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Passionnément Saint Eloi

On a tous en nous quelque chose de Patrick. Après le zouk selon Saint Eloi, 16 de ses disciples  (« zoukeurs orthodoxes ou aventuriers de la nouveauté, romantiques sucrés ou ambianceurs acides », Bertrand Dicale) livrent leur vision de l’œuvre du maestro. Deux hommes à l’origine du projet, François Pinard et Jacob Desvarieux nous expliquent le concept de cet album.

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Drex et son hommage à Patrick Saint Eloi

Ce projet n’est pas une lubie, confie François Pinard, son initiateur : « Cela fait longtemps que j’y pensais. Patrick est parti depuis 6 ans mais je ne voulais pas faire quelque chose dans l’émotion et laisser une période de deuil. Et il n’était pas question de refaire ce qu’il a fait, cela n’aurait aucun intérêt, mais laisser revisiter son œuvre par la nouvelle génération.

3 ans ont été nécessaires pour mener à bien ce projet : « En fait, cet album devait déjà sortir dans les bacs l’an dernier. Entre les artistes contactés, ceux qui le font, ceux qui ne le font pas, (car ce n’est pas évident de reprendre PSE), entre l’idée et la conception, cela a pris du temps mais grâce au Producteur exécutif  le fils de Patrick, Rhudy Pinel-Ferreol et notre ange gardien Jacob, nous avons mené à terme notre mission.

Maintenant, on espère que ça va plaire, que les gens vont bien comprendre que c’est un hommage, pas du St Eloi. Les jeunes artistes reprennent à leur manière les titres qui sont passés dans la postérité. « 

Carimi aussi s'est inspiré de PSE

Carimi aussi s’est inspiré de PSE

Jacob Desvarieux à son tour, parle de son implication dans cet album.

97L : L’objectif de rendre hommage à Saint Eloi et de revisiter sa discographie est-il atteint ?

Jacob : Il est rare que les musiciens antillais fassent des reprises. Il y a toute une génération d’artistes qui n’ont pas seulement été baignés par Patrick mais l’ont eu dans leur biberon. Certains en sont conscients, d’autres non.  A ceux-là, il faudra leur faire comprendre que si Patrick St Eloi n’avait pas existé, ils n’auraient jamais chanté de zouk ou auraient fait un autre métier. Tous ceux qui ont collaboré assument leur filiation et on voit comment ils se l’ont approprié. En fait, on gère son catalogue : on essaie de surveiller pour que ça continue à vivre et autant que possible avec des choses qu’il n’aurait pas reniées. Les puristes défendront leur cause.

97L : As-tu une nouvelle lecture de la musicalité de Saint Eloi ?

Jacob : Absolument. En tant que musicien j’ai trouvé ça très intéressant. Je ne donnerai qu’un exemple :  E.Sy Kennenga. (Je vais me faire des amis !) Quand tu écoutes « Eskizé Mwen », ce morceau il se l’est réapproprié. Tu peux l’écouter dans cette version et ne pas connaitre l’original, qu’importe ! On pourrait même imaginer que Patrick l’ait écrite pour lui. L’essentiel est que l’œuvre perdure.

97L : Il y beaucoup d’interprètes féminines.

Jacob : C’est normal. Ce n’est pas le premier qui a chanté pour les femmes mais c’est sa sensibilité qui a fait la différence. Il est arrivé avec son « ti lodè vaniy » (petite odeur de vanille), sa manière si sensuelle de dire « doudou », son autre façon d’écrire… Son phrasé créole a touché les femmes et donc les chanteuses.

97L : Peut-on maintenant imaginer un concert uniquement centré sur Patrick ?  

Jacob : On peut en effet. L’idée est là, il faut maintenant la concrétiser. On pense à tous ceux qui ont collaboré à cet album bien sûr mais il peut y avoir d’autres et pourquoi pas s’ouvrir à d’autres univers musicaux aussi. L’universalité de Patrick le permet.

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