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« Porter, dans notre pays, un grand élan. Pour la paix, la liberté, la République. Voilà ce que nous devons à Clarissa… »

Des extraits du discours du ministre de l’intérieur en l’honneur de Clarissa JEAN-PHILIPPE 

C’était il y a trois ans. La France, le monde, se réveillaient sous le choc. La veille, des terroristes avaient assassiné une grande partie de la rédaction de Charlie Hebdo. Nous pleurions Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski. Nous pleurions l’ensemble des victimes. Nous étions « tous Charlie ».

Ce matin du 8 janvier 2015 donc, Clarissa JEAN-PHILIPPE, policière municipale à Montrouge, prit comme chaque jeudi, son service, patrouillant pour sécuriser un des marchés de la commune.

Sa famille – et je salue ici ses tantes – était inquiète, parce que les auteurs de l’attaque de Charlie Hebdo étaient encore en fuite, parce qu’elle savait que les terroristes visaient aussi les policiers.

Mais à titre personnel, Clarissa, elle, était heureuse. Heureuse de la nouvelle vie qu’elle se construisait. Heureuse d’exercer ce métier qu’elle aimait tant.

Heureuse parce que, dans une semaine, elle allait enfin être officiellement titularisée.

Devenir policière était en effet le rêve de Clarissa. Depuis son plus jeune âge, elle voulait servir l’Etat, elle voulait protéger ses compatriotes.

Formée à l’école de police de Pantin, stagiaire ici, à Montrouge, depuis quelques mois, elle était donc sur le point d’atteindre son but le plus cher et de s’installer durablement en région parisienne, avec son compagnon, quittant sa Martinique qu’elle aimait tant.

La folie meurtrière du terrorisme en décida autrement. Alors qu’elle venait de quitter son poste pour intervenir avec son binôme sur un accident de la circulation, Clarissa JEAN-PHILIPPE fut assassinée froidement, lâchement, de tirs dans le dos.

Mesdames et Messieurs,

Si nous sommes réunis aujourd’hui, si je suis ici pour représenter le Président de la République, c’est pour dire avec force que nous ne l’oublierons jamais.

Les habitants de Montrouge n’oublieront pas son professionnalisme, la rapidité avec laquelle elle avait tissé avec tous les acteurs locaux des liens étroits.

En seulement quelques mois, elle était – disaient ses collègues – devenue une vraie policière de terrain.

Ses amis, ses proches, n’oublieront pas son extraordinaire joie de vivre, ce sourire communicatif, immortalisé par l’artiste Christian GUEMY dans un portrait qui réchauffe le cœur des Montrougiens en ces longs jours d’hiver.

Les Français se souviendront longtemps de cette policière abattue en pleine rue, simplement parce qu’elle avait choisi de consacrer son existence à les protéger.

Oui, Clarissa JEAN-PHILIPPE a perdu la vie parce qu’elle portait un uniforme, parce qu’elle incarnait la République. Elle a été tuée parce que son seul objectif était d’assurer notre sécurité, condition-même de notre liberté, de notre art de vivre. Elle est notre héroïne à tous. Une héroïne française.

C’est pourquoi Clarissa JEAN-PHILIPPE a été élevée, à titre posthume, au grade de chevalier dans l’ordre national la légion d’honneur.

C’est pourquoi cette plaque devant laquelle nous nous trouvons, lui adresse l’hommage solennel de toute la Nation.

C’est pourquoi aussi, vous avez, Monsieur le Maire, décidé d’accoler son nom à celui de l’avenue de la Paix.

L’avenue de la Paix. Quel plus beau symbole pour une femme qui précisément, aspirait à « garder la paix » ?

 Mesdames et Messieurs,

Si je tenais à être présent cet après-midi c’est donc pour assurer tous ceux qui ont aimé Clarissa du soutien indéfectible de la Nation.

C’est aussi pour vous dire que tout est aujourd’hui mis en œuvre pour lutter contre le terrorisme, pour faire en sorte de prévenir les attaques comme celle qui lui a coûté la vie…

Mesdames et Messieurs,

Ici, rue Pierre Brossolette, il y a trois ans, la policière Clarissa JEAN-PHILIPPE est morte pour la France. En cette journée de deuil, vous me permettrez de citer le grand résistant qui donne son nom à cette artère.

Il disait : « Ce qu’ils attendent de nous, ce n’est pas un regret mais un serment. Ce n’est pas un sanglot mais un élan ».

Porter, dans notre pays, un grand élan. Pour la paix. Pour la liberté. Pour la République. Voilà ce que nous devons à Clarissa JEAN-PHILIPPE. Voilà comment nous serons fidèles à sa mémoire.

Vive la République ! Vive la France !

 

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Joël DIN

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