Culture

Strange fruit : pour eux ce n’etait pas du cinéma !

Le clip de la chanson de Nick Conrad PLB « Pendez les blancs » est condamné par toute la classe politique francaise et a provoqué l’ouverture d’une enquête mercredi par le parquet de Paris.

« Je rentre dans les crèches, je tue des bébés blancs, attrapez les vite et pendez leur parents, écartelez les pour passer le temps divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands. Fouettez les fort, faites le franchement, que ça pue la mort, que ça pisse le sang ».

Une scénographie qui pose problème @Facebook

Pourquoi ces paroles ? Nick Conrad de Noisy-le-Grand, s’explique : « Je ne cherchais pas le buzz, ce clip est supposé amener à réfléchir et pas rester en surface. Je ne comprends pas les gens qui ne vont pas chercher en profondeur. Ce n’est pas un appel à la haine, c’est une fiction qui montre des choses qui, du début à la fin, sont vraiment arrivées au peuple noir, tous les éléments qui sont cités dans le morceau, un à un, ont vraiment touché et marqué le peuple noir dans sa chair, de manière à ce que blancs comme noirs puissent se rendre compte de la situation ».

S’est-il inspiré du rappeur floridien XXXTentacion assassiné en juin dernier, qui en septembre 2017 dans son clip Look At Me ! met en scène la pendaison d’un enfant blanc sous les yeux d’un enfant noir pour « denoncer le racisme » ?

Ce qui est sûr, c’est que Nick Conrad a du écouter Strange Fruit, ces fruits étranges, les corps des noirs lynchés dans les années 30 dans le sud des Etats-Unis, qui a d’abord été un poème, Butter Fruit. Son auteur, Abel Meeropol, le publie afin de dénoncer les pendaisons auxquelles les blancs assistaient endimanchés et prenant la pose pour se faire tirer le portrait près des corps des suppliciés. Mis en musique, Billie Holiday accompagnée d’un pianiste l’a rendue immortelle, dès sa première interprétation, donnant l’impression aux auditeurs du Café Society, club antiségrégationniste de New York de se trouver au pied de l’arbre des pendus.

Les arbres du Sud portent un fruit étrange
Du sang sur leurs feuilles et du sang sur leurs racines
Des corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud
Un fruit étrange suspendu aux peupliers

Scène pastorale du vaillant Sud
Les yeux révulsés et la bouche déformée
Le parfum des magnolias doux et printannier
Puis l’odeur soudaine de la chair qui brûle

Voici un fruit que les corbeaux picorent
Que la pluie fait pousser, que le vent assèche
Que le soleil fait mûrir, que l’arbre fait tomber
Voici une bien étrange et amère récolte !

En 2015, l’IJE « Initiative égalité de justice » a comptabilisé dans les 12 états sudistes pour la période 1877-1950, 3959 lynchages d’hommes, femmes et enfants noirs.

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