Société

Pour France Ô, si l’on en croit Delphine Ernotte, c’est plié !

L’avenir de l’audiovisuel public se lit dans les augures européens. Le marché de l’audiovisuel est en réalité libéral et l’audiovisuel privé est sa composante naturelle.

Les sociétés privées vivent de la publicité et diffusent des programmes qui attirent du public. Et cette affluence justifie les prix de la publicité… Mais l’audiovisuel public a d’autres principes : il informe, donne des outils de compréhension aux citoyens, les incite à réfléchir, à se former, se cultiver.

Le Trésor du Royaume de France Télévisions est fixe : plus ou moins 3 milliards d’euros. Le gouvernement veut y réduire logiquement à sa plus simple expression sa participation financière hors redevance.

Les budgets vont donc être radicalement réduits. Mais à l’heure où j’écris ces lignes, la Reine, elle-même, ne dispose d’aucune information sur le budget qui lui sera attribué dans quelques semaines pour financer les grilles de rentrée… incroyable !

Pour donner à France Télévisions une chance de survivre, il faut se recentrer sur ses missions, ses contenus, disent invariablement les hiérarques incompétents : que serait l’audiovisuel public sans contenu ?

Il fallait modifier la géographie de France Télévisions.

Soit, on fait une série de chaînes spécialisées : les baronnies de France Télévisions.  Soit on gère l’espace audiovisuel en redonnant une âme aux chaînes publiques nationales : France 2 et France 3. Mais pour ce faire, il faut des budgets.

Pour se donner une marge de manœuvre, il faut donc abandonner des territoires : la chaîne-ghetto France Ô, qui n’a pas de public et France 4 qui reste balbutiante.  Pour France Ô, si l’on en croit Delphine Ernotte lors du concile des DR de l’Outremer, c’est plié ! Comme pour la SNCF et ici les enjeux n’ont rien de commun, l’Etat ne cédera pas.

Les chaînes nationales devraient reprendre les missions des deux chaînes : la création française en matière de films d’animations et la visibilité des outremers sur la France entière.

Des mercredis fabriqués à Angoulême par l’industrie française de l’animation : un rêve !

Une demi-journée par semaine sur une chaîne nationale qui raconte les lagons, le corail, la cuisine tahitienne, la musique guadeloupéenne, les grandes migrations polynésiennes, les royaumes d’Ouvea et de Futuna, la Grande Forêt guyanaise, mais aussi le poids de l’islam à Mayotte ou le chômage des jeunes dans les outremers.   Cela aurait certainement un autre impact que France Ô et ses moins de vingt mille téléspectateurs par jour… Sur 67 millions de français et le tout pour une cinquantaine de millions d’euros par an.

La bande qui souffle dans l’oreille de la Reine-Présidente lui a bien précisé de promettre que les chaînes partiellement amputées passeraient sur le Net. 

Ah oui ! La BBC a fait de même pour sa chaîne jeunesse, type France 4 : perte d’audience : – 85 %… Voyons voir : 85 % de spectateurs en moins pour France Ô… Il reste plus grand-chose ! 

On pourrait imaginer que les Premières mettent en place par bassin océanique, des équipes de correspondants, travaillant aux normes nationales, pour assurer un flux de reportages TV diffusés régulièrement dans les éditions nationales de France 2 et France 3 pour donner une visibilité des actualités majeures des outremers sur un écran national (ce que fait France 2 avec sa correspondante – prestataire de service – en Nouvelle-Calédonie, ce qui, au passage est une belle claque pour la rédaction locale !)… et même chose entre les rédactions radios des Premières et Radio France ou RFI qui n’ont pas de correspondants permanents dans les outremers !

On pourrait croire que ces modifications prennent place dans le cahier des charges de France Télévisions et que leur application soit contrôlée par l’Etat, actionnaire unique.

En attendant la Reine Ernotte s’est prononcée devant les directeurs régionaux des outremers, réunis en séminaire et s’est entendue avec le Mamamouchi Kanak collaborateur, MKC, : il y aura bien un PDV, un Plan de Départs Volontaires (à l’encontre de ce qu’elle avait dit à son arrivée … ah promesse !) et sans doute un plan de rupture volontaire collective du contrat de travail à Malakoff et cerise sur le fromage grec : il y aura bien des suppressions de personnels !

La Reine jugeant que les stations des Premières dans tout l’Outremer, avaient été suffisamment impactées par sa folie suppressive d’ETP ! Elle veut couper les têtes, rue Danton !

Bien sûr la révolte des sujets de la Reine se concrétise. A France 4, ils ne sont pas très nombreux mais France Ô et à Malakoff ils ont une autre charge émotionnelle. En réalité très peu des salariés de France Ô à Malakoff ont des liens ou un vécu ou une expérience dans les outremers.

Quelques renforts d’été ne constituent pas une réelle expérience. Certains même ne connaissant rien aux outremers, dirigent des services, des contenus, des antennes.

D’autres ne connaissant de l’outremer que les salles de concert parisiennes partent faire des reportages au Japon sur le Rhum agricole. Ce qui n’a rien à voir avec les Antilles où les stations attendent encore le reportage sur les quotas « rhumiers » décidés par Bercy et vitaux pour l’industrie rhumière antillaise.

Non ! Malakoff n’est qu’une cantine mal dirigée, mal orientée par des hiérarques sans imagination à part pour se recaser comme ce sémillant DRH qui se verrait bien administrateur à La Réunion…

Malakoff et sa cinquantaine de journalistes sont en voie d’abandon ? Un paradoxe alors que les besoins en visibilité, en transferts d’informations spécifiques, citoyennes, scientifiques, politiques, à destination des stations Premières sont énormes mais leurs réponses mal coordonnées, mal orientées, mal dirigées !

… La Réforme voulue par Zeus sera donc désarmée, dépouillée de sa substance et ressemble aujourd’hui à un pétard mouillé.

Dans un stade de tennis loué hors de prix, la Reine qui triomphe en gardant intact les limites de son royaume, a tenu table ouverte pour le conseiller et d’autres anciennes gloires du socialisme d’affaire…

Elle croit que les Dieux ont pris parti pour elle ! Dans la foulée elle annonce Salto : une réponse à Netflix et Amazon…

L’alliance entre des sociétés privées audiovisuelles dubitatives et France Télévisions reste un drôle d’objet. 50 millions d’euros de budget pour mettre en ligne toutes les vieilleries de France Télévisions, dont les producteurs accepteront de donner leurs droits d’auteur, et les relouer à des quidams innocents qui paieront 7 ou 8 euros par mois pour revoir Petit Ours Brun ou l’inénarrable Capitaine Marleau… ! Comment peut- on penser que ce modèle économique puisse fonctionner quand les investissements d’Amazon ou de Netflix se chiffrent en MILLIARDS d’euros !

Un Salto, avant ou arrière, est un saut sur place…

Le débat parlementaire ?
Les députés ont recommandé que France Télévisions ne s’investisse pas dans le SVOD, le Salto !

Raté…

En attendant, un petit conseil aux protestataires de France Ô ou d’ailleurs en attendant le Plan de Départs Volontaires : se mettre devant le temple grec de l’Assemblée Nationale, tourner le dos à la Seine qui s’appellera Cocyte pour l’occasion, s’être lavé les mains et se tenir droit…

On peut recommencer pour prier les dieux de l’Olympe… devant l’Elysée, où l’occupant avait promis pendant sa campagne électorale de renforcer France Ô !

Ah les promesses des Dieux !

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