Culture

On peut fermer France Ô

… Dans la cité France Télévisions, royaume non démocratique, gouverné par une Reine, il y a des organisations qui clament, haut et fort, qu’elles représentent le peuple ! Ce sont les syndicats.

Des phalanges fragiles, souvent composées de permanents attentifs à leurs prébendes… Ils regroupent peu, défendent de moins en moins et ne sont pas vraiment suivis par ceux dont la morale voudrait qu’ils les représentent…

Tenez ce délégué syndical central, se présentant tour à tour comme journaliste, réalisateur, producteur, animateur, homme politique, sans être ni l’un ni l’autre, qui va entamer, au frais de France Télévisions une tournée aux Antilles pour rencontrer ses militants.

Sauf que son syndicat n’a guère de militants ou d’organisation dans toute l’Amérique centrale et qu’il est très connu en ce début d’hiver pour faire plutôt la tournée des hôtels de luxe des plages antillaises au frais de la princesse ou plutôt de la Reine.

Voilà qui donne une image précise de la valeur réelle des plaintes ou plaidoiries syndicales vis à vis des projets ou des desseins de transformation de l’audiovisuel Public. Ce ne sont pas des interlocuteurs très sérieux pour le pouvoir politique.

Autre exemple : France Ô. La Chaîne des outremers, qui fut la chaîne de la diversité, sans succès.

On se souvient des promesses du Chef de l’Etat pour la conserver puis des promesses politiques pour assurer une vitrine pour les outremers, puis on a dit que c’était un lien entre les ultramarins de métropole et leurs territoires.

Il est temps de remettre le temple de Zeus au milieu du village. D’abord un candidat à la Présidence peut se tromper et rectifier le tir.

Faire une chaîne de télévision publique qui coûte 25 à 30 millions d’euros de budget, en coût de grille, en achat de programmes et production propre chaque année et le double en salaires de techniciens, de journalistes, d’administratifs pour 20 000 téléspectateurs quotidiens sur 67 millions de Français, c’est cher !

On estime la diaspora des outremers en France métropolitaine à 400 000 antillais et guyanais, 5000 wallisiens et futuniens, 15000 tahitiens,15000 mahorais,3000 saint-Pierre et miquelonnais, 400 000 réunionnais. Allez, on arrondit à un million et demi avec les sympathisants…

Nous avons donc au sein de France Télévisions, une chaîne de télé, avec les moyens d’une chaîne de télé nationale et 50 journalistes, regardée par 20 000 personnes sur une cible de 1 million et demi !

Incohérent !

La Bretagne avec 4 millions d’habitants n’a qu’une station régionale de France 3 et encore, on vient de fermer la station locale de Brest !

France Ô ressemble donc furieusement à une société de distribution de salaires.

C’est vrai aussi que pour diriger les programmes et les magazines de cette chaîne de télé des outremers, on n’a mis que des personnels qui venaient de France 3 ou de France 2 et qui n’ont jamais mis les pieds outremer !

Fabuleux !

Alors contrairement à ce qu’avancent certains syndicats tonitruants et autres phalanges inutiles, on peut fermer France Ô.

Je n’ai vu, depuis mes montagnes grecques, aucun défilé de députés ou sénateurs ultramarins dans les rues de Paris pour défendre la chaîne ghetto. Car il s’agit bien de cela : une chaîne dans laquelle on place des émissions sur les outremers pour qu’on ne les voit pas ailleurs.

Bien sûr il serait plus judicieux et louable pour en finir avec un racisme établi dans l’audiovisuel, de diffuser sur France 2, le Grand Heiva de Polynésie quand France 3 diffuse le Festival Interceltique de Lorient, ou que les chroniqueurs nationaux se penchent sur l’Islam de Mayotte, création étrange entre Europe et Afrique.

Qu’on voit aussi sur les antennes nationales, les vraies, les oyampis, les kalinas ou les bushningues de Guyane française, l’orpaillage, les Fleuves les villages de Guadeloupe, et les hôtels de Martinique.

Pas tout le temps le petit sujet de trois minutes sur le Carnaval des Antilles quand les équipes de reportages partent sur celui de Notting Hill.

C’est vrai aussi que ce serait louable de ne pas attendre un ouragan pour parler de Saint-Barthélémy.

France 2, pour des raisons d’économies ferme les bureaux régionaux de la chaîne en France métropolitaine alors qu’il y a des stations régionales partout mais n’a jamais mis un correspondant dans un territoire ultramarin malgré l’actualité, malgré la demande forte de cohésion nationale.

Et mieux encore, combien de salariés ultramarins dans les personnels des chaînes nationales ?

Alors au lieu de militer pour refaire un ghetto, il serait plus judicieuxd’ouvrir les fenêtres et les yeux des téléspectateurs français, voir européens.

Donc peu de manifestants pour sauver France Ô ! Mais pas plus pour « sauver » France 3 de la réforme obligatoire…

Combien d’élus dans les rues ? Combien de personnels de France Télévisions ont manifesté ?

Les oiseaux sont partis vers le Sud… Comme les délégués syndicaux centraux.

 

Sosthène

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