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Pour le FN Réunion « Nelson Mandela est un terroriste » 

Le révisionnisme frontiste n’a pas de frontières. Sur le plateau d’Antenne Réunion, un débat entre Jean-Claude Otto-Bruc du FN et Thierry Robert d’En marche a été l’occasion pour le Frontiste de déclarer que « Nelson Mandela est un terroriste qui a tué des gens ». Légende crée par les sud-africains pour décrédibiliser le père de la nation arc-en-ciel et héros de la lutte anti-apartheid.

« Je vous ai dit une vérité. Nelson Mandela est un terroriste, il a été condamné à vie parce qu’il a placé des bombes, il a tué des gens » a affirmé Jean-Claude Otto-Bruc. Thierry Robert, estomaqué a amorcé cette réponse : « Nelson Mandela s’est battu pour que les Blancs arrêtent de tuer les Noirs en Afrique du Sud… Les Réunionnais et les Français entendent. On voit le vrai visage du Front national. »

Car au FN on est sur que l’ancien président sud-africain, Nelson Mandela, a été formé au maniement des armes et au sabotage par des agents du Mossad en 1962, quelques mois avant son arrestation en Afrique du Sud, selon des documents déclassifiés par les archives d’Etat israéliennes, révélés par le journal israélien Haaretz.

Ian Hamel correspondant du Point nous explique cette affirmation. « Au temps de l’apartheid, la propagande sud-africaine présentait systématiquement Nelson Mandela comme un dangereux communiste « manipulé par Moscou »…

… Le département sud-africain des « invités étrangers » ne chômait pas. Il offrait chaque année à plus de quatre cents journalistes un voyage tous frais payés de trois semaines « instructif et plaisant », capable de leur fournir « une vue perspicace de la situation sud-africaine ». Accueil dans des suites, safari au Kruger Park, sorties à l’opéra. J’étais en 1986 journaliste au Quotidien de La Réunion. Plutôt que de refuser l’invitation, il avait été convenu avec Le Monde diplomatique d’accepter ce voyage, afin de raconter ensuite cet art sud-africain d’accommoder les journalistes.

Selon Pretoria, les Européens et les Américains étaient de grands naïfs, aveuglés par la propagande communiste. Nous nous focalisions sur l’apartheid, alors que le vrai danger venait des mouvements de libération entraînés…  Le bras armé de l’URSS en Afrique du Sud, c’était bien évidemment Nelson Mandela, leader du Congrès national africain (ANC). On nous glissait des sondages prétendant que 6 % seulement des Noirs appréciaient Nelson Mandela, alors emprisonné.

Non seulement le département des « invités étrangers » ne cessait de nous seriner que Nelson Mandela n’était qu’un « terroriste communiste », mais nous étions conviés à déjeuner ou à dîner avec un banquier ou un homme d’affaires noir « modéré », adversaire des émeutiers « manipulés par les communistes ».

 

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