Société

Pourquoi Nicolas HULOT a t-il eu raison de mépriser les élus antillais et guyanais ?

On ne craint jamais tant le mépris que lorsqu’on le mérite (Ambroise Redu Traité de morale : 1834)

Les élus antillo-guyanais ont poussé des cris d’orfraie, suite à la récente réunion à Paris sur les sargasses. Nicolas HULOT avait déserté, snobant nos « représentants politiques », et avait pris le chemin de Notre-Dame-des Landes.

Mais qu’est-ce que le mépris ? Le philosophe Hobbes (vous savez l’auteur du fameux Léviathan, l’homme est un loup pour l’homme), indiquait que « Ces choses pour lesquelles nous n’éprouvons ni désir ni haine, nous disons que nous les méprisons ».

Le mépris n’est rien d’autre que l’immobilité ou la résistance au cœur, qui s’oppose à l’action de certaines choses, ce qui vient du fait que le cœur est déjà mis autrement en mouvement par des objets plus puissants ou par le manque d’expérience qu’il a vis-à-vis de ces choses.

Autrement dit, le cœur de Nicolas HULOT était déjà mis en mouvement (et de quelle façon !) , par des objets plus puissants (la fameuse Notre-Dame-des-Landes), son indifférence étant sans doute renforcée par l’éloignement et le déni écologique des représentants politiques des Antilles-Guyane sur leurs propres territoires.

Le mépris est ce sentiment qui s’oppose à l’amour et à la haine, du fait que l’amour attribue une valeur positive à l’objet, la haine une valeur négative, alors que le mépris prive l’objet de toute valeur, qu’elle soit positive ou négative.

Comment en effet Nicolas HULOT pourrait attribuer une valeur quelconque au personnel politique des Antilles et de la Guyane ? Danik Zandwonis dans CCN du 21/02/2018, livrait ces commentaires désabusés. « Plus rien ne va dans ce pays. Le pays s’enfonce tous les jours. Le plus grave, c’est sans doute l’incroyable apathie de notre personnel politique. On en revient chaque fois à se demander dans quel pays nous vivons. Comment pouvons-nous accepter un seul instant que ces élus soient ainsi pratiquement hors sujet sur tous les sujets ? Ils n’anticipent pas, ne prévoient pas, ils fonctionnent au jour le jour ».

Autre subtilité, le désir peut se concilier avec le mépris de la chose désirée (un exemple pas très « catholique », les maîtres à l’époque de l’esclavage fantasmaient sur les femmes noires esclaves, tout en méprisant ces dernières).

Le désir est donc conciliable avec le mépris du désirable.

Nicolas HULOT, comme les autres membres du gouvernement français, tout en méprisant nos représentants, pourrait sincèrement très fortement désirer que l’Outre-Mer rayonne écologiquement.

Mais il est informé du projet de golf (en montagne !) faramineux qui a émergé dans les cerveaux enfumés des édiles de la commune de Petit-Bourg en Guadeloupe, qui accaparera des centaines d’hectares cultivables, et qui est une atteinte environnementale gravissime. Qu’on ne nous dise pas que c’est Bernard HAYOT (194eme fortune de France, amateur de « gestion saine », d’art et de palmiers) qui est à l’origine du projet ! Nicolas HULOT est tout aussi bien informé du projet aurifère de La Montagne d’Or en Guyane, soutenu par la collectivité de Guyane, qui empoisonnera définitivement les populations amérindiennes.

Il a sûrement avec accablement pris connaissance des déclarations d’Ary CHALUS, répétant à trois reprises, face aux journalistes consternés de Guadeloupe la 1ère, que la Guyane n’était pas concernée par les sargasses. Il s’agissait de la répartition de l’enveloppe des 1,7 millions euros (aide de l’Etat) entre les trois régions. Que les Sargasses ne représentent pas pour l’instant un problème majeur de santé comme c’est le cas actuellement en Guadeloupe et en Martinique, peut-être. Mais les échouages de sargasses peuvent (et vont) s’accroître de manière spectaculaire sur les côtes guyanaises ces prochains mois. Elles représentent déjà un défi de premier ordre pour les pécheurs guyanais qui font état des pertes considérables qu’ils enregistrent.

Ary CHALUS est-il informé que la mairesse de Cayenne après avoir pris connaissance qu’un bateau anti-sargasses pourrait être mis à disposition des Antilles, demande que dans cette hypothèse un deuxième bateau soit livré pour les mers guyanaises ?

Nous traitons souvent de l’écologie dans cette rubrique. Tant de destructions répétées de la nature de la part de nos élus, tant d’approximations, tant de légèreté, et il faut bien le dire d’incompétence de la part de ceux qui nous dirigent, consternent tous les observateurs.

Danik Zandwonis, toujours dans Caraibe Creole News du 21/03/2018, après avoir balayé tous les sujets, ne pouvait que conclure, fataliste : LUREL prépare son retour. Tant pis pour CHALUS !

Dans cette « version absurdement ratée du Paradis » (selon les mots d’Aimé CESAIRE, puisqu’il est dans l’air du temps de se référer au chantre de la Negritude une décade après sa disparition), la polémique qui secoue le Comité du Tourisme de Guadeloupe avec la fronde de l’élue Sonia TAILLEPIERRE n’en serait qu’à ses débuts. Un scandale que cette dernière pourrait révéler et qui ébranlerait le CTIG pourrait être dévoilé très prochainement, selon D. Zandwonis.  Le « mouton égaré » du clan CHALUS montre ses crocs. On est loin de la formule publiée sur son compte Facebook : « L’eternel combattra pour vous; et vous, gardez le silence ».

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Théo LESCRUTATEUR

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