Société

Philippe Ramdini : Pour l’eau en Guadeloupe, on colmate, on « rustine »…

Délestage, régulation, tours d’eau… Des mots bien connus d’une population Guadeloupéenne exaspérée par la situation. Philippe Ramdini, Conseiller départemental et communautaire, bien au fait de cette problématique, nous expose succinctement ses conclusions avant d’en débattre avec les ultramarins de l’Ile de France.

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97L : Ma question est simple. Pourquoi l’eau ne coule-t-elle pas dans les robinets en Guadeloupe ?

L’eau ne coule pas pour plusieurs raisons.  Cela se situe à quatre niveaux : politique, administratif, économique et technique.

Il faut que les politiques se mettent d’accord, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Nous avons deux captages particulièrement à Capesterre où se pose un problème entre la CASBT et le SIAG pour des transferts de compétences actés au 1er janvier 2014 mais encore en souffrance.

Il y a aussi un problème administratif : lorsque deux collectivités ne se mettent pas d’accord, c’est le Préfet qui prend la main. Jusqu’à présent cela n’a pas été fait.

Techniquement maintenant, nous n’avons pas d’eau car nos surpresseurs sont trop faibles. Il y a eu des constructions nouvelles et on n’a pas pensé à les changer, des problèmes de canalisation… J’ai cru comprendre qu’il y a eu 100 millions d’euros de travaux mais je vous assure que c’est certainement beaucoup plus, bien que je n’ai pas le chiffres.

97L : Peut-on espérer une amélioration ?

Le problème de l’eau n’est pas réglé et particulièrement à Capesterre. Vous savez il y a 50 ans on allait dans les sources prendre de l’eau potable.  Actuellement il n’y a pas d’eau dans les robinets il faut aller dans des citernes. Quelle régression ! On a payé des factures, la réfection des réseaux. En 1977 la commune de Capesterre est rentrée au SIAG. On n’a pas vraiment travaillé sur ce dossier-là. Aujourd’hui on se trouve avec des réseaux pourris et il manque des surpresseurs. Pourtant c’est un droit inaliénable. Et là on ne comprend pas…

97L : La population est-elle résignée ou prête à se rebeller ?

Pour l’instant il n’y a pas de révolution. Il y a des solutions envisagées mais éphémères.  Il y a beaucoup d’investissements à réaliser et cela ne peut être fait que par la région, le département, l’état.

Je prends un exemple : à la Réunion, l’Etat a octroyé 1 milliard pour la Nouvelle route sur le littoral. Mais l’eau étant un problème de santé publique, il faut que l’Etat nous accompagne pour la réfection des réseaux. Pour l’instant ce travail n’est pas fait.

Pourquoi n’y a-t-il pas de révolte ? Car on se complait dans l’attente de jours meilleurs. L’eau est rétablie une à deux fois par semaine, c’est toujours ça de gagné. On colmate, on « rustine »…

Je vous assure c’est très compliqué. J’ai interpellé les différents ministères, j’ai eu une réponse mais qui n’a pas abouti à quelque chose. En fait, on ne nous prend pas au sérieux.

97L : Les responsables politiques de Guadeloupe ne sortent pas grandis dans cette affaire non plus

En fait cela vient du SIAG. Lorsque le 2ème adjoint de la mairie de Capesterre était son président, il ne s’est guère occupé de ce  problème alors qu’ils avaient été élus en 1995 pour résoudre ces difficultés Les problèmes se sont empilés depuis. C’est vrai qu’au niveau du SIAG, il y a eu une très mauvaise gestion, mais moi ce qui m’intéresse, c’est que l’eau revienne dans nos robinets et on n’est pas prêt de sortir de l’auberge.

Je pense qu’il faut arriver à un seul syndicat de distribution d’eau. J’entends parler de communes qui veulent monter leur régie. C’est du n’importe quoi pour une île avec 450 000 habitants. Un syndicat de production d’eau avec un prix unique de l’eau, c’est l’objectif à atteindre.

97L : Vous serez lundi à Paris pour débattre de ce sujet.

Oui je viens à l’invitation du C.ROM. Il n’y a pas de solution magique mais échanger et expliquer les tenants et aboutissants à ceux de l’hexagone qui veulent en savoir plus est indispensable. Et nous parlerons aussi de l’autre arlésienne : les transports. Avec ces deux sujets, il y a de quoi dire…


Rencontre-débat

en la présence de Mr Philippe Ramdini

 

Les problématiques de l’eau et le transport en Guadeloupe

 

le lundi 12 décembre 2016 à 19 h 30

Nombre de places limité

Réservation obligatoire avant le 10 décembre minuit

au c.romparis@gmail.com

A l’issue de votre confirmation d’inscription,

le lieu de rendez-vous vous sera communiqué

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