de formations. Pour les chefs d’entreprises la formation continue, le transfert de l’Aéroport Félix Eboué qui a 20 ans, des provisions qui n’ont pas été faites et des gros travaux. Une zone MAE, on met à disposition des bureaux, pour les jeunes chefs d’entreprises et une boite aux lettres pour les aider.

Propos recueillis Wanda Nicot
Crédits photos : Wanda Nicot

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