Société

Outre-mer : le paradis des fonctionnaires

Internet regorge de petits trésors comme cet article datant de 2007 publié sur contribuables associés. Et l’image de l’ultramarin vivant aux dépens de l’hexagonal suant eau et sang pour lui n’est pas prête de s’estomper.

«Dans les départements d’outre-mer, les fonctionnaires nous offrent aujourd’hui l’image d’hommes et de femmes surpayés, vivant agréablement dans des îles charmantes, sans être écrasés de travail» (…)

Ce qu’écrivait, il y a neuf ans, cet ancien officier, lieutenant-colonel de la Légion pendant la dernière guerre, est encore vrai aujourd’hui. Dans les DOM, les TOM et les COM (respectivement les départements d’outremer, les territoires et pays d’outre-mer et les collectivités d’outre-mer), 100 000 fonctionnaires bénéficient en effet d’un incroyable régime de faveur. Les DOM, ce sont la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion; les TOM : la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna; les COM : la Polynésie, Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon.

70 000 autres agents publics originaires des DOM, mais travaillant en métropole, roulent également carrosse, toujours aux frais du contribuable. Enfin, 25 000 retraités de la fonction publique touchent des pensions royales à la Réunion, dans les TOM et les COM. Injustes et sans la moindre justification réelle, les privilèges de ces quelque 190 000 fonctionnaires ou pensionnés de l’État ont coûté au contribuable français la bagatelle d’environ 2,4 milliards d’euros en 2002, dernière année où le prix de ce gaspillage a été rendu public. Soit l’équivalent de 5 % de l’impôt sur le revenu !

Sous les tropiques, pour les fonctionnaires de l’État français, des collectivités locales et des hôpitaux, la vie ne manque pas de charme. Leurs salaires y sont très confortables (+ 40 à + 108 % par rapport à la métropole); les primes pour s’installer fantastiques (de douze à seize mois de salaires en plus pour cinq ans de service); les indemnités d’éloignement pharaoniques (de dix à vingt-trois mois de traitement en plus pour deux ans de service); les exonérations fiscales inouïes (de 30 à 40 % de réduction d’impôt sur le revenu); les congés payés sensationnels (un mois supplémentaire tous les trois ans avec billets d’avion gratuits pour toute la famille, que les intéressés travaillent au pays ou dans l’Hexagone) et les pensions de retraite en or (des taux de majoration de 35 à 75 % pour les retraités de l’État qui y finissent leur vie). De quoi faire rêver un certain nombre de collègues restés dans l’Hexagone. De quoi choquer le contribuable, aussi. (…)

Autres largesses de l’État sur ces terres lointaines : ces mêmes fonctionnaires vont bénéficier de régimes fiscaux très adoucis : 30 % en moins d’impôts sur le revenu dans les Antilles et en Guyane, 40 % à la Réunion. Ce cadeau fiscal n’a d’abord concerné que les fonctionnaires avant d’être étendu… à tous les habitants des DOM. Dès sa mise en place, il a eu une justification officielle, qu’il conserve toujours. Il s’agit de rapprocher le niveau de vie des anciennes colonies de celui de la métropole. Le revenu disponible par habitant dans ces quatre départements d’outre-mer représentait, en 1975, 42,5 % de celui de la métropole ; 57 % en 1993.

Il avait également un autre objectif, plus réel, mais moins médiatisé : couper l’herbe sous le pied aux partisans de l’indépendance ou de l’autonomie des DOM à un moment où les combats pour l’Indépendance, en Indochine et plus tard en Afrique du Nord, prenaient de l’importance.

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