Société

Quand la petite balle jaune sème la zizanie

Ary Chalus fait le point sur le 1er tour de la Coupe Davis en Guadeloupe.

Après le tremblement de terre régional, attention aux répliques. Le président de la Région Guadeloupe, Ary CHALUS, ne va pas avec le dos de la cuillère.

Selon lui:

Le 25 novembre 2015, à moins de deux semaines du premier tour des élections régionales, Victorin LUREL écrivait dans un courrier adressé au Président de la Fédération Française de Tennis M. Jean GACHASSIN:  » Après avoir examiné le cahier des charges et consulté le Président de la Ligue de la Guadeloupe M. FORBIN, je suis en mesure de vous indiquer que le conseil régional et d’autres collectivités majeures de la Guadeloupe peuvent s’engager à couvrir le surcoût de 800 000 euros occasionné par l’organisation d’une telle manifestation outremer. »

Tous les observateurs auront noté que Victorin LUREL ne s’exprime pas seulement au nom de la Région Guadeloupe, mais aussi au nom « d’autres collectivités majeures ». Un Président de région, peut-il dans un courrier officiel, s’engager au nom de « collectivités » dont il n’est pas mandataire ?

Dans le même courrier, Victorin LUREL indique le choix du vélodrome Amédée DETRAUX: « moyennant quelques aménagements » et précise « Je me charge de vous faire parvenir un dossier de candidature dans les formes requises dans les meilleurs délais » Cette phrase à elle seule révèle que le président de l’exécutif de l’époque n’avait aucune idée de la voie dans laquelle il engageait le Conseil régional.

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Toujours dans l’urgence, Victorin LUREL écrivait le 2 décembre 2015 soit  à quatre jours du premier tour de élections, au Président de la Fédération Française de Tennis M. Jean GACHASSIN:  » Cette candidature portée par la région est en fait celle de la Guadeloupe toute entière.(…) Prenant pleinement en compte l’intérêt d’une telle manifestation pour la Guadeloupe, la région s’est déjà engagée à une participation de 800 000 euros aux surcoûts résultant de son organisation en outremer (…) Je souhaite étendre notre engagement à la couverture de la totalité des frais qui seront occasionnés par l’organisation du 1er tour de la Coupe Davis en Guadeloupe en mars prochain ».

Dans le même temps, le 1er décembre, l’administration régionale mettait en garde le président de l’époque, dans une note succincte :

« Monsieur, je souhaite attirer votre attention sur le coût potentiellement très élevé de l’organisation de cette manifestation, dans tous les cas supérieurs aux 1,2 M d’euros évoqués par la Fédération Française de Tennis. Il faut en effet y ajouter les coûts de mise aux normes des installations du Vélodrome pour atteindre le standard que l’on retrouve pour cette catégorie de manifestation. Ces coûts seront, après un rapide chiffrage supérieurs à 2 millions d’euros ».

Comment un responsable politique a t-il pu agir avec autant de légèreté à l’endroit de son propre encadrement ?

Alors que la Guadeloupe souffre d’un retard d’équipements dans pratiquement tous les domaines et pour garantir la continuité de la parole publique, j’ai considéré qu’il ne me paraissait pas raisonnable que la Région Guadeloupe aille, pour l’organisation du 1er tour de la coupe Davis, au-delà de l’engagement initial de 1 M d’euros.

Le peuple de Guadeloupe nous a élu pour lui redonner de l’espoir, pour agir positivement sur son avenir. L’irresponsabilité, la désinvolture ne font pas et ne feront jamais partie de notre méthode de gouvernance.

Aussi,

1 -Je réaffirme l’engagement pris par courrier par le précédent exécutif, et cela dans le respect du principe de continuité du service public, et ma responsabilité exige de veiller à ne pas écorner l’image de notre Région. La collectivité confirme sa participation initiale à hauteur de 1M d’euros.

2- Je réaffirme également, à l’appui et dans le respect des notes techniques transmises par l’administration régionale et des visites effectuées sur le site que le surcoût de la manifestation est évalué à 3,2 M d’euros. Et cela en abaissant au maximum les coûts.

3- La situation budgétaire de la collectivité ne nous permet pas d’engager un montant supplémentaire. J’ai donc insisté pour qu’un nouvel accord soit trouvé.

4- Considérant les enjeux nationaux et internationaux, j’ai pris l’attache de Thierry BRAILLARD, le Secrétaire d’Etat aux sports.

J’ai également eu un échange avec le ministre des Sports Patrick KANNER, et une discussion avec le préfet et la ministre de l’Outremer.

Je vous confirme que la Région a obtenu un nouvel accord et va bénéficier du concours de l’Etat, qui conditionne l’organisation de cette manifestation.

Désormais, la petite jaune va pouvoir rebondir sur la terre battue du Vélodrome Amédée DETRAUX

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hugo FRAN

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