Société

Nul n’ouvrira une école aux Antilles, pas même le Pape ! (ni Pirbakas)

C’est ce que le maire de la commune la plus peuplée de la Guadeloupe laissait entendre, sur les ondes. Une autre a parlé de Georges Floyd pour brandir l’étendard de la révolte. Ce qu’on peut traduire, par, « On te détruira si tu ouvres l’école ». En parlant de destruction, quelques conseils à Maxette Pirbakas.

Vous avez peut-être entendu parler de dystopie. Dans Farenheit 451, de l’écrivain Ray Bradbury, dans une société future, la lecture est un acte interdit, les pompiers ont pour mission de brûler tous les livres dont la possession est illégale. Voilà quelques informations sur la société dans laquelle les personnages évoluent :

  • Le travail de pompier ne consiste pas à éteindre les incendies, mais à brûler des livres
  • On aime vivre dans une atmosphère confinée et sombre
  • On ne regarde pas la lune, on ne s’occupe pas de la nature, on roule vite, les panneaux publicitaires sont géants
  • Les maisons sont équipées d’écrans géants
  • Les livres sont interdits, parce qu’ils sont facteurs d’inégalités sociales.

Existe-t-il une ile presque semblable dans ce monde post-confinemental ?

  • On ne regarde pas la lune, on ne s’occupe pas de la nature, (on vit à l’heure de la « métropole »), on roule vite (men fou a radar), les panneaux publicitaires sont géants
  • Les maisons sont équipées d’écrans géants et on s’extasie devant le plus beau village de France et les Marseillais à Hong Kong
  • Les électeurs reprochent à un parti politique d’appliquer son programme (c.f la tragi-comédie Pirbakas et le RN)
  • On aime se proclamer natif natal, « nou tout sé frè » tout en suspectant son semblable de racisme.
  • Les groupes whatsapp et leurs videos tronquées font office d’opinion et chacun condamne son voisin

Dans Farenheit 451, quand le héros commence à cacher des livres, et dans un geste de révolte, se met à lire un texte poétique, au grand désespoir de sa femme, une des amies de cette dernière, Mme Phelps, commence à pleurer.

Les pires tyrannies, les régimes les plus monstrueux, sont érigés pour le « Bien commun », pour le bien du peuple, pour l’égalité des citoyens. On se rappelle que les enseignants avaient procédé à des autodafés de livres scolaires pendant la grève des mois de janvier et février en Guadeloupe.

Tocqueville avait été le prophète de la démocratie despotique. Cette tyrannie de la majorité (en l’occurrence municipale), lui donne, croit-elle, le droit de tout faire et de décider pour le peuple. Les maires, certains enseignants, (alors que d’autres sont depuis mai dans les écoles, avec le personnel communal), les syndicats, nous ont dit dans une logique destructrice, vouloir donner le maximum de chances aux élèves, lors de cette épidémie de coronavirus :  alors les écoles ne doivent pas rouvrir ! Pourtant, les dernières études réalisées confirment que les enfants transmettent peu le coronavirus  à l’école. Aucune épidémie n’a été constatée à partir d’une école. Les enfants sont infectés dans les familles, par leurs parents le plus souvent. En Guadeloupe aucun cas n’a été relevé depuis près de trois mois. (sauf cas importés).

Notre interrogation est la suivante. Les écoles sont fermées, mais ce n’est surement pas à cause du coronavirus.

Les écoles sont fermées à cause des rats.

Les écoles sont fermées à cause des sargasses.

Les écoles sont fermées à cause des coupures d’eau.

Les écoles sont fermées à cause des malmaké qui auront écrit « Non à l’Ecole » sur les murs avec leurs excréments.

Les écoles sont fermées à cause des grèves.

Les écoles sont fermées à cause de la brume de sable du Sahara.

Les écoles sont fermées à cause du virus foudroyant du jeu de dominos jusqu’à deux heures du matin, laissant les enfants et leurs parents exsangues.

Prenez l’exemple d’un champ. Un champ coupé sur toute la Guadeloupe à la même hauteur. Alors que les giraumons ou les ananas nécessitent des tailles différentes. Ce serait un cauchemar. Quand nous coupons les gens comme de l’herbe, cela s’appelle l’oppression.

L’oppression serait mise en place par les maires pour tendre vers l’égalité en matière scolaire.  Mais quand vous avez des os plus faibles, des poumons moins profonds, un plus grand nombre de maladies, on devrait vous accorder plus de réponses médicales, non ? Quand vous avez de plus grandes difficultés sociales et cognitives, on partait du principe jusqu’à maintenant qu’un plus grand nombre d’heures d’école devrait vous être accordé, que cette école accueille les plus défavorisés, initie des cours de soutien.

En Guadeloupe et en Martinique, ça ne se passe pas comme ça. Le clou qui dépasse appelle le marteau. Si des enseignants devancent leurs  collègues, ils seront détruits. Si des maires ouvrent les écoles, ils seront détruits. Si des parents envoient leurs enfants à l’école, ils seront détruits.

Que fait-on à un clou qui dépasse ? On lui tape dessus. On le fait rentrer dans le rang. Au prétexte que l’on vide le ciel de Dieu, on remplit celui-là par des extra-terrestres écrivait l’éditorialiste Pierre Cormary.

On vide la Guadeloupe et la Martinique d’écoles, et on déboulonne, pour remplir les murs de slogans trompeurs : Ligue de défense noire, Conscience noire.

La contre-productivité des écoles soulignée par Ivan Illich que nous avions déjà cité, et devenu le maître à penser des syndicats scolaires, et d’élus, à en juger par leurs cris de guerre, entraînerait l’école obligatoire, la scolarité prolongée, la course aux diplômes, autant de faux progrès qui consistent à produire des élèves dociles, prêts à consommer des programmes préparés par les autorités, et à obéir aux institutions  (Deschooling society, publié en 1971, par Ivan Illich).

On s’est beaucoup moqué du Ministère de l’éducation pour sa dernière campagne de pub ratée, « Voulez-vous un emploi étudiant qui paye mieux qu’un job dans un fast-food ? »,  car le Ministère tente de recruter en proposant le financement de leurs études aux futurs enseignants. Et cette campagne de pub a pu être jugée misérabiliste parce qu’elle associait les futurs enseignants aux temples de la malbouffe. Mais lisez ci-après ce qu’on nous prépare.  

Jean-Pierre Véran analyse l’ouvrage « La fin de l’école, L’ère du savoir-relation » de François Durpaire, et Béatrice Mabilon-Bonfils. J-P Véran cite Michel Serres évoquant nos institutions comme des étoiles mortes, la rentrée scolaire comme un rituel dépassé. Il loue , -accrochez-vous !- ces deux auteurs dans cet essai qui tente un « espace aussi de décélération, qui permet de revisiter le mythe platonicien de la caverne. Il s’agit désormais dans un monde infolumineux, d’introduire du clair-obscur pour mieux distinguer informations, connaissances, savoir, qu’uniformise la transparence médiatique.

Le rôle, la mission de l’enseignant s’en trouvent alors transformés : il n’est plus transmetteur quasi exclusif de connaissances, mais relieur, facilitateur, initiateur de confiance, de motivation, de plaisir, d’enthousiasme ». Ce serait la mission nouvelle de l’enseignant aux Antilles  ? Un facilitateur ? Un initiateur de confiance, de motivation ? Adieu Dictées, règles de calcul, lectures, adieu présence effective des enfants à l’école. Adieu enseignants présents dans les écoles aux Antilles, puisque c’est déjà pratiquement expérimenté et acté par leurs troupes en rangs serrés. 

@MaxettePirbakas

Enfin, que dire du vote de Maxette Pirbakas sinon qu’il s’inscrit dans la logique de son parti ? Comment être surpris que des loups mordent ? Mais le nec plus ultra restera sa vidéo explicative qui nous a laissés…. (soyons polis)… attérés.

Cahuzac peut nous regarder dans les yeux et Griveaux se rhabiller. On n’avait jamais vu un élu vociférer, menacer, pointer du doigt ses électeurs qui eux ne sont coupables de rien. On n’avait jamais vu un élu parler autant de ses origines au point que c’en était gênant. On n’avait jamais vu un élu se ridiculiser volontairement et diffuser ce cauchemar en pensant convaincre. A BFM ou CNews on a du penser à un Poisson de Juin pour ne pas le publier.

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Théo LESCRUTATEUR

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