Société

P. Devedjian : les plus nombreux esclaves ont été les esclaves des Barbaresques (turcs)

Depuis la mort du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, les éloges se sont succédés. Qui se souvient qu’au lendemain de l’inauguration par François Hollande du Mémorial Acte en 2015 en Guadeloupe, le quotidien Libération l’avait accusé de « fantasmer sur l’esclavage des blancs »?

Patrick Devedjian ancien ministre pendant les quinquennats de Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy, avait alors publié ce communiqué pour éteindre la polémique.


Voici la retranscription exacte de mes propos sur France Bleu Ile de France le 11 mai dernier :

« … François Hollande hier à la Guadeloupe… a rappelé la nature irréparable du crime de l’esclavage.

France Bleu : Cet appel au travail de mémoire est-ce une démarche que vous saluez ?

Oui j’y suis tout à fait favorable. L’esclavage est une horreur et à mon avis une horreur traumatisante pour ceux qui en sont issus. Je comprends très bien cette douleur.

France Bleu : Même si on est dans cette repentance que dénonçait Nicolas Sarkozy à peine élu en 2007 ?

Ce n’est pas une question de repentance, c’est une histoire à assumer comme telle et qui est une histoire douloureuse et il n’y a pas de raison de mettre cela sous le boisseau. Il ne faut pas non plus être dans la repentance. D’abord l’esclavage c’est un crime mondial qui a été partagé par toutes les civilisations. Je rappelle que les plus nombreux esclaves ont été les esclaves des Barbaresques c’est-à-dire des Turcs, et que les blancs européens y compris les Français, surtout les Italiens et les Espagnols ont été esclaves de Constantinople pendant des siècles. Cela ne concerne pas seulement l’Afrique, cela concerne tout le monde.

France Bleu : Vous faites un parallèle avec la reconnaissance relativement récente et toujours finalement en oeuvre du génocide arménien pour lequel on sait que vous avez beaucoup œuvré ?

Oui, C’est une souffrance comparable bien entendu, et j’ai beaucoup de respect, de compassion, et je comprends très bien que ceux qui se savent issus de cette tragédie, ont envie d’en savoir plus, ont envie d’en connaître l’histoire, qui est assez mal connue dans ses détails, dans son organisation. Des villes comme Nantes ou Bordeaux en France ont fait leur développement sur le trafic des esclaves, c’est une chose qui est généralement ignorée.

France Bleu : Et la ville de Nantes l’a reconnue, publiquement ? La 1ère d’ailleurs ?

Bien entendu, elle a bien fait. D’ailleurs personne aujourd’hui n’en porte la responsabilité. Mais c’est bien de poser la mémoire et de rechercher exactement ce qui s’est passé et comment ça s’est passé. »

Une phrase sortie de son contexte, une méconnaissance de l’histoire pour créer une polémique qui n’a absolument pas lieu d’être.

La souffrance rapproche : c’est vrai que la non-reconnaissance de celle qu’ont subie les Arméniens m’a encore mieux fait comprendre et partager l’horreur de l’esclavage et de l’occultation de son histoire.

L’esclavage a malheureusement existé dans de très nombreuses civilisations. Hier encore on libérait une jeune femme yézidie esclave d’un couple de Daech.

Connaître l’histoire doit nous aider à ne pas renouveler les horreurs du passé.

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